Les agriculteurs des Hautes-Pyrénées manifestent contre les contraintes environnementales

Demain, vous ne mangerez plus français ! Continuez à soutenir les agriculteurs en consommant local !

 

 


Alors que la France n’est pas autosuffisante pour satisfaire ses consommateurs, que l’on nous conseil avec beaucoup de conviction de consommer français, qu’il faut réduire l’empreinte écologique en favorisant les circuits cours, etc…. Les contraintes environnementales ne cessent de s’accroître en ayant pour conséquence la réduction de production et l’augmentation des prix. Les syndicats agricoles : "STOP aux contraintes agro-environnementales pour pouvoir produire français demain"



Expression d’un ras le bol

Unanimement les Jeunes Agriculteurs (JA) des Hautes-Pyrénées qui incarnent l’avenir avec leurs ainées de la FDSEA 65, sont venus à Tarbes au rond-point de l’autoroute d’Ibos exprimer leur mécontentement et leur ras le bol. Par la même occasion, ils ont distribué des pommes, « la dernière production française », aux automobilistes tout en les sensibilisant à leurs problèmes. Si demain, il n’y a plus d’agriculture en France, que mangerez-vous ? Des produits venus d’ailleurs sous quels contrôles sanitaires de production ? Et à quel prix ? Dans quelles conditions d’approvisionnement. Ce jeudi soir, il suggérait aux consommateurs d’acheter local et non des produits venus de l’autre bout du monde.

Les agriculteurs lancent un cri d’alarme

Les contraintes sont multiples. Elles sont administratives, réglementaires, législatives avec des contrôles quasi permanents tels qu’un commerçant ou un artisan ne peut pas connaître. Ça va du curage d’un fossé, l’entretien d’un bord de rivière, d’un torrent ou d’un simple ruisseau, de la taille des haies ou l’élagage de certains arbres aux produits phytosanitaires les plus divers qu’il s’agisse de culture céréalière ou d’élevage et des conditions de leur utilisation selon la vitesse ou l’orientation du vent, avec ou sans pluie, le pourcentage de pente, le maintien de bandes enherbées, etc…. Sans parler des prédateurs tels que l’ours, le lynx, bientôt le loup ou encore, fait décrié par les écologistes, les attaques de vautour dont la présence n’est plus limitée à la montagne mais viennent jusque dans la plaine d’Ossun.

Les nouvelles mesures préconisées par le gouvernement, notamment pour l’épandage à proximité des habitations entrainerait dans le seul département des Hautes-Pyrénées la perte de 80 000 hectares mais aussi 12 000 emplois, 3000 fermes condamnées. Un exemple : un maraicher d’Odos qui fournit une production de qualité en vente directe avec une exploitation de 50 ha serait dans l’obligation matérielle et non administrative, de fermer ses portes et de laisser son terrain en friche ou, à la rigueur, élever des moutons si l’odeur ne gêne pas les voisins. C’est toute la problématique du foncier agricole qui ne fait l’objet d’aucune gestion sérieuse que ce soit en plaine ou en montagne.

La question est : s’agit-il d’un problème lié à l’agriculture ou un problème lié à l’urbanisation ? Au lieu de s’attaquer à l’agriculture, ne serait-il pas plus logique de s’attaquer à la cohérence des permis de construire manifestement délivré n’importe comment par de nombreux élus au détriment de l’agriculture ?

 

Les prédateurs

Avec seulement un à 2 ours au milieu des troupeaux du département, c’est la production de plusieurs exploitations qui est perturbée de manière significative. Nos ancêtre n’ont jamais su trouver la solution de la cohabitation / coexistence. Ils en avaient conclu, dès Charlemagne, à la nécessité d’éliminer les grands carnivore en instituant le corps de lieutenants de louveterie. L’éradication, c’est-à-dire l’accomplissement du travail qui leur était assigné pour le bien-être de la population, fut réalisé au 19ème siècle. Aujourd’hui, on veut réintroduire ces prédateurs au motif que l’on a LA solution pour cohabiter selon ceux qui n’auront jamais le souci de devoir cohabiter. Le problème est que si on a LA solution personne n’a su l’appliquer. Aujourd’hui, comme hier depuis la nuit des temps, les pouvoirs publics se trouvent démunis et totalement incapables d’assumer leurs obligations de protection des troupeaux (article L 113-1 du Code Rural). Face à cette situation, les éleveurs ne devront-ils pas se prendre en main et faire le travail que les fonctionnaires sont incapables de faire ? C’est le sens des propos de Sylvain Broueilh, Président de l’AOC / AOP mouton de Barèges-Gavarnie.

Les éleveurs de montagne rappellent que c’est l’homme qui entretien la nature et que c’est grâce à leurs troupeaux que les éleveurs préservent chaque jour ces petits coins de paradis où il fait bon venir se ressourcer.

Louis Dollo, le 26 juin 2014


Communiqué de presse des JA 65 et FDSEA 65

Demain, vous ne mangerez plus français !

Continuez à soutenir les agriculteurs en consommant "local" !

Les contraintes administratives et règlementaires s’additionnent chaque jour ; pas une semaine sans une « innovation » qui est un boulet de plus et un frein au « made in France ». Il faut que cela s’arrête immédiatement ! Le Gouvernement prône le « made in France », le produire et consommer français, mais à ce rythme les producteurs arrêteront les uns après les autres. Rien n’est fait pour protéger l’agriculture française, bien au contraire tout est fait pour l’anéantir. L’agriculture est un secteur économique essentiel pour notre département, notre région et pour notre pays ! Nous estimons une perte de plus de 80 000 hectares de terres agricoles pour notre département des Hautes-Pyrénées si l’amendement visant l’interdiction de tout épandage à moins de 200 mètres des habitations est adopté.

Avec une moyenne de 25 hectares par exploitation, c’est plus de 3 000 fermes condamnées à disparaitre sur les 5 000 que compte notre département. Mais c’est aussi plus de 12 000 emplois indirects menacés. Toute l’économie départementale serait touchée et viendrait à être totalement bouleversée.

Les agriculteurs français sont des gens responsables : ils veulent valoriser la production de leurs territoires et de leurs filières ; ils veulent répondre aux besoins diversifiés des consommateurs ; ils savent produire en respectant l’environnement par leurs bonnes pratiques, par le progrès technique et agronomique et avec du bon sens. Pourquoi s’évertuer à rajouter de nouvelles contraintes sur l’usage des phytosanitaires alors que les agriculteurs sont de plus en plus professionnels et rigoureux dans leurs pratiques ? On sur-transporte les règles européennes en transformant tout projet d’installation en parcours du combattant ! On protège, nourrit et prend soin des ours, vautours,… même lorsque les animaux meurent de leurs attaques !

Nous sommes tous conscients que le ras le bol des contraintes agro-environnementales et administratives est inaudible pour nos concitoyens. Il y a une vraie menace due aux excès de réglementation. Ce que Jeunes Agriculteurs Hautes-Pyrénées (JA65) et la FDSEA 65 dénoncent, c'est l'empilement des contraintes !

Face à ce triste constat, JA65 et FDSEA 65 demandent :

  • le retrait de l’amendement sur la loi d’avenir agricole relatif à l’interdiction d’épandage à moins de 200 mètres de toute habitation,
  • la simplification administrative et règlementaire pour redonner de la compétitivité à nos exploitations,
  • la pérennité des produits agricoles de qualité « made in France »,
  • la régulation de la population de vautours,
  • le retrait de tous les ours, dont la présence est incompatible avec le pastoralisme,
  • à être davantage consulté et écouté dans les processus législatifs ayant un impact sur les pratiques agricoles.

 

 

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