À quelques jours de l'ouverture de la chasse, la tension monte
d'un cran à Saint-Pé-de-Bigorre où l'ourse Franska,
introduite en avril a élu domicile depuis juin. Bruno Lepore,
maire et conseiller général de la commune, a fait savoir
à la préfecture qu'il démissionnerait «
si le plantigrade, qui commet de graves prédations dans les troupeaux
et met à mal la sécurité et le tourisme, n'était
pas retiré d'ici le 30 septembre. Pour lui, il faut le capturer
et le confiner chez ceux qui l'ont souhaité ». Bruno
Lepore, bien informé sur le sujet, assure que « d'autres
élus du département et des Pyrénées-Atlantiques
pourraient bien en faire autant si rien n'est fait en ce sens ».
Pour l'heure, malgré la présence de Franska, aucun arrêté
n'a été pris par l'État pour limiter les zones
de chasse. « On nous a dit que c'était à nous
d'apprécier la situation en cas de rencontre avec l'animal. Qu'est-ce
que cela veut dire ? On se pose des questions » explique Christian
Jouanou, le président de la Diane Saint-Péenne dont la
réserve ne se situe cependant pas, dans la zone précise
où l'animal «réside». Le problème
est plus aigu pour les Chasseurs Saint-Péens, l'autre société
de chasse.
« La forêt
de Trescrouts, là où chassent, est située au cur
du territoire où se trouve l'ourse, insiste Bruno Lepore. Ils
la louent d'ailleurs à la ville et à l'État. Lors
de battues, dans ce lieu où la visibilité est peu importante,
les chasseurs vont avoir bien du mal à la distinguer d'un sanglier.
Un accident est possible. Franska pourrait prendre un tir par inadvertance
».
Georges Tuo, le
président des chasseurs Saint-Péens « n'exclut
pas ce risque ni même celui qu'un chien ou un homme tombe sur
l'ours et soit attaqué par lui. On verra bien » verra bien
».
Au début
du mois, un technicien de l'Office national de la chasse et de la faune
sauvage est venu expliquer aux membres de la société
« que l'on devait faire avec l'ours comme avec tout autre animal
sauvage. Si Franska devait hiberner ici on nous indiquerait où
se trouve sa tanière. Nous aurions alors l'interdiction de nous
y approcher à moins de 300 m ».
Bruno Lepore, s'étonne
: « L'État parle de succès en parlant de ce plan
de lâchers, c'est du cynisme ».
Et l'élu
de rappeler : "Le Code général des collectivités
territoriales, le maire doit réprimer les atteintes à
la tranquillité publique et remédier aux errements fâcheux
qui pourraient être occasionnés par la divagation des animaux
dangereux ou féroces."
Auteur
: Guillaume Atchouel
Source : La Dépêche du Midi du 31 août 2006