En mai 2005, l'entreprise Culinor Millet, de Troubat, a été
contactée par l'Équipe technique de l'ours (ETO) de l'Office
national de la chasse, pour fabriquer une cage très spéciale
qui servirait au transport, depuis la Slovénie, de 5 ourses slovènes
destinées à leur réintroduction dans les Pyrénées.
Le PDG ; Jacques Millet ; ne mesurait certainement pas le battage médiatique
qui prévaudrait à cette réintroduction et surtout
qu'une de ses réalisations figurerait en bonne place dans nombre
de médias.
« Mon
intervention a été uniquement technique, affirme le PDG
de cette société spécialisée en chaudronnerie,
serrurerie et menuiserie aluminium. Lorsqu'un technicien de l'ETO est
venu me voir, je n'ai pris en compte que les données du cahier
des charges. Mais d'emblée, l'idée de fabriquer une cage
à ours, un produit complètement atypique, m'a séduit.
L'une des principales exigences était qu'à l'intérieur,
la cage soit lisse, sans aspérités qui puissent blesser
les plantigrades. La technique de fabrication a fait appel à
des opérations classiques pour nous : découpe, soudure,
cintrage, roulage et pliage. La cage d'une longueur de 1,80m pour 0,88
m de diamètre a été réalisée en acier
galvanisé et en tôle d'alu de 3mm pour le cylindre. Sa
réalisation a nécessité 80 heures de travail par
un ouvrier spécialisé ».
Pour Frédéric
Decaluwe, ingénieur à l'Équipe technique de l'ours
: « Tout, au niveau de la conception de la cage, devait être
réalisé pour que les plantigrades ne puissent se blesser
durant leur transport depuis la Slovénie ».
TRAJET DE 20
HEURES
D'autant que, pour les deux convoyages, le trajet d'une durée
de 20 heures s'est effectué d'un seul tenant. Palouma et Franska,
les 2 femelles déjà réintroduites, ont pris place,
en Slovénie, dans la cage, sur du foin et de la paille, alors
qu'elles étaient encore anesthésiées. L'équipe
d'accompagnement, composée de 2 techniciens de l'ETO et d'un
vétérinaire, a pu, grâce à une fenêtre
pratiquée sur le cylindre et équipée d'une caméra,
être informée, depuis la cabine du véhicule, de
l'état de santé et de l'attitude de l'animal transporté.
Pendant le trajet, les plantigrades qui, malgré l'exiguïté
de la cage, peuvent s'y retourner, ont pu se désaltérer
grâce à un abreuvoir situé à l'avant. Enfin,
dernier dispositif particulier, la porte abattante située à
l'arrière de la cage et commandée depuis le véhicule
a permis, d'un simple clic, à Palouma et Franska de retrouver
la liberté du côté de Burgalays et de la vallée
de Lesponne. Reste à savoir maintenant quand cet équipement,
pour le moins particulier, va être réutilisé. Même
du côté de l'Équipe technique de l'ours, on affirme
ne pas savoir.
Auteur
: Alain Maillé.
Source : La
Dépêche du Midi du 4 mai 2006