Le pastoralisme dans les Pyrénées

 

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Le pastoralisme dans les Pyrénées n'est pas unifié. C'est une mosaïque de coutumes, de méthodes, de cultures très diversifiées d'un bout à l'autre de la chaîne et du Nord au sud. Une diversification qui peut être très importante d'une vallée à l'autre selon que l'on fait du fromage ou non, telle ou telle espèce de brebis, du bovin ou de l'équidé, etc…
Le Pays-Basque n'est pas comparable à la Catalogne qui sont encore très différents de la Bigorre ou de l'Aragon.

Experts et expertises : conseils aux éleveurs


Les associations de protection du pastoralisme
Animaux débroussailleurs
Les clôtures
Tourisme, randonneurs et chiens de protection
Transport dans les estives des Pyrénées

Pastoralies

Transhumance et randonnées pastorales

Transhumances dans les Pyrénées

L’agriculture dans l’Union européenne Informations statistiques et économiques
La Fièvre catarrhale ovine
FCO
L'équarrissage naturel par les rapaces
Pastoralisme en Espagne
Nos paysans aiment leurs bêtes

Rencontres Pyrénéennes des Territoires et des Savoirs 2013
" Au fil du lait "
J eudi 14 novembre 2013 - Salle des Fêtes à Pierrefitte-Nestalas – Hautes-Pyrénées
Le Salon de l'Agriculture de Tarbes
La compensation agricole et écologique
Grands prédateurs et pastoralisme : Scientifiques, chercheurs, intellectuels indépendants

 

Les organismes intervenants dans le milieu pastoral pyrénéen (incomplet - en consruction)
Informations diverses, témoignages, etc...
La Télé Agricole
La ruralité ou la vie dans les villages des Pyrénées
Expliquer l'agriculture de montagne
Ours, pastoralisme, mensonges, manipulation et haine..... en vidéo
Vidéo : Les bergers parlent....
Pastoralisme de montagne et environnement
Sécurité, accident, secours des bergers

 


Le bien être animal
Animal et société

Chambres d'Agriculture et syndicats agricoles majoritaires pour la biodiversité en zone d'élevage

Les syndicats agricoles

La santé des éleveurs et bergers
Rencontres Pyrénéennes des Territoires et des Savoirs 2013
" Au fil du lait "
J eudi 14 novembre 2013 - Salle des Fêtes à Pierrefitte-Nestalas – Hautes-Pyrénées
Mobilisation contre la prédation sur les élevages des Pyrénées à Foix le 28 juin 2014

 

Quelques sites et liens à connaître

 

 

 

   

Accueil du Monde des Pyrénées

 

Bibliographie


Pastoralisme en vallée d'Ossau

Pierre Coudouy présente une double page sur la vie pastorale dans les Pyrénées ossaloises, dans le N°3 (Octobre/Novembre) d'Objectif Photos (en vente partout).
Version légère à télécharger en Pdf (400 Ko)
Graphisme et illustration de la page : Carine Fleurent

Pierre Coudouy
photographe de reportage
10, av. Eglise St Joseph
64000 Pau
Tel : 06 83 26 06 35
Mail - Web

Les groupements pastoraux


Les groupements pastoraux regroupent les éleveurs d'une vallée ou, plus précisément, d'un espace montagnard en vue, principalement, de la gestion d'une ou des estives. Le mode de fonctionnement est parfois très ancien mais toujours sur un modèle démocratique très développé.
Les fonctionnements ne sont pas les mêmes de la Soule (Pays-Basque) à la Catalogne. Tout dépend de leur histoire, du contexte géomorphologique de la vallée, du type d'élevage, des accords transfrontaliers (fait dons appel à l'histoire jusqu'au Moyen Âge), de la gestion de l'herbe et de l'eau (sources) et des modes de transhumances passés et présents.
Ces groupements sont nombreux, bien organisés, connaissent parfaitement leur territoire jusqu'au moindre détail, sont reconnus depuis toujours par toutes les instances agricoles, toutes les collectivités locales mais également par tous les éleveurs et bergers.
Ils sont donc l'élément incontournable et l'interlocuteur privilégié des estives.

Certains de ces groupements sont propriétaires des terrains, gèrent les cabanes et tous les investissements, les chemins y compris pour la randonnée et pour certains gèrent les thermes comme à Cauterets.

Il est surprenant que pour la gestion de l'ours et des aides qui lui sont attachées ces groupements soient court-circuités.

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«Le vrai berger aime ses brebis»

REINTRODUCTION DE L'OURS. --Pierre Loustau-Chartez rentre de sa 16e saison d'estive à Arnousse. Cet été, il a encore payé son tribut à l'ours. 17 brebis mortes, deux perdues. Et ce n'est pas Cannelle

« Au début, on était tranquille. Il y avait deux ou trois ours de plus mais ils ne venaient pas de ce côté. Et puis au bout de deux ou trois ans, ça a commencé » : depuis seize ans, Pierre Loustau-Chartez loue la même estive à Arnousse, dans la vallée d'Aspe. Cet été, entre ses brebis et celles d'un autre berger, il en a gardées 850 là-haut, à 1 500 mètres d'altitude. Nuit et jour. La moitié environ sont des laitières qu'il rentre chaque soir. Mais toutes les autres sont des taries qui dorment à la belle étoile.
En septembre, elles étaient dix-neuf de moins à redescendre dans la bergerie de Précilhon. Dix-sept, c'est sûr, ont été victimes de l'ours qui a attaqué par trois fois dans l'été. Deux bêtes, une brebis et un bélier sont en outre déclarés manquants.

Aspe-Ouest. Pierre Loustau-Chartez a eu beau, entre la traite et la fabrication du fromage, arpenter l'estive « cinq heures de marche pour faire le tour et ça grimpe ! » , guetter les vols de vautours, il n'a pas repéré de traces. « L'an dernier, c'est un cueilleur de champignons qui a retrouvé les restes d'une brebis qui avait disparu » : sa cloche roulée dans la peau. Dans ces cas-là, pas question de demander une indemnisation. « Pour être dédommagé, il faut prouver que c'est l'ours », soupire le berger.
Une grosse trace de patte cet été a fait dire au garde national que ce devait être Aspe-Ouest. « L'an dernier, c'était Cannelle. Mais elle attaquait à plus basse altitude et elle était moins gourmande malgré la présence de son petit. Elle ne m'avait pris que quinze brebis ».
Pierre Loustau-Chartez ne cache pas qu'après la mort de la dernière femelle de souche pyrénéenne, il pensait passer un été tranquille. Cela ne fut pas le cas. Certes, « on est dédommagé à la valeur de la bête, mais on a des pertes qui ne sont pas reçues parce qu'on ne peut pas affirmer que c'est l'ours. L'an dernier, j'ai un bélier qui s'est cassé le cou dans le ravin. Je n'ai rien touché, mais pourquoi est-il tombé ? Et puis on sélectionne chaque année les meilleures bêtes, alors, quand l'ours nous en tue, qui va nous revendre de bonnes brebis ? ».

« Dégoûté ».
Mais pour lui, le meilleur argument est encore ailleurs : « Le vrai berger, il aime ses brebis. Il les fait naître, il les élève et quand il les retrouve dévorées, parfois pas encore mortes, croyez-moi, c'est pas beau ». Des images de cauchemar lui reviennent. De bêtes griffées qu'il croit pouvoir sauver et qui décèdent en quelques heures. Il revoit encore celle dont « l'ours avait arraché le pis. L'agneau qu'elle portait lui est sorti par le ventre. Elle est morte le lendemain ».
Dans ces moments-là, cet homme de 61 ans se dit « dégoûté » au point d'« envisager d'arrêter l'estive ». Quand il voit les défenseurs de la réintroduction défiler avec des enfants portant des ours en peluche, il pense à ses agneaux qui, « eux sont vraiment doux comme des peluches ».
Au-delà, ce qui fait mal à Pierre Loustau-Chartez, « ce sont toutes les critiques qu'on fait aux bergers. On nous dit que la montagne ne nous appartient pas. Peut-être, mais nous on paye pour y être et y travailler. On nous dit aussi ce qu'on doit faire comme si on était des imbéciles ».
Parquer toutes les bêtes avec des clôtures électriques ? « On a essayé. Le matin, on en retrouvait deux ou trois qui s'étaient étranglées dans les fils ». Un patou ? J'en ai un. Il m'en faudrait deux sans doute mais, quoi qu'il en soit, un bon patou doit être dressé et méchant. Il risque alors de l'être aussi à l'égard des promeneurs et là, je serais responsable... »

Pas contre l'ours. Pierre Loustau-Chartez a beau réfléchir, il ne voit donc pas de solution. En revanche, il est sûr d'appartenir à « une espèce en voie de disparition ». Son fils travaille sur l'exploitation mais il ne veut pas le remplacer en estive. Il le comprend. « Quand il n'y aura plus de bergers, la montagne deviendra broussailleuse, sale, impraticable et elle brûlera, comme dans le midi ».
On l'a compris, pour lui, il faut choisir entre l'ours et le berger : « Moi, je ne suis pas contre l'ours, je ne lui ai jamais fait ou voulu de mal. D'ailleurs, je ne l'ai jamais vu. Mais je suis contre la réintroduction. La souche pyrénéenne, elle est morte et la Slovénie, ce n'est pas les Pyrénées. Ceux qui sont pour doivent savoir qu'ils ne verront jamais d'ours. Ils sortent la nuit, par temps brumeux. Vous n'entendez que le troupeau qui s'affole et il ne vous reste plus après qu'à chercher les cadavres ».

« Ceux qui sont pour la réintroduction doivent savoir qu'ils ne verront jamais d'ours. »

Auteur : Anne-Marie Siméon
Source : Sud-Ouest du 3 novembre 2005

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Soutien réaffirmé à l'agriculture de montagne


Le soutien à l'agriculture de montagne sera «poursuivi et renouvelé», a annoncé le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau, au 22e congrès de l'Association nationale des élus de montagne.


L'espace montagnard français correspond au quart du territoire national et les actifs agricoles y représentent 10% des emplois, soit le double de la moyenne nationale. « Pour le développement des territoires de la montagne, les activités agricoles et sylvicoles ont un rôle déterminant, comme activités économiques à part entière mais aussi comme outils pour valoriser et préserver les territoires de montagne » a souligné le ministre au congrès de Ax-les-Thermes.

Il a notamment cité le succès du plan de modernisation des bâtiments d'élevage (PMBE) « doté d'une réelle ambition financière et qui s'inscrit dans la durée », avec 200 millions d'euros du ministère de l'Agriculture, plus 100 M€ des collectivités pour 2005-2006. Ce plan, dont l'intérêt est attesté par des « files d'attente », se poursuivra dans le cadre du volet régional de la programmation 2007-2013 de développement rural. Une revalorisation de 5% de l'indemnité compensatrice de handicaps naturels (ICHN) est également prévue, soit 15 millions d'euros de plus qu'en 2006.

L'activité pastorale sera dotée de 70 M€ de crédits publics, dont 14 M€ du ministère de l'Agriculture. Des mesures spécifiques au pastoralisme dans le massif des Pyrénées seront financées à hauteur de 46 M€, la part du ministère de l'Agriculture s'élevant à 10 M€. M. Bussereau a enfin salué la prochaine signature de trois nouvelles chartes forestières de territoire, après celle du massif des Beauges, à cheval sur la Savoie et la Haute-Savoie.

Source : AFP/Pleincamps.com du 31 octobre 2006

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Hautes-Pyrénées : L'exode des paysans s'accélère


La disparition des exploitations agricoles non professionnelles est à l'origine de la forte augmentation du rythme de disparition des exploitations sur le département. Selon la direction départementale de l'agriculture et de la forêt des Hautes-Pyrénées, il n'en restait plus de 5.052 en 2005 contre 6.411 en 2000. Entre 1988 et 2000, le taux de disparition annuel était à -2,6 %. Il est passé à -4,7 % entre 2000 et 2005. Ce taux est nettement supérieur à la moyenne régionale.

Même constat du côté des exploitations professionnelles. Le rythme des disparitions s'est lui aussi accéléré, passant de 0,7 % dans les années « 90 » à 3 % depuis 2000. Une véritable mutation s'est engagée.

Si les exploitations se professionnalisent, leur taille reste faible et augmente peu. En cinq ans, depuis 2000, elles sont passées de 21 à 25 ha. Pour la grande majorité, elles sont principalement dévolues à la culture de céréales (70 % des exploitations) et l'élevage bovin viande. Le troupeau bovin représente 9 % de celui de la région et il est composé de seulement 9 % de vaches laitières. Une exploitation professionnelle sur deux tire son revenu de l'élevage. Si la proportion des exploitations de bovins viande augmente, au contraire, celle des producteurs d'ovins, caprins et herbivores diminue.

Pour compléter cet état des lieux, l'enquête révèle qu'une exploitation sur dix est dirigée par un chef de plus de 60 ans. Dans les détails, on constate que le nombre de chefs « jeunes » de moins de 40 ans diminue, tout comme les exploitations dirigées par un chef « âgé » de plus de 60 ans. À l'inverse, le nombre de chef de classe intermédiaire (40 à 59 ans) augmente.

Notons, par ailleurs, qu'un chef d'exploitation sur quatre est une femme. C'est une proportion qui diminue en Hautes-Pyrénées, alors qu'elle s'accroît en Midi-Pyrénées et sur l'ensemble de la France.

Le nombre de célibataires est en augmentation. Ils sont 31 % en 2005 contre 28 % en 2000. Une nouvelle fois, ce chiffre est supérieur à la moyenne régionale et nationale.

Enfin, il est intéressant de noter que le niveau de formation initiale agricole progresse. 17 % des exploitants professionnels ont au moins le niveau du baccalauréat agricole.

Auteur : M.Fagois.


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Créer de la valeur ajoutée

Pour Jean-Louis Cazaubon,le président de la chambre départementale de l'agriculture, ces données étaient prévisibles : « Si le nombre d'emplois professionnels diminue, c'est l'évolution de la démographie qui le veut. Nous souffrons effectivement de la faiblesse des structures. Nous avons beaucoup de petites entreprises. Pour beaucoup, cela s'explique par la nature du relief et il faut savoir que le revenu est proportionnel au nombre d'hectares. Heureusement que nous avons les estives, le pastoralisme. » Pour faire face, la chambre de l'agriculture développe depuis de très nombreuses années une politique offensive qui a imposé aux élus d'avoir une vision à long terme : « Nous avons travaillé sur tout ce qui est recherche, ce qui peut apporter de la valeur ajoutée comme les microfilières. Malgré cela, on constate que les petites exploitations ont du mal à garder les jeunes ou alors beaucoup sont des pluri-actifs ».

Source : La Dépêche du Midi di 2 novembre 2006

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Commission sénatoriale avec François Fortassin


Les deux sénateurs chargés de rédiger un rapport d’information sur la situation de la filière ovine présenteront leurs travaux à la commission des affaires économiques du Sénat à la rentrée parlementaire, prévue à l’été.

Gérard Bailly (Jura – UMP), président du groupe d’études sur l’élevage, et François Fortassin (Hautes-Pyrénées – RDSE), vont entendre les principaux acteurs d’une filière en difficulté : éleveurs, abatteurs, négociants, distributeurs… Ils comptent par ailleurs se déplacer sur les principaux lieux d’élevage : Pyrénées, Massif central, Alpes et Jura.

La crise que traverse en ce moment le secteur de la viande ovine française est due à la concurrence accrue de grands exportateurs de l’hémisphère australe, qui bénéficient d’avantages comparatifs naturels, mais également à une valorisation insuffisante de ce type de viande auprès du consommateur. Elle appelle un recentrage des aides à la filière sur ses aspects territoriaux et environnementaux, propres à valoriser l’élevage ovin, ainsi qu’une adaptation de l’offre à l’évolution des consommateurs.

Auteur : Elise Moreau
Source : TV Agri du 15 mai 2007

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Sauvetage de vaches à Gourette


Hier matin (1er août 2007) deux vaches ont été sauvées d'une mort programmée sur l'estive d'Anouilhas au pied du Pic de Ger. L'une avait un problème de vêlage et l'autre une patte cassée. Elles ont pu attendre 3 jours et là, surprise, un hélico de la société Héli Béarn travaillait dans le coin. Un petit coup de fil et le pilote fait un détour et descend les 2 vaches en vallée pour la somme de 240 Euros. L'éleveur, lui, ne paiera que 47.84 Euros. Toute l'opération a été menée et organisée par l'IPHB.

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Michel Barnier: "produire pour nourrir redevient d'actualité"


Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a affirmé mardi qu'il allait falloir "produire davantage", la raison du métier d'agriculteur, "produire pour nourrir" redevenant "d'actualité après avoir été contestée".

Les difficultés climatiques, les stocks mondiaux au plus bas, les besoins alimentaires des pays émergents, et les 9 milliards d'êtres humains à nourrir à l'avenir, donnent "une perspective nouvelle aux politiques agricoles qui vont devoir gérer de nouveaux problèmes comme la spéculation des denrées", a-t-il estimé dans une interview au quotidien Le Monde de mercredi.

M. Barnier a toutefois précisé qu'il ne s'agirait pas du retour à l'agriculture productiviste. "Il va falloir produire différemment, efficacement et durablement", a-t-il dit.Selon lui, le défi à relever sera de "concilier cette nouvelle exigence de production avec l'écologie et la sécurité alimentaire".

Evoquant le Grenelle de l'environnement, le ministre de l'Agriculture a estimé qu'il n'y avait aucune raison que les agriculteurs soient "en position défensive. Nous serons source de propositions comme nous le serons dans le débat de ce que j'appelle un nouveau projet alimentaire, rural et agricole européen", a-t-il assuré. Le ministre de l'Agriculture a par ailleurs estimé qu'il y avait "matière à faire un bilan de santé" de la Politique agricole commune (PAC). "En 2003, lorsque j'étais commissaire européen, on nous expliquait qu'il fallait réduire les productions et diminuer les prix. C'est le contraire aujourd'hui", a-t-il souligné.

Sur la réforme de la PAC, M. Barnier a aussi estimé qu'un "nouveau projet agricole européen" était nécessaire. Les assises de l'agriculture qui seront lancées mercredi à Paris seront l'occasion de préparer "ce que sera la proposition française sur le nouveau projet alimentaire et agricole européen", a-t-il dit.

Source : Agrisalon du 4 septembre 2007

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Lancement d'une "télé agricole" sur internet


La "télé agricole", une télévision sur internet consacrée "à l'agriculture et ceux qui la font", a été lancée mardi à l'occasion du Space, le salon de l'élevage qui se déroule à Rennes.

"Nous voulons donner une vision positive et dynamique de la profession", explique Thierry Gainié, un des producteurs audiovisuels à l'origine du projet. "Ce sera de la presse agricole, et pas la télé qui montre les paysans du doigt, ou qui montre l'agriculture d'il y a 30 ans", assure-t-il.

Sur www.lateleagricole.net, des rubriques élevage, cultures, événements ou international permettront de visionner des reportages de six minutes sur ce qui se fait dans différentes exploitations en France, voire dans d'autres pays pour "confronter les inquiétudes ou les fantasmes à la réalité du travail des agriculteurs chinois ou indiens", indique Thierry Gainié.

Employant quatre permanents et des journalistes reporter d'image (JRI) pigistes, la "télé agricole", qui s'appuie sur la société audiovisuelle Her-Bak basée à Lorient, dispose d'un budget annuel initial de 500.000 euros, mais le site libre d'accès devrait être financé "par les annonceurs d'agrofournitures".

Thierry Gainié dit espérer arriver à "50.000 visites par semaine dans un minimum de six mois" sur le site. Pour cela, la "télé agricole" mise sur toutes les possibilités qu'offre l'internet, dont "l'esprit communautaire".

"En plus de forums thématiques, j'aimerais que dès le début l'agriculteur puisse utiliser le site pour envoyer ses propres vidéos sur ce qu'il a lui-même mis en oeuvre, ou interpeller ses collègues sur une maladie", sous le contrôle d'un comité éditorial.

"Notre seule ambition, c'est que les agriculteurs s'approprient cette chaîne", insiste M. Gainié qui espère que "cette participation pourra d'ici à trois ans prendre une part égale à l'éditorial".

Source : AFP du 11 septembre 2007

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Non, le pastoralisme n'est pas mort !


Les rencontres scientifiques, organisées par le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises en gestation, n'ont pas cherché à éviter le sujet sensible de l'avenir du pastoralisme. Au contraire, avec la biodiversité, l'eau et l'archéologie, c'était un des sujets phares de cette première édition qui s'est tenue, hier à Saint-Girons.

L'ingénieure agronome Marielle Mourlane, qui parlait aussi au nom de l'universitaire Corinne Eychenne (absente), a posé un regard optimiste sur cette pratique de l'élevage qu'elle ne considère ni moribonde ni archaïque. « En Ariège, entre 1972 et 1999, les surfaces pastorales se sont maintenues et les effectifs animaux ont légèrement augmenté, indique-t-elle. Bien que 60 % des exploitations de la montagne ariégeoise aient disparu entre 1979 et 2000, il y a eu un spectaculaire rajeunissement des chefs d'exploitation. »

Par contre, le revenu agricole en Ariège est inférieur au revenu national. « Les éleveurs sont très dépendants des aides agri-environnementales de la politique agricole commune. » Mais une de leur réussite, consiste en leur adaptation en se spécialisant. « Bien que les références aux usages anciens soit récurrentes dans le discours des éleveurs, il est évident que le pastoralisme actuel n'a plus grand-chose de commun avec les pratiques ancestrales. » La gestion de l'estive a bien évolué et son accès est sévèrement contrôlé, ce qui permet d'éviter « une marchandisation de la montagne », souligne l'universitaire. Et l'ours ? « C'est une violence symbolique, répond Marielle Mourlane. Une violence qui nie leur pratique et leur savoir-faire et qui remet en cause leur légitimité sur la montagne. »

LA BIODIVERSITÉ
De l'INRA, Danièle Magda a aussi démontré le rôle que pouvait jouer le pastoralisme dans la conservation de la biodiversité et contre l'embroussaillement des montagnes : « En suivant un troupeau au-dessus de Seix, on s'est rendu compte que les brebis se régalent des ligneux. Sur une lande de jeunets, elles digèrent toute la diversité des espèces. » Autrement dit, elles ne sont pas uniquement faites pour manger de l'herbe tendre. Les bêtes peuvent reconquérir les zones intermédiaires entre fonds de vallée et estives. Et pas besoin d'importer des races rustiques, « les troupeaux présents conviennent », souligne la spécialiste. Aujourd'hui, les rencontres scientifiques se poursuivent sous forme de sorties sur le terrain.

Auteur : Camille Sarret
Source : La Dépêche du Midi du 22 septembre 2007

Commentaires

Nous pouvons noter que ce qui est dit ici est exactement le même discours que celui tenu par l'ADDIP et ses associations membres. L'avenir des Pyrénées passe plus par le pastoralisme que par l'introduction d'ours.

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Les chiffres clés de l'élevage ovin français.


D’après les données de l’Institut de l’élevage, 74 780 exploitations possèdent un troupeau ovin en France : 68 149 ont des brebis allaitantes et 5364 des brebis laitières.

La taille moyenne des troupeaux est de 79 brebis et les structures les plus importantes possèdent jusqu’à 290 brebis.

La France produit 12% de l’offre de viande ovine de l’Union Européenne à 25, derrière le Royaume-Uni et l’Espagne. Mais elle ne produit que 43% de ce qu’elle consomme (en moyenne 4 kg par an et par habitant). Le Royaume-Uni et l’Irlande ont fourni 36% et la Nouvelle-Zélande 13% de la consommation française.

L’élevage ovin en France, c’est :

  • 8 759 854 ovins,
  • une collecte de lait de 242,2 millions de litres,
  • une production de fromage de 56 600 tonnes

De l’agneau à l’assiette

Pour un agneau de 34 kg :

  • Après 4% de perte au transport, le poids de la carcasse chaude est de 17,4kg
  • Après 2% de perte due au ressuyage, le poids de carcasse froide est de 17kg
  • La carcasse commercialisée pèse 16,8kg dont :
    • 4,2 kg de gigot
    • 1,5 kg de selle
    • 1,7 kg de filet
    • 1,8 kg de carré couvert
    • 1 kg de carré découvert
    • 2,2 kg de poitrine
    • 3,2 kg d’épaule
    • 1,2 kg de collier

Source : Millefeuille Presse / TV Agri du 4 janvier 2008

Voir également :

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Vers un nouveau ministère de l'agriculture ?


Selon une dépêche de l'AFP, le ministère de l'Agriculture sera évalué sur 24 critères. L'évaluation se fera sur l'évolution en valeur et en volume du PIB (produit intérieur brut) agricole, du PIB agroalimentaire, le montant des exportations de vins et spiritueux et l'évolution de l'excédent de la balance commerciale agroalimentaire. Les "feuilles de route" du Ministre, Michel Barnier, comprennent 18 grands "chantiers" regroupés en quatre thèmes:

  • Economie agricole compétitive
  • Nouveau pacte alimentaire
  • Agriculture, pêche et forêt durables
  • Nouveaux enjeux, nouveaux outils

Michel Barnier veut disposer de trois moyens :

  • Une nouvelle Politique agricole commune (PAC)
  • Un nouveau ministère
  • Une diplomatie agricole active en visitant les 26 autres pays de l'UE

Ce qui est nouveau c'est l'idée d'un nouveau ministère dont on dit qu'il pourrait être celui de l'Alimentation, des Territoires, de l'Agriculture, de la Pêche et de la Forêt.

Pour mieux appuyer le caractère européen de son action, Michel Barnier a indiqué que son cabinet se délocaliserait toute la semaine prochaine à Bruxelles,

Louis Dollo, le 17 janvier 2008

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FNSEA : la PAC vide les frigos


La politique agricole commune (PAC) menée actuellement par Bruxelles a conduit à ce qu'"il n'y ait plus rien dans les frigos, plus rien dans les silos", a déclaré Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, aujourd'hui dans une conférence de presse.

"Alors qu'il y avait 60 millions de tonnes de céréales en réserve en Europe il y a 2 ans, on va avoir du mal à faire la soudure avec la prochaine récolte de l'été prochain", a renchéri Xavier Beulin, premier vice-président du plus important syndicat agricole.
"Je réclame un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, sous présidence française au second semestre, pour fixer le cap sur la PAC, surtout pour l'après-2013" (terme du financement garanti de la PAC, ndlr), a demandé M. Lemétayer.

Source : AFP / Le Figaro du 17 janvier 2008

Commentaire

En septembre j'interviewais Michel Barnier à Tarbes et en " off " il disait : " je ne sais pas comment je vais expliquer aux français que nous manquons de viande et de lait "
Lemétayer vient de le faire à sa place.
Barnier décentralise son cabinet pour une semaine à Bruxelles. Peut-être qu'ils vont trouver des solutions comme supprimer les quotas et les jachères de manière définitives.

Reste à expliquer pourquoi le cours des produits au départ du producteur sont aussi bas alors que dans les magasins ils sont aussi haut. Il faudra surement revoir les circuits de distribution. c'est peut être aussi aux consommateurs de changer leurs habitudes d'achats. Aller acheter directement au producteur à proximité de son domicile est aussi une solution pour acheter moins cher et faire baisser les prix.

Peut-être bien que pour les Pyrénées c'est une chance pour le pastoralisme et la vente directe.

Louis Dollo, le 17 janvier 2008

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Installation des jeunes agriculteurs


Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche a présenté une communication sur l’installation des jeunes agriculteurs.

L’agriculture et le secteur agroalimentaire constituent un élément stratégique de notre économie. Ils sont à l’origine d’un excédent commercial de plus de 9 milliards d’euros et sont l’un des premiers employeurs de France.

Le renouvellement des générations et l’installation des jeunes agriculteurs constituent donc une préoccupation constante des pouvoirs publics. 10 000 jeunes agriculteurs s’installent chaque année, en France, dont près des 2/3 bénéficient d’une aide de l’État. La politique française en faveur de l’installation en agriculture a démontré sa pertinence et son efficacité puisque, dix ans après leur installation, près de 95 % des jeunes agriculteurs qui ont bénéficié des aides pour s’installer sont toujours en activité.

En 2008, l’État maintiendra son soutien aux jeunes agriculteurs en mobilisant une enveloppe de 130 millions d’euros pour financer des prêts bonifiés : l’aide de l’État pourra atteindre un montant maximum de 11 800 euros en zone de plaine et 22 000 euros en zone de montagne.

Pour tenir compte de l’évolution des profils des candidats à l’installation, chaque candidat bénéficiera dès cette année d’un plan de professionnalisation personnalisé.

Source : Premier Ministre du 13 février 2008

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Le retour des transhumances


Pastoralisme. Derrière la tradition, une vraie dynamique d'entreprise.

La montée des troupeaux vers les “estives” a repris depuis peu. Elle attire un public de plus en plus nombreux. Reportage à Massat, au cœur des Pyrénées ariégeoises.

La route ne cesse de grimper. Des lacets de plus en plus serrés et derrière le rideau de pluie, des petits hameaux isolés, des maisons accrochées sur les pentes abruptes. Les noms des villages ne figurent même pas sur la carte. Tarascon et la vallée de l’Assac sont derrière nous, et à mesure que s’approche le col de Port, à 1 249 mètres d’altitude, le ciel s’assombrit et sur le bitume brillant, l’inscription « Non aux ours » semble revenir à chaque virage. De l’autre côté du col, la vallée de l’Ariège.

Un monde préservé, à part, l’impression de revenir quelques décennies en arrière, au milieu d’une nature que l’on respecte encore, de forêts profondes et de torrents encaissés. Pas de lotissements ni de panneaux publicitaires, des pistes boueuses qui s’enfoncent sous les arbres, des tracteurs et des gros véhicules tout-terrain garés devant les murs de pierre. Enfin, Massat apparaît, gros village posé au fond de la vallée, d’où plusieurs centaines de vaches et de brebis s’élanceront demain matin pour rejoindre les estives, où l’herbe pousse en abondance.

Le samedi 31 mai, dès 8 heures, touristes et professionnels se pressent à proximité des enclos. Les troupeaux arrivent des fermes dans un concert de cloches et d’encouragements. Les éleveurs sont en famille, les pères, les grands-pères, les petits-enfants, les femmes. Des garçons de 20 ans, fiers comme Artaban, vêtus de pantalons et de vestes kaki, discutent entre spécialistes. On crie, on s’interpelle, on remet dans le groupe, à l’aide de longs bâtons, les “gasconnes” qui semblent former le projet saugrenu d’aller se promener seules dans les rues adjacentes.

Monsieur Dudieu a 75 ans, des mains impressionnantes, une très belle moustache d’un blanc éclatant et un léger accent. Son béret, sans lequel on peine à l’imaginer, il vient de le payer 30 euros dans une petite ville voisine… Bel effort, d’autant plus que le béret frappé du logo « Transhumance en Couserans » est vendu ici 12 euros, comme le lui font remarquer les bénévoles qui préparent le petit-déjeuner, jambon de pays, fromage, boudin et vin rouge. Il ne fait pas cette transhumance, venant d’une vallée plus éloignée, mais est là pour soutenir ses camarades : « Si on fait monter les génisses en été, c’est pour éviter ­qu’elles ne se fassent saillir, sinon il y a toujours le risque que les taureaux sautent les clôtures. Là-haut, elles sont tranquilles, elles peuvent se développer et redescendent avec cent kilos de viande en plus. » Il a monté lui-même son exploitation, sur les coteaux de Foix, après avoir été domestique, maçon et appelé en Algérie : « Je n’ai pas fait ça seul. Avec moi, il y a le fils, qui a 45 ans, et le petit-fils qui en a 18 veut reprendre aujourd’hui. Nous avons environ deux cent cinquante gasconnes, mais aujourd’hui c’est devenu très difficile : on vend la viande 19 francs [2,50 euros] le kilo, et les bouchers la revendent quatre fois plus cher. Il y a vraiment trop d’écart, mais on n’a pas le droit de vendre plus cher. Et puis il y a de plus en plus de bœuf qui vient de l’étranger, d’Argentine ou d’Australie par exemple. On gagnait mieux sa vie il y a quarante ans avec trente hectares qu’aujourd’hui avec trois cents. »

Avec ses airs de grande fête traditionnelle, ses concerts folkloriques et ses buffets campagnards, la transhumance ne s’inscrit pas moins dans une logique économique cohérente et pensée : « Il n’y a pas de petites économies », précise François Martres, dit “Fanfan”, éleveur sur les coteaux de Saint-Girons et considéré ici comme un précurseur. Car les transhumances à pied n’ont vraiment repris qu’en 2000, après une dizaine d’années d’interruption et de transport en bétail­lère. Elles étaient même purement et simplement frappées d’interdits préfectoraux. Ce qui répondait aussi à une certaine logique en termes de sécurité. Les routes avaient été élargies et les voitures arrivaient de plus en plus vite, manquant de faucher hommes et animaux : « Je suis le premier à vouloir partir mais la sécurité est primordiale, explique Fanfan. Quand on a voulu recommencer, on nous prenait pour des passéistes, même au sein de la profession. Pourtant, les bétaillères, ça consomme du carburant, les bêtes sont serrées. Là, elles marchent mais elles arrivent en forme. »

Depuis, des associations se sont montées pour fédérer les énergies. À l’origine de Transhumances en Couserans, Claude Baquié, un ancien cadre hospitalier passionné par la culture locale. L’association en regroupe en réalité quatre, qui correspondent chacune à une vallée : le pays Massatois, Biros, Bethmale et le Haut-Salat. « Les bétaillères, dit-il, c’est antinaturel. Les traditions se perdaient, les gens ne se voyaient plus comme avant, maintenant ils se voient, de vallée en vallée. » Jusqu’aux années 1950, il y avait entre 15 000 et 20 000 habitants dans la vallée de Massat. « Aujourd’hui, il y a à tout casser quatre cents personnes dans le bourg », souligne Claude Baquié. « Les gens d’une même profession vivaient individuellement, chacun de son côté. Ça nous permet de partager nos idées, se réjouit Fanfan, et puis cela crée du mouvement. Ça motive les ­jeunes générations, regardez ça, on ne voyait pas ça avant ! »

Les troupeaux s’ébranlent et entament leur longue montée vers l’estive de Goutets, à une quinzaine de kilomètres de là. Fanfan ne participe pas, puisque sa transhumance, la plus haute, celle du Haut-Salat, sera aussi la dernière du mois, cinquante kilomètres sur trois jours les 13, 14 et 15 juin : plus l’estive est en altitude, plus il faut attendre, afin que l’herbe soit prête.

Parmi les deux cents touristes venus suivre la transhumance, deux publicitaires… californiennes ! Yvette Bolislav (oui, d’origine tchèque…) et Karin Taylor sont venues de Los Angeles pour l’événement : « Nous avons lu un article dans Travel and Leisure, ça nous a donné envie, et, en plus, tous les prétextes sont bons pour venir en France, depuis que nous sommes au collège ! Il y a un côté authentique qui nous plaît énormément. » Même enthousiasme de la part d’un couple canadien, journalistes et professeurs propriétaires d’une maison dans la région : « Chez nous, tout est énorme, et les transhumances là-bas c’est vraiment l’esprit cow-boy. Ici, tout est beaucoup plus ramassé, plus dense, on est plus près des choses et des gens. »

Mais derrière cet aspect folklorique se cachent un très gros travail d’organisation et une vraie dynamique d’entreprise : « Les transhumances sont un support de communication, explique le président de la Fédération pastorale de l’Ariège. Nous regroupons des éleveurs, des élus et le conseil général. Notre rôle est de mettre en œuvre la politique pastorale départementale, en organisant les territoires d’estive, les zones intermédiaires et les fonds de vallée. C’est un travail qui consiste entre autres à se regrouper en “groupements pastoraux”, à aménager le territoire, à gérer l’espace et à valoriser le patrimoine naturel et bâti. Avec 800 éleveurs sur 120 000 hectares, l’élevage fait partie du “top 20” des entreprises de l’Ariège. »

Cette valorisation du patrimoine, on la constate en arrivant enfin à Goutets, après trois heures d’effort, dont la moitié sur une piste caillouteuse, derrière les vaches. Une dizaine de petites cabanes en pierre sèche, amoncelées avec soin, sans mortier, forment un paysage digne des meilleurs épisodes du Seigneur des anneaux : des maisons de “hobbits”, les personnages créés par Tolkien, confortables et parfaitement intégrées au paysage. C’est ici que va vivre le “pâtre”, autrement dit le berger, seul, durant quatre mois. Un travail prenant, qui débute à 6 heures du matin et s’arrête dans la nuit, avec une interruption en milieu de journée.

Irénée Laubet est éleveur de moutons au Port et fait l’estive depuis 2000. Auparavant, il a travaillé à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne : « Entre les deux vies, il n’y a pas photo ! Il faut surveiller les bêtes, voir si aucune n’est blessée ou malade, leur couper les ongles, les soigner. En juillet et en août, il y a un peu de passage, c’est un chemin de randonnée, mais sinon il n’y a pas beaucoup de monde… Il faut aimer ça, les bêtes, la montagne, la solitude. » Une vie à laquelle aspire Ludovic Dio, ex-cuisinier de 30 ans, aide-berger qui, après avoir suivi une formation à l’école des pâtres de haute montagne de Foix, continue d’apprendre auprès de Fanfan : « J’y pensais depuis des années, je voulais faire quelque chose de ma vie. C’est rustique, et c’est ça qu’on aime ! »

En fin de journée, alors que la brume commence à s’accrocher aux sommets, tout le monde redescend vers la vallée, Massat, sa fête et ses chansons. Sauf Irénée. Pour quatre mois, la montagne sera son royaume.

Auteur : Vladimir de Gmeline
Source : Valeurs Actuelles du 6 juin 2008

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Suisse : Bovins-ovins - La pâture mixte en montagne


Agroscope ACW conduira deux essais de pâture mixte dans le Jura et en Valais. Un plus pour la santé et les performances des animaux ainsi que la biodiversité et la densité de l'herbe.a pâture mixte, qui consis- te à faire pâturer ensemble des animaux d'espèces différentes, jouit d'une grande popularité dans les pays d'Europe du Nord, surtout anglo-saxons. En Suisse, cette pratique est peu répandue, hormis sur les pâturages jurassiens où chevaux et bovins cohabitent traditionnellement sur les mêmes surfaces.

Le principal intérêt de la pâture mixte réside dans la réduction de l'infestation des vers gastro-intestinaux. En effet, ces parasites représentent un problème sanitaire et économique important, surtout chez les petits ruminants.

Avantages phytotechniques
Les améliorations observées avec la pâture mixte s'expliquent par la spécificité relativement grande de la plupart des parasites pour leurs hôtes; les ovins ne sont par exemple pas sensibles aux mêmes nématodes que les bovins. Il s'ensuit un effet de dilution, les ovins contribuant à «nettoyer» les vers pour les bovins et vice versa. Comme l'ont montré plusieurs études, la réduction de l'infestation parasitaire se répercute favorablement sur les performances animales. Les gains de poids sont généralement plus élevés, particulièrement chez les ovins, plus sensibles aux parasites que les bovins.
Sur le plan phytotechnique, on prête également de nombreux avantages à la pâture mixte: la pâture de l'herbe est plus homogène; la complémentarité des espèces animales dans la sélection des plantes améliore la composition botanique; les pertes au pâturage (plantes non consommées) sont moindres.

Quelques inconvénients
La pâture mixte présente aussi quelques inconvénients, comme le surcroît de travail lors de la mise en place des clôtures (4 fils au lieu de 2) ou encore le risque éventuel de transmission de maladies (notamment le coryza gangréneux). Cette pratique souffre aussi quelquefois du manque de considération et des préjugés des détenteurs de gros bétail à l'égard des petits ruminants.

ACW va conduire entre 2008 et 2011 deux essais en pâture mixte, en collaboration avec Agroscope Liebefeld-Posieux (ALP) et le Service sanitaire pour petits ruminants (SSPR).

Le premier essai sera réalisé dans le Jura vaudois, sur le site de La Frêtaz, et s'orientera sur la production extensive de viande de boeuf et d'agneau. Il s'agit d'évaluer la faisabilité de la pâture mixte bovins-ovins en moyenne montagne. Les aspects étudiés concernent la productivité et la qualité de l'herbe, l'état sanitaire des animaux (suivi des parasites et possibilité de réduire l'utilisation de médicaments anthelminthiques) et leurs performances (accroissements).
Cette pratique souffre des préjugés des détenteurs de gros bétail à l'égard des petits ruminants

Le second essai sera réalisé sur l'estivage du Larzey, près de Sembrancher (VS). ACW entend évaluer les possibilités d'entretien du territoire avec un troupeau composé de bovins et de chèvres. Les observations porteront principalement sur les relations plante-animal, en lien avec les phénomènes d'embuissonnement et de reforestation.

La poursuite de l'activité pastorale en montagne doit être encouragée par le développement de nouvelles formes d'exploitation. La pâture mixte s'inscrit parfaitement dans le contexte actuel de durabilité et de multifonctionnalité de l'agriculture.

En outre, le pâturage véhicule une image éminemment positive, que ce soit par rapport aux productions qui en sont issues ou à son rôle pour le maintien de la biodiver- sité.
Les essais prévus entendent également considérer ces aspects non monétaires. Les premiers résultats sont attendus pour 2009.

Source : Agroscope ACW de juillet 2008

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En Mautienne (Alpes), des boulettes piégées sèment la mort dans les alpages


"Dudu", de son vrai nom René Grange, est né il y a 45 ans, dans son hameau des Villards. De ses parents, dès le plus jeune âge, il a appris l'élevage des vaches et des moutons, et hérité d'une petite ferme rustique et sans confort. Et l'amour de ses montagnes, de ses alpages, de sa nature, des traditions pastorales ancestrales... et des animaux.

Or depuis quelques années, René est persuadé qu'on veut les chasser, lui et ses amis bergers, de leurs montagnes. En 2005, un grand courant de sympathie avait submergé tout le département puisque le ministère de l'écologie, un hélicoptère de la gendarmerie, s'étaient mobilisés pour aider le berger qui avait perdu 19 brebis et son chien patou Volcan, dans une attaque de loups, sur la montagne du Pain-de-Sucre.

Mais aujourd'hui, l'attaque est encore plus dangereuse. Des boulettes de jambon et d'antigel sont lancées dans la nature. Il y a trois mois, à Bonnenuit, Volcan, le patou que la gendarmerie avait retrouvé en 2005, a mangé une de ces boulettes. Il en est mort.
"Dudu" avait fait reproduire Volcan avec une femelle patou du village. Il venait d'en adopter le chiot, Dom Dom, âgé de trois mois, qui apprenait actuellement son travail de gardien au Pain-de-Sucre, auprès de 1 500 brebis, une femelle patou, Belle, et deux beaucerons. Dom Dom est mort samedi, dans les bras de son maître. On est sans nouvelle de Belle (probablement morte elle aussi), alors que les deux beaucerons sont en soins intensifs chez un vétérinaire de Saint-Jean-de-Maurienne.

«On avait pris toutes nos précautions», dit "Dudu", «un enclos, les chiens, le berger qui dort dans la cabane à côté des moutons. Mes chiens sont pratiquement tous morts. Si j'attrape les salauds qui font ça..."

Dans les montagnes de Valloire, depuis un an environ, il semblerait qu'aient disparu toute trace du loup comme du renard. Dix-sept chiens morts auraient été recensés autour de Bonnenuit, et les statistiques manquent sur les autres espèces, marmottes, blaireaux...
En Maurienne, on entend souvent dire "qu'ici, on a résolu le problème du loup...". Alors, ces boulettes sont-elles le fait d'adversaires du grand canidé désireux de se débarrasser de lui de façon radicale ou relèvent-elles d'une seule vengeance personnelle visant ce berger. Le fait que plusieurs chiens soient morts dans différents secteurs du massif pourraient laisser penser qu'il s'agit d'un acte visant à éradiquer le loup. Quoi qu'il en soit, cet acte totalement irresponsable aura des conséquences dramatiques sur la faune locale. Dudu dont les deux Beaucerons seraient tirés d'affaire mais avec des lésions irrémédiables a porté plainte à la gendarmerie de Saint-Jean de Maurienne.

Antigel mortel

L'antigel a un goût sucré, il est adoré par tous les canidés. Pour un petit ou jeune chien, la mort intervient en moins d'une demi-heure, dans d'atroces souffrances. L'antigel fait "fondre" l'estomac et les intestins. Les gros chiens puissants peuvent encore être sauvés par le vétérinaire une heure environ après l'ingestion.

Auteur : Jean-Philippe Meynieu
Source : Le Dauphiné libéré du 13 juillet 2008

Observation

Vu les circonstances, il est peu probable que ces boulettes empoisonnées soient le fait d'opposants aux canidés du milieu pastoral. Il paraîtrait assez stupéfiant qu'ils s'en prennent indirectement à leurs propres chiens.

D'autres " segments " de la populations sont également exaspérés tel que les touristes ou acteurs du tourisme, les collectivités locales, etc… Les chiens constituent des éléments de régression du tourisme de nature et par voie de conséquence, les canidés également. Car, honnêtement, qu'est ce que les loups, comme les ours, apportent réellement au tourisme local qui n'a pas attendu les grands prédateurs pour se développer ? Rien !

Des rumeurs se font aussi entendre. Des extrémistes de l'écologie pourraient ne reculer devant aucun sacrifice pour tenter d'engendrer la haine contre les éleveurs. Ces extrémistes n'hésitent pas à s'attaquer à des abattoirs, des élevages, etc… Pourquoi pas aussi aux… éleveurs de brebis. Tenter de discréditer le milieu pastoral au profit du " tout sauvage " préconisé par certaines associations qui, le plus souvent, présentent bien dans leur milieu.

Cet aspect n'est sans doute pas à négliger.

Louis Dollo, le 17 juillet 2008

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Graves menaces sur les élevages de moutons


La Confédération paysanne demande des mesures d'urgence.

Le 5 septembre dernier, à Limoges, la Confédération paysanne a interpellé Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture, lors de la conférence sur la production ovine afin qu'un plan d'urgence soit mis en œuvre. À son tour, Patrice Mérigot, responsable ovins à la Confédération paysanne des Hautes-Pyrénées, pousse son « cri du cœur » pour « sauver les moutonniers ».

« La filière ovine est en crise. Les éleveurs sont de moins en moins nombreux. Sur 27 ans, on constate une perte de près de 60 % des exploitations ovines dans les Hautes-Pyrénées avec une chute de 30 % des effectifs brebis. Les revenus sont faibles. En 2007, ils se situaient, en moyenne, à 7.400 € par an. Qui peut accepter cela ? » interroge le syndicaliste qui explique que les prix stagnent dans cette filière depuis trente ans. Il détaille que le prix de vente de l'agneau, au départ de la ferme, est de 5,40 € par kilo alors que le prix de revient est de 7,80 €, d'où des pertes financières pour les agriculteurs.

Un en jeu économique et social
« Il y en a assez des mesurettes, au coup par coup. Nous voulons des mesures immédiates et une vision globale des choses. Il s'agit de maintenir les éleveurs hors de l'eau et d'avoir des perspectives pour redynamiser la filière ovine », souligne Patrice Mérigot qui fixe l'aide nécessaire à 35 € par brebis. « Sur le long terme, il faut un réajustement des aides pour les ovins au même niveau de celles pour les bovins. Les ovins sont les parents pauvres de l'élevage », précise le syndicaliste de la Confédération paysanne qui rappelle l'utilité de l'élevage ovin, notamment en montagne.

« Aider les éleveurs, c'est un enjeu économique, social et environnemental majeur » fait valoir Patrice Mérigot qui n'oublie pas les conséquences négatives de la fièvre catarrhale. « Un problème qui a alourdi les charges et les contraintes pour les éleveurs et dont la sortie de crise est très incertaine ».

La Confédération paysanne des Hautes-Pyrénées entend donc avoir prochainement un entretien avec la préfecture et la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt (DDAF) pour provoquer une cellule de crise départementale où toutes les composantes de la filière ovine seraient rassemblées.

« L'élevage ovin se meurt. Il n'y a plus de temps à perdre », conclut Patrice Mérigot.

Auteur : Christian Sarrabayrouse.
Source : La Dépêche du Midi 17/09/2008

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