À l'heure ou Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État
à l'Écologie, tenait conférence de presse dans
les salons de la préfecture de région à Toulouse
pour lui présenter les objectifs du Groupe national ours (lire
aussi en page 7 « Grand Sud »), sa directrice de cabinet
frappait à la tente parasol plantée place Saint-Étienne,
par les Pyrénéens de l'ADDIP dont la grande majorité
était ariégeoise. Objet de sa mission : dire aux élus
et éleveurs qui avaient refusé de siéger avec elle
dans le cadre du nouveau Groupe ours, que NKM se proposait de les rencontrer
autour de leur table, le temps de partager le pique-nique toulousain
de midi.
Après consultation
dans ses rangs, Philippe Lacube, président de la Coordination
pyrénéenne, renvoyait l'ascenseur : « Oui
à la rencontre avec Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais pas sur
le pavé toulousain. Sur les estives ». Là
où se trouvent actuellement de nombreux éleveurs, en pleine
vaccination des troupeaux contre la fièvre catarrhale. Cela est
un autre souci
3e zone de présence
d'ours dans les P.-O.
Une invitation officielle sera prochainement transmise à NKM.
Les Pyrénéens l'attendent, cet été, «
intuitu personae ». Par le biais de
sa conférence de presse, la secrétaire d'État avait
« regretté l'absence » des anti-ours, et les
avait « appelés à consulter les rapports de la commission
d'enquête en espérant qu'ils leur donnent le désir
d'être présents. Je ne peux imaginer qu'ils refusent jusqu'au
bout la discussion ».
Ces rapports réalisés
cet hiver, sur toute la chaîne, par des inspecteurs généraux
de l'agriculture, font nettement ressortir la souffrance des hommes
qui cohabitent avec l'ours. « Une souffrance qui doit être
prise en compte par le Groupe ours » dira NKM. Un constat
à la fois rassurant et amer pour les Pyrénéens
: « Il aura fallu que ce soient des inspecteurs généraux
qui reprennent des paroles que l'on répète depuis douze
ans, pour que l'on soit pris en compte » déclaraient-ils.
Pourtant leur inquiétude demeure.
Si le lâcher
d'ours prévu cette année n'aura pas lieu : «
il aurait été fait au printemps » ; une troisième
« zone de présence » du grand prédateur
a été repérée dans les Pyrénées.
« Après celles des Pyrénées centrales
et du Béarn, une autre est techniquement possible dans les Pyrénées-Orientales
». Balou vient en effet de la trouver tout seul à l'ombre
du Carlit. Des « corridors » de déplacement
ont été évoqués. Par ailleurs le comptage
de la population des ours en Béarn pose problèmes : «
seulement quatre mâles, d'où la difficulté de reproduction
». Pour autant, y aurait-il réintroduction de femelles
? L'équipe technique de suivi est à revoir».
En préambule,
en début de matinée, Philippe Lacube avait posé
une seule question : «Que veut faire l'Etat du massif pyrénéen
? »
--------------------------------------------------------------------------------
Les
élus de Haute Ariège et du Couserans nombreux à
Toulouse
« Nous nous opposerons à toute réintroduction
»
Parti d'Ax-les-Thermes, à 5 heures pour rejoindre Toulouse à
9 heures, via un ramassage à Tarascon, Foix et Pamiers, le bus
des Ariégeois comptaient de nombreux élus, maires et adjoints.
Parmi les écharpes tricolores qui avaient quitté la haute
Ariège et le Couserans, celles de Saint-Lary avec Gérard
Dubuc (maire) et ses adjoints Claude Laille et Charles Acap ; d'Aleu
avec Alban Sentenac, adjoint et coprésident de l'Aspap ; de Saint-
Beauzeil avec Jean-Pierre Mirouze (maire) ; de Nalzen avec Patrick Ferrier
(1er adjoint) ; d'Ascou-Pailhères avec Jean-Pierre Carrière
; d'Aston avec M. Lassalle (maire)
Ils y ont retrouvé ;
Julien Souquet, maire d'Ercé et conseiller général
d'Oust ; Robert Zonch maire et conseiller général de Castillon
; Bernard Piquemal, maire d'Auzat et conseiller général
de Vicdessos ; Christian Loubet, maire de Luzenac et conseiller général
des Cabannes ; et Augustin Bonrepaux, le président du conseil
général. Dans son discours il a dénoncé
une nouvelle fois « le gaspillage insensé de crédits
distribués sans contrôles, pendant que la population se
serre la ceinture et que disparaissent les moyens de développement
de la montagne ». Et de réaffirmer : « Nous
nous opposerons à toute réintroduction ».
Auteur : Bernadette Faget
Source : La
Dépêche du Midi du 27 juin 2008