Les vautours ont, jusqu'à récemment, toujours été
les alliés des éleveurs et du pastoralisme. Ils ont toujours
débarrassé le milieu naturel des animaux morts, évitant
ainsi désagréments et contaminations sanitaires. Quand
une bête mourrait dans un élevage, elle était déposée
dans un point haut du village à la disposition des vautours.
Ils trouvaient ainsi leur pitance un jour en vallée d'Ossau,
un autre en vallée de Baïgorry, une autre fois en Val d'Azun,
Jamais beaucoup ! Jamais au même endroit !
Depuis les abus
de certains, industriels de l'élevage porcin en Espagne,
places de nourrissage fixes chez nous, ont provoqué un développement
excessif des populations de vautours. Au moins 5.000 en Pyrénées
Atlantiques et Hautes Pyrénées, plus de 20.000 sur le
versant sud des Pyrénées.
Les vautours sont
protégés depuis 40 ans. Ils se rapprochent de plus en
plus des hommes, des Bâtiments d'élevage, sans crainte.
Mais voilà
qu'une directive sanitaire prise pour cause de " vache folle
", oblige maintenant tous les éleveurs à livrer
les cadavres d'animaux morts à l'équarisseur pour brûler
les carcasses dans de grands fours. L'État veut désormais
faire payer l'équarrissage aux éleveurs : 153 €,
les factures viennent d'arriver. Pire même, sans certificat d'équarrissage
en cas de contrôles, l'éleveur perdra des primes européennes.
Ce qui veut dire : interdiction de laisser la moindre carcasse aux
vautours .
Conséquences
: les vautours trop nombreux et devenus familiers des hommes, n'ont
plus de carcasse d'animaux morts à se mettre sous le bec. Que
peuvent-ils faire ? Se laisser mourir de faim ? Ou chercher autre chose,
s'adapter ?
Là où
le vautour attendait que la vache libère son placenta après
la mise bas, pour s'en régaler, désormais il attaque le
veau à peine sorti du ventre de sa mère et s'ils sont
nombreux, la mère y passe aussi ! " ..La vache était
affaiblie par la mise bas
" disent certains experts !
D'autres disent " ..l'éleveur n'a pas bien fait son travail
"
Merci.
Ces jours-ci, des
personnes " bien intentionnées " voudraient
même opposer les éleveurs entre eux en disant que certains
seraient opposés au nourrissage, alors que d'autres le réclameraient
! Quelle " mesclagne " comme on dit chez nous !
Reprenons un peu
et essayons de comprendre plutôt que polémiquer.
Les vautours sont
affamés parce qu'on a peur qu'ils participent à la contamination
de la " vache folle ". Mais savez-vous que les virus
et autres microbes ne résistent pas au tube digestif des vautours
? Exemple : la chaîne de contamination de la rage est interrompue
par la digestion du vautour
Alors quel scientifique
a démontré que la " vache folle " résiste
à la digestion du vautour ? Personne, mais on interdit de laisser
l'équarrissage aux vautours. Allez comprendre !
Su le plan écologique,
on marche sur la tête :
- L'équarrissage,
ce sont des camions qui roulent toute la journée pour prendre
1 carcasse par ci, une par là et les amener à 200 km
dans un grand four à gas-oil
avec quel bilan carbone
?
- L'équarrissage
c'est la fin des cadavres pour le vautour,
c'est la fin du
vautour nécrophage
- tant qu'un dialogue
réaliste ne sera pas installé nous ne payerons pas la
cotisation volontaire obligatoire sur l'equarissage.
Alors nous,
éleveurs, on est tous d'accord :
- Pas de nourrissage
avec des masses de carcasses mises à disposition des vautours
régulièrement et toujours au même endroit. Faire
ça, c'est fixer les vautours en un lieu, augmenter leur reproduction
et les rendre encore plus familier des hommes.
- Retrouvons
l'équilibre : que les scientifiques nous démontrent,
ou nous rappellent, que rien ne survit à la digestion des vautours
et donc qu'aucune contamination sanitaire n'est transmise par le vautour.
A partir de là, que les pouvoirs publics nous redonnent
l'autorisation de laisser nos quelques rares cadavres de brebis,
vache ou autre en pitance aux vautours, pour que eux aussi puissent
vivre et nous aider, sans dépenser ni carbone, ni euros.
En attendant que
l'équilibre revienne, nous voulons :
- Que nos pertes
démontrées nous soient dédommagées
: qui accepte de perdre 2.500 euros (1 veau et sa mère) ?,
- Que le Parc
National des Pyrénées et l'Office National de la Chasse
et de la Faune Sauvage s'occupent de suivre les vautours plutôt
que nous dire comment élever nos bêtes et qu'ils écartent
de nos troupeaux les vautours qui se sont mis à aimer la viande
fraîche.
Si chacun fait
son travail correctement, sans vouloir s'imposer aux autres, il n'y
aucune raison pour que l'entente ne revienne pas.