Avalanches, chances de survie

 

Les informations sur les chances de survie des victimes d'avalanche ensevelies ont longtemps été basées sur des travaux effectués en 1991. Leurs auteurs les ont précisées en 2001, grâce à la prise en compte complémentaire de données collectées entre 1990 et 1998.

 


Grâce à la collecte régulière et rigoureuse (mais non exhaustive) des informations relatives aux accidents d'avalanche effectuée en Suisse par l'IFENA (1), une équipe internationale dirigée par le Docteur H. Brugger, spécialiste italien du secours en avalanche, a pu étudier les chances de survie des victimes d'avalanche.

Entre 1981 et 1998, l'IFENA a enregistré 1886 victimes d'avalanches, dont 23 % sont décédées et 77 % ont survécu. 39 % d'entre elles ont été totalement ensevelies (2) alors que 61 % n'ont été que partiellement ou non ensevelies. Parmi les victimes totalement ensevelies, 52.4 % sont décédées, alors que, parmi celles qui n'ont pas été ensevelies ou seulement partiellement, le taux de mortalité n'est que de 4.2 %. Ce premier résultat montre combien il est statistiquement déterminant de ne pas être enseveli.


Victimes (enregistrées) d'accidents d'avalanche survenus en
Suisse entre 1981 et 1998 (source : IFENA)

Le docteur Brugger a également étudié l'évolution des chances de survie des personnes totalement ensevelies, en fonction de leur durée d'ensevelissement, à partir de 638 cas (les 735 enregistrées pendant la période analysée, auxquelles il a enlevé celles qui ont été ensevelies dans une maison ou une voiture, à cause de conditions d'ensevelissement particulières dans ces cas).

La courbe obtenue ci-dessus montre : des chances de survie supérieures à 90 % si l'ensevelissement dure moins de 18 mn, une diminution importante des chances de survie (de 91 % à 34 %) entre 18 et 35 mn, une relative stabilisation jusqu'à 120 mn (entre 34 et 20 % environ), une nouvelle et très rapide diminution après 130 mn d'ensevelissement à 7 %, suivie d'une deuxième stabilisation à cette valeur.

Cette courbe n'est pas rigoureusement une courbe d'évolution des chances de survivre à une avalanche. Il est en particulier faux de vouloir en conclure que si l'ensevelissement est nul, les chances de survivre sont de 100 %. On estime en effet actuellement, sur la base de différentes études, qu'environ 20 % des victimes d'avalanches sont tuées des suites de traumatisme(s) subi(s) au cours de l'écoulement et non de l'ensevelissement.

Ces victimes n'ayant pas été identifiées, il n'a pas été possible d'en tenir compte au cours de cette étude, sauf pour celles qui ont été dégagées dans les 18 premières minutes. Et l'analyse montre alors, qu'à la double condition de ne pas avoir été mortellement blessé pendant l'avalanche et d'avoir reçu les soins que son état nécessite, les chances de survie au cours des 18 premières minutes sont quasiment de 100 %.

Ce travail confirme donc que les chances de survie sont étroitement liées à la durée d'ensevelissement, et que les victimes ensevelies conservent le maximum de chances de survie dans le premier quart d'heure. D'où l'importance pour les membres d'un groupe de pouvoir se porter secours mutuellement grâce à un équipement (Arva, sonde, pelle en particulier) et un entraînement adéquats.

Auteur : François Sivardière
Source : Article paru dans la revue de l'ANENA "Neige et Avalanches" N° 108 - décembre 2004

Notes

1 - Institut fédéral pour l'étude de la neige et des avalanches, basé à Davos (CH).

2 - Une personne est dite, par convention internationale, " totalement ensevelie " sous une avalanche quand sa tête et son thorax, au moins, sont recouverts de neige. Dans le cas contraire, on parle de personne partiellement ou, le cas échéant, non ensevelie.

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