Estives et prairies de fauche

 

Outre le fait que pour le pastoralisme les estives et les prairies de fauche sont la base alimentaire des troupeaux, elles sont aussi la source d'une biodiversité remarquable tant pour le vivant végétal qu'animal. Leur préservation est essentielle et leur existence n'est due qu'à la présence des animaux d'élevage dans leur diversité et leur spécialité alimentaire qu'il s'agisse des ovins, bovins, caprins ou équidés.
Les techniques de gestion de l'herbe en fonction des types et races d'élevage, des saisons, des modes d'exploitation, de l'altitude, du versant, des particularisme du terrain et de la flore qu'il recèle, sont à prendre en compte pour la gestion des écosystèmes dont certains sont connus depuis des millénaires par l'observation des comportements de la nature et des bêtes.


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Les surfaces de pâturages permanents augmentent en 2007 en France


Alors que les surfaces cultivables en France diminuent de 66 000 ha tous les ans, selon une information d'Argrisalon.com, en France, les pâturages permanents ont augmenté entre 2005 et 2007 : sur la base desdéclarations de surfaces des agriculteurs, ils atteignent cette année 8.109.165 hectares,contre 8.065.063 hectares en 2005 (soit une progression d’environ 44 000 hectares).

La part des pâturages permanents dans la surface agricole utile (SAU) s’établit donc à 29,76% en 2007, contre 29,66% en 2005.

Compte tenu de cette progression, aucune mesure particulière de gestion concernant les prairies permanentes ne s’impose aux agriculteurs français pour 2008 indique le Ministère dans un communiqué.

A noter que les estives pyrénéennes comme les alpages alpins font partie des "prairies permanentes".

Pour information, dans les Hautes-Pyrénées, département de montagne, il y a 220 700 ha de SAU et 147 800 ha d'estives de montagne pratiquement toutes soumises à des régles de protection diverses (Parc National, Natura 2000, etc...) et dans un excellent état de conservation favorable au développement de la biodiversité.

Référence : AgriSalon.Com du 30 novembre 2007

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Prairies de moyenne montagne - Rotation et allongement de la saison de pâturage favorables à la biodiversité


La préservation de la biodiversité, reconnue comme un enjeu majeur pour les exploitations, est désormais prise en compte pour l’attribution de la nouvelle prime herbagère agro-environnementale. Chaque mode de conduite influant sur la biodiversité, les chercheurs s’intéressent aux pratiques favorisant cette biodiversité. Ainsi l’allongement de la saison de pâturage et la rotation « aménagée » participent à préserver ou augmenter la biodiversité des prairies.

« L’action du pâturage des herbivores sur la structure et la biodiversité des couverts prairiaux est majoritairement liée à leur prélèvement », présente Bertrand Dumont (Inra – Unité de recherches sur les herbivores de Theix (63)). Préférence alimentaire, quantité ingérée, piétinement, répartition des déjections, participent ainsi aux évolutions du couvert. L’espèce ruminante (ovin, bovin, équin, ..) mais aussi la race va influer sur l’évolution de la prairie. De la même façon, le type de prairie, le mode de conduite et d’exploitation des parcelles ont des impacts sur la richesse de la prairie. Certaines études mettent en évidence que « le nombre d’espèces est plus élevés dans les parcelles pâturées que dans les parcelles fauchées », rapporte Bertand Dumont. Ainsi une modification du mode d’exploitation peut avoir des conséquences explique le spécialiste. « En zone de montagne, le développement des techniques d’ensilage et d’enrubannage accompagné d’une augmentation de la fertilisation azotée a permis d’avancer les dates de fauche d’au moins un mois. L’exploitation des parcelles a lieu bien avant la période de floraison de la plupart des espèces, ce qui réduit à terme leur production de graines et la diversité floristique du milieu ». A plus long terme, cela entraîne « une banalisation du paysage avec la disparition progressive des prairies fleuries et colorées du début d’été »

Allonger la saison de pâturage
Le chargement d’une parcelle a aussi des effets qui s’expliquent par « la biologie des insectes et leurs habitats préférés ». Ainsi explique Bertrand Dumont, « les papillons, les sauterelles et les criquets bénéficient d’un microclimat et de ressources alimentaires plus abondantes dans l’herbe haute, y sont mieux protégés des prédateurs et y subissent moins les effets directs du pâturage ». On comprend mieux alors l’effet du chargement sur l’évolution de l’abondance des plantes à fleurs. Si réduire le chargement peut paraître une solution à envisager, l’impact sera très différent en fonction de la manière dont le chargement allégé sera appliqué.

L’allongement de la saison du pâturage est une possibilité intéressante. Des études montrent qu’« en situation de faible chargement, l’allongement de la saison de pâturage au-delà de la période de végétation active permet de valoriser les excédents de végétation non consommés et de réduire le coût alimentaire d’entretien hivernal des animaux ». L’effet est comparable à celui d’un déprimage en début de printemps et d’un nettoyage du couvert en fin de saison, explique Bertrand Dumont. Utiliser des animaux à faibles besoins pour ce « nettoyage » des prairies sous chargées à l’automne paraît intéressant note le spécialiste qui cite une étude visant à comparer les choix alimentaires de vaches Salers selon leur stade physiologique, taries ou en lactation. Elle a montré « que les vaches taries acceptaient plus facilement de se reporter sur l’herbe sèche de moindre qualité en fin de saison ».

Raisonner à l'échelle de l'exploitation ou de de la petite région agricole
Ces différentes observations font dire au chercheur que la préservation de la biodiversité doit se raisonner à l’échelle de l’exploitation voire de la petite région agricole, tenant compte des usages intensif ou non qui peuvent être faits des différentes parcelles. Différentes études montrent que le maintien d’une diversité d’utilisation des surfaces d’une même exploitation est plutôt favorable à la biodiversité. Une logique à conserver à l’échelle des petites régions agricoles, souligne Bertrand Dumont qui estime que « l’uniformisation des pratiques et des exploitations à l’échelle régionale est vraisemblablement une menace bien plus importante pour la biodiversité que l’intensification locale de certaines parcelles ».

L’enjeu de la biodiversité devient de taille conclut le spécialiste puisque l’attribution de la nouvelle prime herbagère agro-environnementale (Phae 2), est basé sur l’engagement unitaire « maintien de la richesse floristique d’une prairie naturelle ». « L’outil d’évaluation de la biodiversité sera en effet basé non plus sur une obligation de moyen (e.g. le respect d’une norme de chargement) mais sur une obligation de résultat en terme de qualité écologique (De Sainte Marie et Mettelan, 2006). Ainsi, quelles que soient les pratiques mises en œuvre par l’éleveur, au moins quatre plantes indicatrices issues d’une liste préparée en concertation au niveau régional devront pouvoir être trouvées dans ses parcelles afin qu’il puisse toucher la prime escomptée ».

Auteur : Béatrice Colleu
Source : Web-agri du 26 décembre 2007

N.B : Source : « Pâturage et biodiversité des prairies permanentes», par Dumont B. (1), Farrugia A. (1), Garel J.P. (2)
(1) INRA, Unité de recherches sur les herbivores, Theix,
(2) INRA, Unité expérimentale de Marcenat,

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