La sécurité en montagne hivernale

Cette page a été faite spécialement pour des pratiquants de la raquette. Elle peut toutefois, parfaitement s'adapter à tous les pratiquants de la montagne hivernale.

 

La pratique de la montagne hivernale n'a, malgré certaines apparences, que fort peu de points communs avec la pratique estivale. Le milieu hivernal avec ses contraintes tel que le froid, le gel, le terrain (neige ou glace) font que la sécurité impose des exigences nouvelles par rapport à la randonnée estivale comme l'usage des techniques de l'alpinisme et la prévention d'accidents propres à l'hiver. Tous ces aspects bien connus des skieurs alpinistes le sont moins par les randonneurs d'été s'adonnant aux plaisirs de la marche en raquette l'hiver sur les mêmes itinéraires ou des itinéraires d'apparences semblables.

A - Le milieu montagnard hivernal

Qu'est ce qui peut caractériser un milieu montagnard hivernal ? Qu'il s'agisse de haute ou moyenne montagne, nous retrouverons obligatoirement :

  • Le froid
  • La neige
  • La glace

Même si ces 3 éléments sont présents en haute montagne estivale, il n'en reste pas moins évident que ce sont des conditions nouvelles pour un randonneur en montagne hivernale qui devra s'y adapter et éventuellement se former.

  • Le froid nécessite des vêtements, des chaussures, une alimentation qui sont parfois très différents de ce que le randonneur utilise l'été. Il devra donc porter une attention particulière au choix de ces matériels (Chapitre III - § 1) pour prévenir tout accident lié au froid.
  • La neige est un élément instable qui peut très vite se modifier. La neige hivernale est différente de la neige d'été et elle est présente partout. Elle modifie profondément le terrain sur lequel on évolue par rapport à l'été. Les points de repère disparaissent. Il faudra donc au raquetteur des connaissances approfondies en nivologie et en orientation dont il n'a pas besoin en randonnée estivale.
  • La glace est un élément nouveau pour un randonneur classique. Sans être sur un glacier, la neige peut très vite se transformer par l'action du dégel et du gel. L'usage des crampons, la technique de progression, l'évaluation du risque, etc… deviennent des données différentes de celles de l'été. Il faudra savoir y faire face.

B  - Usage des techniques d'alpinisme

Selon la nature du terrain et les conditions météorologiques ou nivologiques, le raquetteur pourra être amené à utiliser des techniques de l'alpinisme. L'usage de ces techniques n'est pas lié à l'altitude ou spécifiquement à un lieu. Il est fonction des conditions du moment. Une pente d'alpage peut, en hiver, se transformer en pente de glace dans certaines conditions. De ce fait, certaines précautions sont à prendre : pose d'une corde fixe pour une main courante, pose de corps morts, usage des crampons avec ou sans piolet, encordement, etc…. On se rend vite compte qu'il ne suffit plus de savoir marcher en mettant un pied devant l'autre mais que la maîtrise d'une certaine technicité devient indispensable et même obligatoire dès lors que l'on sort des circuits aménagés de promenade.

Lorsque le raquetteur affronte la haute montagne, on peut parler de raquette alpinisme tout comme le ski alpinisme. En dehors de la technique du ski, les autres compétences restent exactement les mêmes. On peut même affirmer que dans ce cas nous ne sommes plus dans le cadre de la randonnée mais que nous rentrons dans le cadre de l'alpinisme hivernal utilisant un matériel spécifique pour la progression sur neige. Toutes les compétences de l'alpinisme doivent être connues.

Quelles techniques de l'alpinisme ?

Toutes les techniques ne sont pas à connaître. Il faut bien assimiler l'essentiel en fonction du type de randonnée réalisée ou envisagée. En plus des techniques d'évolution propre à la raquette (chapitre III - § 2), il est indispensable de savoir :

- Utiliser les crampons

- Utiliser le piolet.

- Utiliser les techniques d'encordement et d'usage de la corde tel que : les nœuds, la pose de main courante avec corps morts ;

L'usage de ces matériels d'alpinisme peut s'avérer nécessaire aussi bien en moyenne qu'en haute montagne. Ce n'est ni l'altitude ni le lieu qui détermine les moyens à utiliser mais la nature de la neige et la forme du sol. Il est tout à fait possible de rencontrer des pentes fortes enneigées et gelées dans une forêt ou sur un alpage difficilement praticables (ou tout à fait impraticables) avec certains types de raquettes. Dans ces conditions l'usage de matériel d'alpinisme peut s'avérer indispensable et même obligatoire.

      • Usage des crampons.

Les raquettes ne sont pas des crampons même si certaines sont dotées de 4 ou 6 pointes sous le tamis ainsi que de pointes avant comme des crampons. Chaque matériel a sa fonction propre et dans certain cas tel qu'en pente raide et neige dure, il est préférable de déchausser les raquettes pour utiliser les crampons. La même situation peut se produire à ski de randonnée.

  • Usage du piolet

Comme pour les crampons, le piolet peut s'avérer indispensable en particulier pour tailler quelques marches sans pour autant chausser les crampons dans une pente raide où l'usage des raquettes pose problème.

  • Usage des techniques d'encordement et de la corde.

Une personne du groupe peut avoir peur de la pente, une descente ou une traversée peut devenir délicate, la fatigue peut nécessiter de renforcer la vigilence et la sécurité du groupe. Dans ce cas il est nécessaire d'utiliser la corde, savoir faire les nœuds et amarer la corde par un corps mort ou d'autres techniques.

Bien entendu, toutes ces techniques qui peuvent être nécessaire en moyenne montagne doivent être parfaitement maîtrisées dés lorsqu'on s'évade de celle-ci. Tout ce qui n'est pas du niveau de la promenade nécessite une connaissance du milieu et des techniques qui s'y rapportent même si on est pas tout à fait en haute montagne. En hiver, les connaissances de l'alpinisme deviennent vite indispensables quelle que soit l'altitude ou le niveau de la montagne que l'on connait en été.

Notre propos n'est pas ici de développer les techniques de l'alpinisme. Il appartient aux pratiquants de se référer à d'autres ouvrages spécialisés dans ce domaine même si la raquette - alpinisme existe au même titre que le ski - alpinisme ou l'alpinisme tout court.

C - La prévention des accidents en montagne hivernale

Le risque zéro n'existe pas. Néanmoins, il est indispensable de mettre toutes ses chances de son côté en prenant un maximum de précautions pour éviter l'accident. Quelles sont ces précautions ?

  • Un bon équipement et un bon matériel parfaitement adapté à la course projetée ;
  • Une bonne connaissance des techniques d'évolution avec et sans raquettes ;
  • Une excellente préparation de la course
  • Une excellente connaissance de la météo, de la nivologie et de l'orientation sans visibilité sur terrain enneigé.

La prévention de l'accident débute avant le départ en montagne et non au cours de la randonnée. Il faudra donc ajouter un cinquième élément :

  • Une bonne préparation physique.

Il ne faudra pas négliger "l'expérience montagnarde" et le bon sens dont chaque individu devrait être imprégné. Si le bon sens peut se développer au travers de l'expérience, cette dernière ne s'acquière pas dans la littérature même technique mais uniquement sur le terrain :

  • Au contact des "anciens" ou plus précisément de ceux qui ont une expérience connue ou reconnue ;
  • En suivant des formations spécifiques.

A défaut de pouvoir ou de vouloir acquérir cette expérience et cette connaissance, mieux vaut faire appel à un professionnel de la montagne (Guide de Haute Montagne ou Accompagnateur en Moyenne Montagne) ou se laisser entraîner dans un club dès lors que celui-ci dispose d'un encadrement sérieux professionnel ou amateur (Initiateur ou Moniteur fédéral de raquette à neige).

 


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