L'agriculture face à l’arbitraire écologique du Conseil Economique, Social et Environnemental

 

L’arbitraire environnemental n’est pas nouveau. C’est même une culture chez les environnementalistes pour ne pas dire un dogme depuis la naissance de de l’écologie politique sur les bases d’une idéologie peu recommandable des années 1930.

Pour ces idéologues de l’écologie, l’homme est l’intrus, source de tous les maux de la planète. L’agriculture est, à leurs yeux, pire que tout. Que l’on en trouve au sein du Conseil Economique, Social et Environnemental n’a rien d’anormal. Et encore, comme ici, doit-on les remercier de n’avoir que négliger l’existence de l’agriculture. Nous aurions pu imaginer une critique pointant de l’index tous les efforts entrepris par les agricultures pour réduire leur emprunte écologique.

 


L’agriculture mise au placard par le COnseil Economique, Social et Environnemental - Cese

Le Conseil économique, social et environnemental s’est penché sur l’efficacité et la transition énergétique à l’horizon 2050. Les deux rapports que les membres du Cese ont remis aux ministres du Logement et de l’Environnement ont quasiment passé l’agriculture à la trappe.

Le Conseil économique, social et environnemental, présentait le 8 janvier 2013 au Gouvernement deux avis sur deux thématiques liées, pour lesquelles il s'était auto-saisi : d'une part l'efficacité énergétique à l'horizon 2020 et, d'autre part, la transition énergétique à l'horizon 2050.

Le secteur agricole, comme le rappelle Jacky Chorin, le rapporteur au Cese sur l'efficacité énergétique, ne représente que 3 % des consommations finales d'énergies.

Est-ce cette faible proportion dans la consommation énergétique française qui aurait justifié que l'agriculture passe à la trappe dans ces deux rapports ? Car force est de constater que le secteur agricole est quasiment absent dans l'argumentaire des quatre rapporteurs de ces avis.

Bien loin des 100.000 diagnostics énergétiques

Sur la question de l'efficacité énergétique à l'horizon 2020, Anne de Bethencourt et Jacky Chorin n'ont consacré qu'un peu plus d'une page à l'activité agricole, sur la soixantaine que compte leur rapport.

Les deux rapporteurs se sont focalisés sur les objectifs du plan de performance énergétique des exploitations agricoles et, plus largement, ceux du Grenelle de l'environnement : aboutir à l'horizon 2013 à 30 % d'exploitations à faible dépendance énergétique, et réaliser, toujours d'ici 2013, 100.000 diagnostics de performance énergétique.

2013, justement, nous y sommes ! Et de toute évidence, les objectifs rappelés ne seront pas atteints dans les douze mois qui viennent. Fin 2011, lors du bilan d'étape du plan de performance énergétique, le ministère de l'Agriculture chiffrait à seulement 9.000 le nombre de diagnostics réalisés. Fin 2012, le compteur devait, au mieux, se situer autour de 15.000, bien loin de l'objectif initial. Le Cese a ainsi montré les limites de sa réactivité.

Par ailleurs, la proposition du Cese d'intégrer « les objectifs de réduction de consommation d'énergie dans les mesures du deuxième pilier de la prochaine Pac, afin de favoriser la diffusion des pratiques les plus économes pour chaque production » peut laisser les agriculteurs dubitatifs, à l'heure où la question du budget européen laisse en suspens l'évolution des mesures actuelles du deuxième pilier.

Quid de l'avenir des biocarburants de première génération

Quant à la transition énergétique à l'horizon 2050, Jean Jouzel et Catherine Tissot-Colle n'ont tout simplement évoqué ni les opportunités pour le secteur agricole, ni la participation des agriculteurs dans cette transition. Une absence qui tranche avec les ambitions affichées en 2005 pour le secteur agricole à travers le développement des biocarburants.

A l'époque, des agréments supplémentaires avaient été accordés pour développer la production de biocarburants, ces derniers devant prendre une part plus importante du mix énergétique français. Huit ans plus tard, le large chapitre du rapport consacré sur ce mix énergétique n'a pas examiné l'avenir des biocarburants de première génération, ni même l'utilité, ou non, de développer les biocarburants de seconde génération.

Source : TNC / Agrisalon du 14 janvier 2013

 

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