- Que reprochez-vous au ministère de l'Écologie ?
« La situation
est très grave et cela dépasse largement le problème
de l'ours. Nous assistons au viol du massif pyrénéen par
l'autorité centrale. Il faut remonter à plusieurs siècles,
tous régimes confondus, pour assister à telle irresponsabilité.
- Qu'entendez-vous
par irresponsabilité ?
Il y a très
longtemps qu'un État, sous prétexte de réunir sous
son égide la majorité des citoyens, n'a sacrifié
une partie aussi importante de sa population. Car lorsque je parle de
viol, il s'agit également de tout un pan culturel et d'une appartenance
à un territoire. Les Pyrénées sont un modèle
de liberté dans un pays de liberté. Mais nous avons également
notre indépendance d'esprit, qu'elle soit béarnaise, basque,
catalane ou ariégeoise, il convient de la respecter. Ce que l'on
constate actuellement, c'est une agression de l'État à
l'égard de ces populations.
- Quelle est
cette agression et quelles peuvent en être les conséquences
?
Avec l'ours,
par exemple, le débat et les conséquences que l'on connaît
peut apparaître populaire. Mais si l'on poursuit cette démarche
irresponsable, certains pourraient s'y habituer et d'autres aller plus
loin dans leurs démarches. Il s'agit tout simplement d'un mépris
affiché de l'État quant aux hommes et femmes des montagnes.
Cela veut dire que l'on nous signale : « vous n'existez plus,
on décide pour vous et sans vous et vous n'avez plus de poids
sur votre territoire. On nous a traité d'ânes et d'imbéciles.
En dehors de la critique vis-à-vis des hommes, cela m'a fait
du mal pour nos ânes (NDLR : certains éleveurs
pyrénéens tentent de relancer cette race depuis quelques
années).
- Et au sujet
de ces récents lâchers d'ours ?
On a mobilisé
quelque 300 hommes en armes servant parfois d'appeaux avec nos impôts.
C'est indigne de notre pays. Cela correspond à certaines périodes
des plus sombres de notre Histoire.
- Qu'entendez-vous
faire pour faire entendre la voix des Pyrénéens ?
Je demande la
création d'une Commission d'enquête afin de déterminer
la chaîne de décision qui à engendrer la situation
actuelle. La Ministre était-elle seule à choisir ?.. Quel
est le poids des lobbies en ce domaine ?.. On sait que Nicolas Hulot
est proche du Président Chirac et qu'un impôt révolutionnaire
est prélevé chez les plus grands pollueurs par les plus
importantes associations écologistes sous prétexte qu'ils
peuvent agir à leur guise sans réaction adverse. L'IPHB
fonctionne avec des fonds publics
nous devons rendre des comptes.
M. me Olin veut faire la lumière sur nos activités et
moi aussi sur les siennes. J'entends savoir, via la Cour des comptes,
comment on a utilisé l'argent du contribuable pour protéger
l'ours depuis des années. Deux questions viennent à mon
esprit. Avec les politiques successives, a-t-on sauvé l'homme,
l'ours ou les deux ?.. Dans le climat ambiant, parle-t-on réellement
de l'ours ?.. Combien d'argent pour tout cela.
- Vous avez,
je crois, quelque chose à dire à propos de la disparition
de l'ours réintroduit Balou ?
- On l'aurait
recherché du Massif Central à la frontière espagnole.
Selon d'autres sources, il aurait été abattu aux portes
de Toulouse. Nelly Olin a précisé que si elle trouvait
les responsables elle serait impitoyable.
Comme par hasard,
la veille du jour où tous les élus pyrénéens
se retrouvaient à Toulouse, vendredi dernier, Balou réapparaissait
dans un rucher en Ariège
on dit n'importe quoi !.. Ce qui
risque d'arriver c'est que certains, les plus désespérés
malheureusement, commettent l'irréparable
à cause
des caprices de Nelly Ollin à qui le Conseil d'État semble
donner raison.
Auteur
: Philippe Delvallée et Guillaume Atchouel
Source : La
Dépêche du Midi du 28 juin 2006.