Expliquer l'agriculture de montagne

 

De nombreuses incompréhensions apparaissent souvent par le manque d'informations et d'explications. Cette situation est parfois source de conflits entre gens des villes, des campagnes ou des montagnes. Les personnes qui ne sont pas directement impliquées, savent rarement comment fonctionne l'agriculture de montagne d'autant que ce fonctionnement peut être trés différent d'une vallée à l'autre en fonction de son milieu, de ses pratiques, de ses uses et coutumes, du type d'élevage et de la race des bêtes. Il ne s'agit même plus d'une opposition ville - montagne. Il y a des résidents permanents dans des villages qui ignorent tout du fonctionnement pastoral et même de la fabrication des produits qu'ils mangent tous les jours.
Il semble donc indispensable aux éleveurs et autres acteurs de la montagne d'expliquer et montrer leur travail, les raisons de leurs choix, les produits qu'ils proposent, la gestion du milieu naturel, etc… pour se faire comprendre du grand public qui, parfois, est leur voisin.

 

   

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Pastoralisme et agriculture de montagne

La ferme Pays Basque s´apprête à s´installer au coeur de Bayonne


Lurrama, véritable salon de l’agriculture du Pays Basque nord, tiendra sa première édition dans un mois à Bayonne

Des dizaines de brebis, vaches, ânes ou poules, des rangées de blocs de foie gras, saucissons ou légumes bio, des débats sur la gestion de la montagne, des stands sur la ressource en eau ou sur les liens paysans-consommateurs, des pintxo à toute heure, la palette d’animations proposées par Lurrama, la ferme Pays Basque semble bien prometteuse. On pourra juger sur site dans tout juste un mois puisque le premier salon de l’agriculture du Pays Basque nord ouvrira ses portes du 2 au 5 novembre prochain à Bayonne. L’événement a été imaginé et conçu par Euskal Herriko Laborantza Ganbara (EHLG) et mis en ¦uvre par l’association Lurrama. Le conseil d’administration de ce "réseau de partenaires" comprend, outre quelques membres de EHLG, Chantal Torre (Hemen), Jean-Marie Mailharro (Office Tourisme Garazi-Baigorri), Denis Brillant (artisans bouchers de Bayonne), Pantxoa Bimboire, André Olhagaray, entre autres.

Ce rendez-vous agricole au c¦ur de Bayonne a pour objectif de "renforcer les liens entre ville et campagne".

"Nous voulons montrer une vision globale de l’agriculture à travers ses productions mais aussi ses enjeux comme l’emploi, l’environnement, la cohabitation avec les autres activités..." a expliqué Beñat Molimos, éleveur à Bunus et membre de Lurrama.

"L’événement se veut ouvert, ludique, festif et surtout pédagogique. Le but n’est pas de montrer la plus belle vache mais la façon dont fonctionne l’agriculture du Pays Basque et les démarches qui la tirent vers le haut", a ajouté Maryse Cachenaut.

La mairie de Bayonne est partenaire de l’opération. "Ce n’est pas parce que l’on peut craindre un procès de certains disant que nous sommes favorables au travail d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara qu’il ne fallait pas soutenir un tel projet", a argumenté Jean-René Etchegaray, premier adjoint au maire de Bayonne, au nom de Jean Grenet. Interrogé sur les pressions qu’aurait pu subir la municipalité pour ne pas collaborer au projet, J.-René Etchegaray a concédé qu’il avait fallu "agir avec doigté" et "donner des gages pour que cette manifestation n’aille pas vers des glissements politiques".

"Mais eu égard aux interlocuteurs qui sont les nôtres, nous n’avons aucune crainte à ce sujet", a ajouté le premier adjoint.

La municipalité a donc mis à disposition des organisateurs la toute nouvelle Maison des Associations de Glain. Le bâtiment abritera quatre des cinq pôles qui composeront le salon. Les animaux, eux, seront exposés sous un chapiteau de 350 m2, installé à l’extérieur.

Une bonne partie du salon sera consacrée à un grand marché fermier où, en plus des dégustations et ventes de produits fermiers et biologiques, des stands d’information éclaireront les visiteurs sur les distinctions AOC-IGP-Label rouge-fermier-bio ainsi que sur les grands dossiers liés à l’agriculture locale.

Une importance particulière sera également donnée aux enfants qui auront leur propre espace avec structures gonflables et balades à dos d’ânes mais aussi avec des chasses au trésor à base de questions sur l’agriculture et l’alimentation dont ils pourront trouver les réponses en questionnant les agriculteurs du salon.

Quatre grands débats ponctueront aussi les quatre jours du salon. Enfin, le côté festif sera omniprésent avec la participation de txaranga, des groupes de danse du BAB, des peñas de Bayonne, du Dantzazpi, de Baiona Kantuz et bien d’autres.

Les grands chefs prêtent main-forte
"En cohérence avec les objectifs du projet, l’offre en matière de restauration fait l’objet d’une attention toute particulière" ont avancé les organisateurs en précisant qu’ils n’oubliaient pas la dimension populaire de l’événement. Repas, sandwichs et pintxo seront donc tous élaborés à partir de produits locaux ou issus du commerce équitable, pour des prix allant de 3 à 10 euros. La journée du dimanche sera l’occasion d’un repas plus gastronomique auquel participeront douze chefs cuisiniers du Pays Basque (Firmin Arrambide, Pierre Chilo, Jean-Claude Tellechea, Jean-Marie Gauthier...). 700 convives pourront y goûter. Les tickets (25¤) sont déjà en vente à Elkar (Bayonne), Kukuxka (Garazi) et Herri Ekoizpenak (Mauléon).

Source : Le Journal du 4 octobre 2006

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Ovins : Brebis cherchent éleveurs


Seulement 40 % de la viande d’agneau consommée en France est d’origine nationale. Avec 124 700 tonnes équivalent carcasse (tec), la production française ne couvre pas la consommation intérieure qui est de l’ordre de 252 700 tec. Le taux d’auto-approvisionnement se maintient aux alentours de 50 % contre près de 75 % au milieu des années 80. Malgré ce réel potentiel de développement, la production ovine européenne est à la baisse : - 2,5 % en 2006. De ce fait, les pays tiers de l’hémisphère sud comme l’Argentine, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande qui voit son cheptel reproducteur augmenter de 3,20 % depuis le début de l’année, devraient accroître leur offre sur le marché européen. Cette offre supplémentaire (essentiellement des produits congelés : + 30 % sur un an) pourrait entraîner une baisse du prix au kg pour les producteurs. Des problèmes sanitaires, les sécheresses à répétition et surtout le découplage total ou partiel de la prime à la brebis dans le cadre de la réforme de la Pac engagée depuis 2005 pour certains pays dont le Royaume-Uni et l’Irlande, fer de lance de la production européenne, provoquent aujourd’hui un net recul des effectifs reproducteurs. Pourtant, les techniques d'élevage ont fait un bond en avant améliorant l'efficacité et les conditions de travail. La filière se mobilise afin de relancer la production. Une charte interprofessionnelle de relance de la production ovine a été signée pour encourager l’installation de nouveaux éleveurs, développer la production dans les élevages existants et reconquérir des parts de marché en faveur de l’agneau français en développant les appellations régionales.
200 brebis pour 1 UTH
Le cheptel a diminué de plus de 30 % depuis 1981. Les diminutions d’effectifs ont été plus importantes dans les systèmes viande :
- 12 % sur 5 ans. Ce sont les bassins traditionnels du centre et dans une moindre mesure du sud de la France qui sont les plus touchés. À l’inverse, les élevages laitiers résistent mieux avec une stagnation des effectifs sur un an et en augmentation sur les 5 dernières années (+ 2 %). L’activité laitière représente le quart des effectifs. Au total, depuis 15 ans le nombre des exploitations ovines au niveau national a diminué de plus de 50 %, et ce phénomène pourrait s’accentuer dans les années futures car 60 % des exploitants ovins ont 50 ans et plus aujourd’hui. Parallèlement, la concentration est en marche et les augmentations de la taille moyenne des cheptels sont sensibles. Aujourd’hui, 79 % des élevages laitiers et 61 % des élevages de viande comptent au moins 200 brebis, ce qui constitue le seuil de la taille optimale pour 1 UTH. En termes de localisation de la production, six régions (Midi-Pyrénées, Paca, Aquitaine, Poitou-Charentes, Limousin, Auvergne) se partagent la majorité du cheptel ovin français. Si les races à viande sont présentes un peu partout sur le territoire, on distingue deux zones à vocation laitière plus marquée : la région de Roquefort et l’ensemble des Pyrénées.

Prix stables
Côté prix, on note une différence dans leur évolution selon le stade de commercialisation, et ceci depuis plusieurs années de suite. En effet, selon l’Insee, le prix moyen de la viande ovine à la consommation a augmenté de 2,3 % par rapport à 2004 alors que dans un même temps, la cotation moyenne établie par l’Ofival se maintenait à 4,82 € par kg avec des pics saisonniers importants (période pascale, période du Ramadan et fin d’année). Le chiffre d’affaires des élevages ovins est stable sur l’année 2005. Cette stabilité s’explique principalement, d’une part en raison des niveaux de ventes réalisés, or le prix moyen au kg est resté stable, et d’autre part, en raison du maintien des primes ovines communautaires. Dans ce contexte de stabilité des prix, l’amélioration de la rentabilité des élevages ne peut passer que par une rationalisation des charges. Pari réussi puisque les gains de productivité se sont traduits en 2005 par un Excédent brut d'exploitation (EBE) en augmentation à 103 € par brebis contre 97 € en 2004. Le net redressement de la situation financière devient perceptible : le fonds de roulement couvre largement les stocks circulants malgré un taux d’endettement à la hausse suite aux investissements réalisés pour améliorer les conditions de travail et pour se mettre aux normes.

Auteur : Stéphane Laizin
Source : Cogedis / Le paysan breton du 5 janvier 2007

Observation : "Zones à vocation laitière : ensemble des Pyrénées"

Voir mentionner dans ce texte que l'ensemble des Pyrénées a une vocation laitière marqué reléve d'une totale méconnaissance des types d'élevages pyrénéens y compris dans les revues propres à l'agriculture.

Il semble qu'il y ait un gros travail de communication à faire de la part des éleveurs pyrénéens pour expliquer leur travail et ceci à tous les niveaux de la filière ovines. Il faut aussi bien marquer les différences au seins des Pyrénées et incister sur le fait que 450 km de chaîne de montagne ne sont pas uniforme, loin de là.

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