Les secours en montagne gratuits dans les Pyrénées

 

Malgré l'article 54 de la loi sur la démocratie de proximité, depuis l'été 2004, sur demande du Ministre de l'Intérieur, les secours en montagne hors domaines skiables des stations de sport d'hiver, les secours en montagne sont gratuits dans les Pyrénées et plus spécialement les Hautes-Pyrénées.
La même situation existe en Espagne dans les trois autonomies : Catalogne, Aragon et Navarre.

Les secours en montagne gratuits


LE PRÉFET PÉRÈS, ORIGINAIRE DES HAUTES-PYRÉNÉES, A RÉDIGÉ ET REMIS UN RAPPORT SUR LA QUESTION AU MINISTRE DE L'INTÉRIEUR.



La saison de ski vient de se terminer et il est difficile, pour le moment, d'estimer le nombre de sportifs hivernaux (skieurs, snowboardeurs, randonneurs, etc..) qui se sont blessés dans les stations de ski des Hautes-Pyrénées. Les chiffres officiels seront très certainement publiés cet été, voire en automne, par l'Observatoire national des stations de sports d'hiver.

La saison s'est donc déroulée avec une législation légèrement modifiée. En effet, une circulaire émanant du ministre de l'Intérieur datant de l'été 2004, demandait aux maires et préfets que les sauvetages dans les espaces naturels soient gratuits.

Un Bigourdan, le préfet hors cadre Marcel Pérès, est à l'origine de ce « changement».

Depuis le 27 février 2002, l'article 54 de la loi sur la démocratie de proximité permettait aux communes d'exiger des personnes secourues une participation aux frais engagés.

BANALISATION DE L'IMPRUDENCE
Pour information, lors d'interventions pour venir en aide à des blessés graves, une minute d'hélicoptère coûte, sans amortissement, un peu plus de 36 €. Le préfet Marcel Pérès a été chargé de remettre un rapport au ministre de l'Intérieur sur le sujet. « Je suis pour la gratuité des secours en montagne, explique ce dernier qui a été directeur de l'École nationale des sports alpins. Nous avons les services de secours comme les CRS ou les pelotons de gendarmerie de haute montagne les plus performants au monde. Ces participations aux frais pourraient déboucher sur des dérives, notamment à réserver les pratiques des sports de montagne aux plus fortunés. Avec cette circulaire, les sports d'hiver restent accessibles à tous».

Une chose n'a donc pas été modifiée, vous l'avez peut-être remarqué ou appris malgré vous, les accidents sur les domaines skiables des stations sont toujours facturés.

«Et puis, il y a un volet à rajouter, note le préfet Pérès. Des jugements commencent à être rendus par les tribunaux pour mise en danger de la vie d'autrui et abus de secours. » Inutile d'en rajouter, l'on ne joue pas avec sa vie et celle des autres.

J.M.


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Secours de plus en plus importants


La montagne n'est pas dangereuse qu'en hiver. L'été, des accidents se produisent aussi régulièrement. Le lieutenant Louis Piquemal, le commandant de la section montagne des CRS de Lannemezan constatait, il y a peu, que «de plus en plus de gens, en quête d'espace et de liberté, ont tendance à partir seul en randonnée et cela n'est pas prudent». Il préconisait alors la «sortie à plusieurs tout en rappelant qu'un bon équipement et une connaissance du milieu sont les garants d'une meilleure sécurité».

Les interventions de secours effectuées l'an dernier, de juin à fin octobre, attestent de cette évolution. Malheureusement, ces comportements ont trop souvent débouché sur des drames

Article paru le 18/04/2005
Source : Dépêche du Midi

 


Le Grand Charnier

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