L'ours femelle Palouma, capturée et Slovénie et qui
devait initialement être relâchée mardi en début
de soirée sur la commune d'Arbas (Haute-Garonne), a finalement
été remise en liberté plus tard sur une commune
voisine, en toute discrétion, suite à une action d'opposants
à la réintroduction du plantigrade dans la montagne.
A 21h, Palouma
était en "sécurité et à l'abri,
entourée de spécialistes" dans un "endroit tenu
secret", selon la ministre de l'Ecologie Nelly Olin. Palouma
a ensuite été relâchée vers 22h en toute
confidentialité et loin des caméras sur la commune de
Burgalays (Haute-Garonne), a précisé la porte-parole
du ministère de l'Ecologie Eva Quickert-Menzel.
Seuls les deux
techniciens de l'équipe spécialisée accompagnaient
l'ours femelle pour cette opération-discrétion. Palouma
a très vite pris ses marques, en pleine forme, et "s'est
mise à courir, saine et sauve", a-t-elle précisé.
Auparavant, expliquant
que l'ours femelle ne serait pas une nouvelle fois anesthésié,
la ministre n'avait pas voulu donner davantage de précisions
sur les conditions du lâcher.
Au cours d'une
conférence de presse organisée peu avant 21h avec le préfet
de Haute-Garonne, Nelly Olin a exprimé son indignation face à
l'action "d'une poignée" d'opposants "irresponsables"
qui n'ont jamais participé à la concertation. Elle s'est
dite "profondément choquée" par leur
"manque de volonté de dialogue", leur "manque
de respect" de la volonté de la population d'Arbas.
"Si
nous avions lâché l'ours, ils l'auraient tué",
a même affirmé la ministre, expliquant que des "coups
de feu" avaient été entendus. "Il est évident
qu'il y aura une enquête, nous n'allons pas en rester là",
a-t-elle également précisé, parlant de suites judiciaires
contre les personnes qui sont allées dans la montagne empêcher
le lâcher.
Tout en rappelant
un long travail de concertation qui a abouti à un "plan
raisonné et raisonnable", Nelly Olin a précisé
que le plan ours n'était "pas remis en cause",
et que les quatre autres ours prévus seraient relâchés
dans les mêmes conditions "dans la transparence".
"Je ne céderai pas à la pression et je continuerai
la concertation, comme pour le loup", a-t-elle assuré.
"C'est
une triste journée", a estimé François
Arcangeli, maire d'Arbas. "C'est une péripétie
de plus mais notre détermination (à accueillir l'ours
NDLR) reste entière", a-t-il déclaré,
s'interrogeant sur une telle opposition, et avançant qu'en Italie,
10 ours avaient été réintroduits dans un climat
bien plus pacifique.
Venus par petits
groupes après plusieurs heures de marche dans la montagne, plusieurs
dizaines d'anti-ours -la ministre ne pouvant préciser leur nombre-
se sont positionnés dans la journée en face du site du
lâcher et ont fait du bruit avec cloches et bidons, compromettant
le lâcher de l'animal arrivé par camion de Slovénie.
Selon Philippe
Lacube, président de l'ASPAP (Association pour la sauvegarde
du patrimoine Ariège-Pyrénées), présent
sur les lieux, l'action des opposants permet de montrer le désaccord
avec le renforcement de la population ursine. Elle fait savoir à
Nelly Olin "que ce n'est pas notre façon de voir l'avenir
des Pyrénées", a-t-il dit.
Trois autocars,
soit près de 130 personnes, des habitants d'Arbas et la presse,
devaient assister à l'événement, qui aura finalement
lieu dans la discrétion, vraisemblablement dans les prochaines
heures.
L'ours femelle
Palouma, âgée de quatre ans et pesant 83 kilos, a été
capturée lundi soir en Slovénie. Le plantigrade a subi
des examens sanguins et un traitement antiparasitaire en injection musculaire.
Anesthésié à la capture, l'animal a ensuite été
transporté jusqu'en France dans un camion spécifique contenant
une cage circulaire.
Source : La
Tribune.fr du 25 avril à 21h 49