L'assemblée d'éleveurs, d'élus, de chasseurs, de
simples citoyens, réunie avant-hier soir, dans la salle commune
de Pouzac, a adopté à l'unanimité une motion qu'elle
a adressée au préfet des Hautes-Pyrénées.
Celle-ci demande
le retrait de l'ourse Franska, qualifiée d'« atypique »,
et la fin du plan ours dans les Pyrénées.
Après une
première démonstration de force et de solidarité,
le 4 juin, où plus de 200 personnes s'étaient déjà
réunies à Pouzac, les élus du département,
eux aussi, ont voulu afficher leur détermination.
Aucune manifestation
n'a été planifiée pour l'instant mais «
nous avons fait 5.500 personnes l'année dernière, sans
expérience. Nous pouvons faire bien plus cette année.
Il faut dégager Franska définitivement », a
dit Bernard Moules, secrétaire général de la FRSEA,
qui a pris le micro en premier.
« Trop,
c'est trop », a dit Chantal Robin-Rodrigo, députée
de la deuxième circonscription. « Ce plan ours s'est
fait contre l'avis de tous les élus des Pyrénées.
Il y a eu un vrai déni de démocratie. Nous sommes derrière
vous pour demander son retrait. »
« Quand
l'État méprise les éleveurs, il ne peut que susciter
la colère », s'est exclamé Pierre Forgues, député
de la 1re circonscription.
« CLOISONNER
L'OURS ? PAS SI IDIOT »
D'autres personnalités du département, mais aussi de l'Ariège
ou de Haute-Garonne, se sont exprimées pour dire leur ras-le-bol,
mais aussi faire des propositions.
Jean-Louis Cazaubon,
président de la chambre d'agriculture des Hautes-Pyrénées,
s'est dit enclin à proposer le « cloisonnement »
des ours sur un périmètre donné (4 à 5 ha).
« Les écolos n'en voudront pas mais si la paix des éleveurs
est à ce prix, ce n'est pas si idiot. Et si les touristes veulent
voir un « nounours », on pourra toujours les « lâcher
» dans cette zone », a dit M. Cazaubon.
Le « cloisonnement
» justement entre les décideurs, « noyautés
par des militants écolos au plus haut niveau de l'État
» (Philippe Lacube, Aspap de l'Ariège), ces «
businessmen de l'écologie » (Marie-Lise Broueilh, Barèges-Gavarnie),
et les éleveurs, est un sujet qui est revenu fréquemment
lors des différentes interventions.
Convaincre, peser,
gagner la bataille de l'image entre le « nounours gentil et le
mangeur de brebis sans pitié » (Francis Ader, Adip Haute-Garonne)
est un enjeu majeur, tout comme être une force d'opposition et
de proposition lors du prochain « Grenelle de l'environnement
», programmé à la rentrée.
Pour cela, les
associations (Addip, ASPP 65) ont appelé au soutien, financier
et humain, pour porter la cause des éleveurs au-devant des décideurs.
Auteur
: Cyril Doumergue.
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« Rester unis pour peser lourd à Paris »
Les
associations de défense du patrimoine pyrénéen,
dans les Hautes-Pyrénées (Addip, réactivée,
ASPP 65), en Ariège (ASPAP), en Haute-Garonne (Adip 31), représentées
avant-hier soir à Pouzac, ont appelé à la mobilisation
financière et humaine pour « mener le combat » au
« Grenelle de l'environnement » à Paris cet automne.
« On touche
à l'affectif, il faut que l'image de l'ours doux et végétarien
soit contrecarrée dans les grandes villes», a dit Francis
Ader, de l'Adip 31. « Il faut remporter la bataille de l'opinion,
nous comptons pour cela sur la presse et la télé pour
relayer les images difficiles des dégâts de l'ours »,
a assuré le député Pierre Forgues.
« Les
capitalistes de l'écologie, les Greenpeace, WWF, ceux qui font
de l'écologie un business ne savent rien de notre vie. Ils ne
l'ont jamais vécue », a affirmé Marie-Lise Broueilh
(éleveurs d'ovins de Barèges-Gavarnie). « Avant
il y avait 5 ou 6 personnes par foyer, aujourd'hui, l'éleveur
est seul, pour faire le foin, déplacer les bêtes. Le monde
a changé, et les technocrates voudraient nous faire revenir 50
ans en arrière ? a demandé Jean-Louis Cazaubon (Chambre
d'agriculture des Hautes-Pyrénées).
Aller au combat
groupés, pour convaincre le préfet, « qui semble
comprendre la situation » (Pierre Forgues) et les parlementaires,
voici le message délivré.
« Avancer
sur les points qui font l'unanimité, et discuter sur ceux qui
nous divisent encore », a exhorté Bernard Moules (FRSEA).
Sera-t-il entendu,
ou l'exaspération des éleveurs, palpable ces dernières
semaines au gré des attaques de Franska, sera-t-elle la plus
forte ?
Auteur
: Cyril Doumergue
Source : La
Dépêche du Midi du 22 juin 2007