Salon agricole particulièrement consacré aux herbivores,
aux races à viande et laitières, le Sommet de l'Elevage
est le deuxième rendez-vous agricole français et réunit
tout ce qui compte dans l'agriculture de montagne.
Son président
Roger Blanc l'a rappelé dans son allocution jeudi matin: Jacques
Chirac, venu inaugurer dans la matinée la 15e édition
du Sommet de l'Elevage à Cournon-d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme,
est l'"un des pères de la politique de montagne", qu'il
a créée alors qu'il était ministre de l'Agriculture
en 1972.
Cette politique
basée sur des indemnités compensatoires des handicaps
naturels, que sont notamment la montagne et le climat, a été
par la suite reprise au niveau européen. Mais cette politique
"s'essouffle", regrette Roger Blanc, "avec la disparition
de certaines aides, comme les aides à la collecte".
Le président
de la République s'est voulu rassurant jeudi en affirmant qu'il
fallait "tenir compte des spécificités de l'agriculture
de montagne". "L'indemnité compensatrice des handicaps
naturels a cru de 30% depuis 2002", a rappelé Jacques Chirac,
avant d'ajouter, un peu vague: "j'ai demandé un effort supplémentaire
en 2007 pour les zones de montagne".
L'agriculture de
montagne concerne 120.000 exploitations essentiellement installées
dans le Massif central. "C'est la montagne à vaches",
explique Jacques Chazalet, président la Fédération
régionale du syndicat d'exploitation agricole du Massif central
(FRSEA). A la différence des Alpes, la montagne est habitée
dans le Massif central de façon permanente. Les exploitations
sont en altitude et non pas dans les fonds de vallée comme dans
les Alpes. Cette implantation augmente de façon importante les
coûts de production et les coûts de transport".
"Produire
du lait et de la viande à 1.200m d'altitude coûte beaucoup
plus cher que d'en produire en Normandie", renchérit Pierre
Chevalier, président de la Fédération nationale
de la viande bovine (FNVB).
Avec ses 900 exposants,
1.700 animaux et les 75.000 visiteurs, le Sommet de l'Elevage est devenu
au fil des années l'épicentre de l'agriculture de montagne.
Après la visite du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin il y
a deux ans, la visite de Jacques Chirac était très attendue
par le monde agricole de la montagne. "Avec ses positions incisives
qu'il a toujours tenues concernant l'agriculture, Jacques Chirac est
certainement quelqu'un qui a énormément marqué
la politique agricole de la France", commente Pierre Chevalier.
AP
Source
: Boursorama
du 5 octobre 2006