La Fédération Nationale Ovine - FNO - contre l'ensauvagement des montagnes du fait de l'ours, du loup et du lynx

 

 

Dans un communiqué, la Fédération Nationale Ovine (FNO) condamne l’attitude du gouvernement et ses conséquences face aux prédations de grands prédateurs : ours, loups et lynx. « Partout c’est l’animal sauvage qui est préféré à l’homme et ses animaux domestiques » estime la FNO. Mais au-delà de l’élevage ovin, elle met l’accent sur deux problèmes : la qualité de la nourriture et les pratiques de sports et loisirs de nature et de tourisme.


L’élevage de montagne n’a pas qu’une fonction de carte postale. Et ceci depuis des millénaires. C’est aussi le garant d’une agriculture raisonnée garantissant des produits de qualité tout en respectant le milieu et sa biodiversité et aussi une contribution importante et décisive à la qualité des paysages, l’entretien des espaces, le développement de la biodiversité et la lutte contre les catastrophes naturelles telles qu’avalanches et glissements de terrain.

La contestation positive face aux grands prédateurs : loups, ours et lynx
La contestation n’est plus, aujourd’hui, localisée dans quelques vallées des massifs montagneux. Le syndicat national prend ouvertement le relais des associations locales même s’il a toujours été présent, depuis quelques années, auprès des éleveurs pyrénéens et alpins. Sa contestation est positive et pose les bonnes questions : « La FNO se demande quelle biodiversité les citoyens français veulent-ils sur leur territoire » ? Pour elle, c’est l’élevage qui est atteint et elle pose cette autre question au cœur des préoccupations : « Quelle viande mangerez-vous demain ? »
Le problème des grands prédateurs n’est pas seulement être pour ou contre. Il suppose d’approfondir le sujet et de dépasser les apparences du bon et du méchant, du protecteurs et du développeur, de l’homme et de l’animal sauvage.
Nous constatons que ours, loups, lynx, posent les mêmes problèmes dans tous les massifs et entrainent les mêmes conséquences avec l’ensauvagement des territoires, la disparition de l’élevage de montagne de qualité et respectueux du milieu et au final pose les vrais questions telles que : quel type d’alimentation pour les français et quel avenir pour les territoires avec quel environnement, quelles activités et quelle biodiversité ?

Des produits de qualité
Les productions montagnardes sont celles qui sont les moins perturbées par la pollution et les moins impactantes pour l’environnement. Mais ce sont surtout celles qui ont conservé le plus de tradition sans pour autant s’affranchir de toute évolution. Les bêtes, vaches, moutons, chevaux, chèvres… mangent de l’herbe et non des granulés à base de viande ou de poisson. Les bêtes paissent en liberté, sereinement dans la nature, autant qu’elles le désirent, sans aucun stress. Ce sont bien souvent des producteurs qui vendent directement leur production ou utilisent des circuits dits courts. C’est donc en montagne que nous avons le plus de produits de qualité issus d’élevages aux pratiques raisonnées et raisonnables. Ils ne sont pas nombreux, leurs conditions de travail sont difficiles mais ils existent bien ces paysans qui, en définitive, entretiennent et permettent de faire vivre des chemins de randonnée

L’entretien des milieux de montagne et les pratiques de loisirs de nature
Il n’existe pas en France, et depuis des millénaires, d’espaces sauvages et naturels en dehors de quelques surfaces glacières et/ou minérales. Toutes les montagnes, comme les plaines et les vallées,  ont été, un jour, ou sont encore, occupées par l’homme et ses troupeaux. Ce sont eux qui, au fil des âges les plus reculés, ont façonné les paysages que nous connaissons. Ce sont eux qui ont permis que nous ayons des prairies fleuries, des forêts, des chemins, des terrasses, des granges, des estives ou alpages…. En somme, ce sont eux qui ont fait les paysages d’aujourd’hui si recherchés par les touristes,  randonneurs et autres usagers de loisir de montagne. C’est cette diversité de paysage qui permet la diversité biologique, dite biodiversité, tant recherchée et convoitée par les protecteurs de l’environnement. Ce ne sont pas les actions de protection, et encore moins les associations écologistes, qui ont permis cette richesse patrimoniale.
Comme le fait remarquer la FNO dans son communiqué, la disparition des éleveurs de montagne et de leurs troupeaux engendrerait un ensauvagement des milieux avec une perte considérable de biodiversité. De plus, les montagnes perdraient tout attrait touristique du fait d’une uniformité paysagère boisée de laquelle nous ne verrions guère d’horizon. Par ailleurs, ces espaces sauvages seraient des foyers potentiels d’incendies comme nous le voyons régulièrement dans certaines zones des Alpes du sud où l’agriculture de montagne a disparu ou encore comme en Espagne en Castille et Léon ou Estrémadure (massif Cantabrique) plus occupés par les ours et les loups que par les troupeaux domestiques. Les stations de ski  verraient leurs pentes herbeuses disparaitre ou couvertes de grandes herbes favorisant les avalanches avec les conséquences que nous connaissons. Sans parler des chemins, déjà mis à mal sur certaines montagne par l’absence d’activités pastorales, qui disparaîtraient dans une végétation sauvage non pâturée. Est-ce vraiment ce que nous voulons pour les vallées de montagne ? Plus de touristes ? Plus de stations ? Plus de randonneurs ? Sauf à imaginer une véritable armée de cantonniers comme dans les parcs d’attraction pour entretenir les chemins.

 

La disparition du pastoralisme du fait de la présence des grands prédateurs pourrait avoir des conséquences qui dépassent l’aspect sociologique, social, économique, culturel. Il s’agit des conséquences environnementales qui ne sont que très rarement mises en avant et jamais abordées par les associations environnementalistes.  Normal ! Puisque leurs deux seuls véritables  objectifs sont : la défense d’une espèce emblématique (loup ou ours ou lynx selon les régions) et l’ensauvagement des montagnes par une disparition des activités humaines. De son côté, la FNO a une vision plus globale du sujet en reprenant les éléments du développement durable développés à la Conférence de Rio de 1992 : social, économie et environnement. A cet égard, la défense stricte des grands prédateurs avec une idéologie conduisant à l’ensauvagement des montagnes en considérant l’humain comme un intrus apparait contreproductif pour les milieux par rapport à une protection de l’environnement incluant l’humain. Le combat mené actuellement n’est donc pas pro contre anti ours ou loup mais un conflit entre la  défense humaniste de l’environnement d’habitants et travailleurs des vallées et la défense d’une idéologie du tout sauvage d’entreprises de lobbying qui se moquent de l’environnement.

« Quelle viande  mangerez- vous demain ? Combien coûteront  vos forfaits de ski quand les pistes seront entretenues à la débrousailleuse ? Qui remplira nos écoles de campagne ? »


Louis Dollo, le 21 septembre 2012

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Non à l’ensauvagement des territoires


Pour la première fois de mémoire d’hommes, un éleveur est contraint de redescendre ses brebis prématurément des estives ariégeoises pour cause de prédation. Le troupeau avait été attaqué six jours consécutifs, parfois à moins de 100 mètres de la cabane du berger. Le responsable ? Un ours, déjà connu des éleveurs pour avoir attaqué des troupeaux. Capturé, il avait été déplacé mais n’a pas tardé à recommencer …

La semaine dernière, le CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature) refusait d’autoriser le prélèvement de deux lynx dans le Jura. Spécialisés sur un troupeau ovin, ces deux animaux ont fait chez un seul éleveur plus de 40 victimes depuis le début de l’année.

Et pendant ce temps, les attaques de loups font toujours rage dans les Alpes, mais aussi dans les Vosges et le Massif Central… La présence et la croissance de ces populations de prédateurs ne sont plus maitrisées.

Partout, c’est l’animal sauvage qui est préféré à l’homme et à ses troupeaux domestiques. Nos  dirigeants  politiques  ont  manifestement  fait  le  choix  de  l’ensauvagement  des territoires au détriment de la présence humaine et l’activité économique des massifs.

Pourtant c’est bien l’homme et ses troupeaux qui permettent l’entretien des territoires nécessaire aux activités du tourisme, et qui sont le dernier rempart contre la désertification des zones rurales.

Au lendemain de la conférence environnementale, où le sujet n’a apparemment pas été abordé, la FNO se demande quelle biodiversité les citoyens français veulent-ils sur leur territoire. Si l’objectif de protection des grands carnivores est atteint, c’est l’élevage qui aujourd’hui est en voie de disparition des massifs où ils sont présents…

Quelle viande  mangerez- vous demain ? Combien coûteront  vos forfaits de ski quand les pistes seront entretenues à la débrousailleuse ? Qui remplira nos écoles de campagne ?

FNO - Fédération Nationale Ovine – Communiqué de presse du 21 Septembre 2012

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