Accidents et secours en montagne dans les Hautes-Pyrénées

 

Nous avons essayé de récapituler toutes les statistiques officielles disponibles concernant les accidents et interventions des secours en montagne dans les Hautes-Pyrénées afin que le lecteur puisse se forger une idée de la situation. Nous constatons, comme sur l'ensemble des autres massifs, que la randonnée est la pratique qui est le plus à l'origine d'accidents. Ceci n'est pas dû au seul fait que les randonneurs sont les pratiquants les plus nombreux mais aussi et surtout, comme l'indique les services de l'état en 2006 : "L'augmentation des décès est à mettre en corrélation avec une banalisation de l'activité "montagne". Elle est de plus en plus pratiquée par des personnes n'ayant aucune culture de la montagne, dont la condition physique est insuffisante et qui ne disposent pas d'équipements adaptés."
Il serait sans doute souhaitable que les divers responsables en tire les conséquences au lieu de se contenter à observer les phénomène

 


Conseils des unités de secours des Hautes-Pyrénées

Les numéros d'alerte dans les Pyrénées

 

Année 2008
Année 2009

Bilans des accidents et secours en montagne

Secours, sécurité et responsabilité

Année 2010
Année 2011
Année 2012
Année 2013

Recherche sur Pyrénées-Pireneus

 


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Secours et responsabilité

 

Secours dans les Hautes-Pyrénées : création d'un réseau d'alerte


PROJET. DESTINÉ AUX PROFESSIONNELS ET USAGERS DE LA MONTAGNE.


Créer un réseau d'alerte du secours en montagne, tel est objectif du projet présenté hier, dans les locaux du Parc national par Jacques Bernole, guide de haute montagne. Il part d'un constat : «Le GSM ne couvre que les vallées et les stations de ski. Il n'y a pas d'autre réseau pour la partie montagne. » Les choix qui s'offrent aujourd'hui aux usagers sont en effet limités : le téléphone satellitaire, très onéreux ou… la marche à pied. Ce sauveteur rappelle que cette alternative « induit des délais d'attente très longs, ce qui aggrave l'état de la victime». À la demande du Parc national et après avoir fait ses premières armes dans les Alpes, il a étudié la création d'un réseau sur les Hautes- Pyrénées, la Haute-Garonne et une partie des Pyrénées Atlantiques. Il s'agirait de faire comme dans les Alpes qui, de 1987 à 2000, ont couvert l'ensemble de leur territoire. À partir d'un site maître qui serait le pic du Midi, seraient installés des relais en fond de chaîne gérés par une association. « Les adhérents achètent leurs postes » explique ce montagnard chevronné. « Selon le modèle, le coût varie entre 600 et 800 € ». Un système qui permettrait de sécuriser les sorties de tous les usagers du massif. Et de citer, les agents du parc, les bergers, les randonneurs ainsi que les collectivités comme le Club alpin français. C'est une évidence : «On ne peut pas sauver les gens si on n'est pas alertés». Il n'est pas non plus acceptable que certains professionnels de la montagne soient contraints à utiliser encore des radios illégales. Ce réseau qui serait, bien entendu, protégé, permettrait de surcroît d'entendre les conseils d'un médecin en attendant les secours.

Auteur : J. Battoue.
Source : Dépêche du Midi du 20 décembre 2005

Haut de page

Observations


Il s'agit d'un vieux projet de la fin des années 90 dont on ne voit pas trop l'avenir.
Si la radio est intéressant dans certains cas pour communiquer entre 2 postes, son intérêt est pour le moins limité pour ne pas dire sans intérêt dans de nombreux cas.

La radio, quels avantages ?

  • Communication rapide entre 2 postes sur la même fréquence
  • Coût limité dans le cas de liaison direct entre 2 postes mais inconnu (du moins préalablement non communiqué) si on passe par un relais.

La radio, quels inconvénients ?

  • Communications limitées entre postes définis
  • Fréquence limitée = interlocuteurs limités
  • Coût du matériel excessif par rapport à l'usage limité aux secours
  • Absence d'ouverture vers des technologies et informations évoluées : SMS, météo, Internet, bases de données, etc…
  • Zones d'ombre toujours possibles, couverture totale non garantie

Un moyen de communication pour quoi faire ?
Pour être efficace et intéressant, le moyen de communication ne doit pas être limité en destinataire, faire l'objet d'un investissement minimum accessible au plus grand nombre, permettre l'usage de moyens technologiques avancés (SMS, Internet,…) pour obtenir des informations évoluées (Météo, contacts privés et discrets, bases de données, etc…)

Un moyen de communication pour qui ?

  • Le secours en montagne.
    Sa problématique est d'avoir un réseau interconnecté entre les divers services : militaire (PGHM, Gendarmerie) et civil (CRS, SAMU, Pompiers). Dans ce cas un réseau radio commun peut présenter un intérêt d'autant qu'il ne sert qu'à l'occasion d'interventions. C'est leur problème interne d'organisation. Peut-être serait-il plus efficace et moins onéreux de connecter les deux réseaux déjà existants ?
  • Le Parc National des Pyrénées
    Ils ont déjà un réseau radio interne. Peut-être pas assez efficace et sans doute perfectible. A quoi sert-il ? Sécurité des personnels, missions de police et de comptage. Si le PNP veut se limiter à ces fonctions simples, c'est son problème. Mais ne serait-il pas intéressant de voir plus loin : accès aux bases de données, météo, pointage direct des comptages, liaison avec le plus grand nombre pour diffuser rapidement des informations autres que des accidents potentiels (localisation des ours et loups, observations pastorales), etc…
  • Les bergers et éleveurs
    Combien y a-t-il d'accidents de bergers par an dans les Pyrénées ? Investir de 600 à 800 Euros par berger et éleveur présente-t-il un intérêt ? Je ne crois pas. A une époque où toutes les activités agricoles sont surveillées par " big brother " via le satellite (types de culture, superficies, jachères…) pour le calcul de primes éventuelles et alors que des contrôles qualité de plus en plus importants vont se développer (suivi des animaux, temps en estive, type d'alimentation, origine de chaque bête, etc…) que ce soit pour l'AOC ou l'IGP (ou même rien), le berger et l'éleveur doivent disposer, dans les prochaines années, de moyens d'enregistrement et de communication vers des bases de données. Dans les cabanes, l'usage d'Internet doit pouvoir être généralisé. Dans ces conditions, la radio est largement dépassée. Un moyen téléphonique s'impose.
  • Les randonneurs et alpinistes amateurs et professionnels….
    • Le cas des compétitions outdoor.
      Les radios sur des distances limitées sont utilisées sur des circuits de compétition. Le système français de licence reste une contrainte archaïque datant de la dernière guerre et pousse aux pratiques illégales à partir de matériels espagnols ou andorrans peu chère et légale dans ces pays. Ces systèmes permettent facilement l'usage de plusieurs fréquences contrairement au système français. Mais tout ceci est il vraiment intéressant dans l'avenir ?
      Probablement oui pour des petites compétitions locales ou de clubs qui s'adressent à un public très local. Mais pour des compétitions de type national et international qui se doivent de communiquer avec les médias et pouvoir transmettre du son et de l'image, la radio est inopérante et coûteuse en investissement compte tenu du nombre d'appareils nécessaires sur un circuit.
    • Le cas des activités touristiques et de loisirs
      L'acquisition ne pourrait se faire que dans le cadre d'un club ou un professionnel de la montagne selon son type d'activité compte tenu du coût et des limites de l'appareil. Mais quelle proportion de pratiquant de la montagne passe par un club ou un professionnel ? C'est de plus en plus faible. Par ailleurs, beaucoup de professionnels ne se limitent pas aux Pyrénées françaises (il faut penser à l'Espagne) et des professionnels d'autres massifs viennent dans les Pyrénées (même chose pour les clubs). Faut-il acheter un appareil et un abonnement pour chaque massif ? C'est assez peu réaliste.
      D'autre part, quel particulier ira acheter un tel matériel pour faire le GR 10 ou même la HRP ou tout autre randonnée ? Car c'est bien en randonnée pédestre qu'il y a le plus gros taux d'accidents.
      Et puis, randonneurs amateurs et professionnels seraient sans doute intéressés par d'autres services que celui de prévenir les secours dans le cas d'un éventuel accident. Ils seraient probablement intéressés par la météo et conserver le contact avec leurs familles ou amis, voir même pouvoir contacter un bureau (bureau des guides), un refuge, un gîte, un topo sur le Net, etc….
      Là encore le système radio ne présente strictement aucun intérêt.

Nous le voyons, imaginer un système de communication en montagne nécessite une réflexion plus globale sur les besoins de la " clientèle " professionnelle et amateur. Il faut avoir une vision d'avenir dans le cadre d'un développement durable permettant de participer à l'évolution du massif et de ses vallées.
Il faut aussi avoir une vision de l'évolution de la médecine de montagne tant à l'occasion de secours qu'à l'occasion d'interventions auprès des populations de montagne en soutien aux médecins généralistes de proximité tel que le système développé par IFREMONT.

Dans tous les cas de réflexion, ma radio n'est pas l'avenir. Elle est le passé. Investir dans ce domaine serait un pas en arrière de 30 ans. La recherche doit se tourner vers l'amélioration de la couverture GSM et le satellitaire.

Souvenirs....


En 1986, nous pouvions suivre des expéditions himalayennes par radio CB via l'Ile de La Réunion.
En 1994, nous avions le téléphone et fax satellitaire alors que la Préfecture des Hautes Pyrénées en était encore, dans les refuges et pour le secours, à des postes radio datant de la fin des années 1960 (Les postes " Durendal "). Par ailleurs le GSM embarqué se développait et l'avenir du GSM portable se dessinait et existait dans d'autres pays comme l'Espagne.
En 1999, le système radio proposé ci-dessus avait reçu en avis totalement défavorable de la part de la FFME. Sept ans après, on nous le représente.
Surprenant !

Louis Dollo, le 10 janvier 2006


Haut de page

Analyse rapide des interventions de 2007 dans les Hautes-Pyrénées


A l'occasion de la présentation des chiffres de la délinquance 2007 dans le département, le préfet a eu un "coup de sang" en menaçant de poursuites certains accidentés pour " mise en danger de la vie d'autrui ", sous entendu "la vie des secouristes." Réaction classique et habituelle depuis plus de 20 ans, à chaque changement de préfet qui découvre qu'il y a, dans le département, plus de morts en montagne que sur la route. Pourquoi ?

Analyse des statistiques de 2007.
Nous disposons, pour les Hautes-Pyrénées, d'excellentes informations comparé au néant des aitres départements de la chaîne. De l'analyse des chiffres fournis, il faudrait distinguer les accidents DE montagne des accidents EN montagne. Puis, dans tout ce qui est intégré sous le terme " randonnée à pied " il faudrait distinguer les accidents à l'occasion d'une promenade sur des itinéraires dit " de proximité " comme autour du lac d'Estaing, sur le chemin entre le Pont d'Espagne et le Pla du Clot ou bien encore le touriste au lac d'Aumar ou d'Aubert.
Parmi les 18 morts de l'année il nous est mentionné 7 personnes "décédées non traumatiques". Tout montagnard sait qu'un accident ne se fait pas sans un choc donc un traumatisme. Parmi les " non traumatiques " il y a, entre autre, les personnes décédées d'un problème cardiaque. Doit-on les considérer comme étant des accidents de montagne liés à l'activité ? C'est peu probable. La personne aurait pu mourir dans les mêmes conditions sur un stade ou au cours d'un footing voir même sur le parking. Il n'y a donc eu que 11 véritables accidents DE montagne liés à une défaillance subjectives ou un danger objectif dans la pratique d'un des sports de montagne.

Il est probable que des interventions coûteuses auraient pu être évitées s'il n'y avait pas certains abus de personnes inconscientes de leurs actes. C'est ainsi que 25 % des victimes sont " indemnes ou assistées ". Parmi elles, il y a bien souvent des accompagnants de véritables accidentés. Mais il y a aussi des personnes stressées qui demandent les secours. Les secouristes ne sachant pas avec exactitude ce qui se passe sur le terrain, ont tout à fait raison d'intervenir pour éviter une aggravation possible de la situation. Cette démarche n'est pas critiquable, au contraire. Par contre, nous pouvons nous interroger sur les compétences physiques et psychologiques et dans certains cas techniques de ces personnes dans un milieu dit " hostile ". De même une réflexion devrait être conduite pour savoir pourquoi près de 77 % des interventions concernent des randonneurs à pied l'été, activité souvent présentée par les acteurs du tourisme comme étant facile et sans danger.

En hiver, nous notons une seule intervention pour la randonnée à raquette et 6 pour la randonnée à ski. C'est peu par rapport aux risques.

S'agit-il d'un problème de formation ? D'information ? De pratiquants sportifs ? De touristes attirés par les brochure promotionnelles ? Des défaillances d'encadrement de clubs ? Des pratiquants isolés ? Ayant quel niveau d'expérience ? Etc…. Nous ne disposons d'aucune réponse ni sur le plan local ni sur le plan national.

Qui est accidenté dans les Hautes-Pyrénées ?
Nous pourrions penser qu'une grande partie des accidentés sont des jeunes qui s'engagent sans réfléchir, sans expérience et sans compétences. Et bien non ! Ce sont des " vieux " de plus de 50 ans qui constituent pas moins de 44 % des victimes. Le risque d'être victime s'accroît d'ailleurs avec l'âge. D'autre part, 85 % des victimes sont françaises. Il serait sans doute intéressant de savoir pourquoi et si ces données se retrouvent au niveau national ou sont spécifiques aux Hautes-Pyrénées. Mais il semble bien impossible de disposer de telles informations.

Des informations nationales ?
En principe, les informations sont collectées par le SNOSM (Système National d'Observation de la Sécurité en Montagne) géré par l'ENSA (Ecole National de ski et d'Alpinisme) à Chamonix. Dans les faits, il est bien difficile d'y retrouver ses petits comme en témoigne les chiffres fournis.
Il est regrettable que cette structure soit inefficace car c'est elle qui a " pour mission de collecter, traiter et analyser les données relatives aux accidents en montagne dans le cadre précis de la pratique des activités sportives et de loisirs de montagne" depuis 1999. Le S.N.O.S.M. a également pour but au sein du C.S.S.M. (Conseil Supérieur des Sports de Montagne), de :

  • Prévenir les accidents (campagnes nationales sur la sécurité des activités de pleine nature),
  • Promouvoir une meilleure sécurité des espaces,
  • Proposer les axes prioritaires pour définir une politique de prévention des accidents.

Dans les faits, depuis 8 ans, il n'y a que des renouvellements d'habitudes sans aucune réflexion, recherche et innovation tenant compte des évolutions des pratiques, des mentalités, du matériel, des conditions du terrain (fonte des glaciers notamment) et des nouveaux moyens de communication tel que le Web. Cet organisme est la parfaite incarnation de l'inefficacité et de l'inutilité dans sa forme actuelle.

Louis Dollo, le 30 janvier 2008

Haut de page

 


Le Grand Charnier

Accueil du Monde des Pyrénées
Secours et responsabilité