Le port de Boucharo également appelé Port de
Gavarnie s'appelait autrefois Port de la Pierre Saint Martin
(encore un). Quoiqu'il soit entouré des plus hauts sommets pyrénéens
ce n'est pas le plus haut. Il avait une fonction vitale en faisant communiquer
les vallées du Lavedan au nord avec celle de Broto au Sud en
Espagne.
Il y avait un imporant trafic entre ces deux vallées été
comme hiver. De chaque côté il y avait un hospice dont
il y encore quelques restes. Sur le versant sud, dans le
rio Ara il y a avait l'hospice de Bujaruelo et à Gavarnie
l'hospice de Saint Jean de Gavarnie, tous deux tenus par les chevaliers
de Saint Jean de Jérusalem. Ces hospices et le prieuré
sont connu depuis 1136. Le tenancier devait assurer le gîte et
le couvert à tous ceux qui passaient le Port dans un sens ou
dans l'autre.
C'est toujours avec cette idée historique que la route fut construite
pour passer d'une vallée à l'autre peut de temps avant
que le Parc National ne bloque tout développement dans ce domaine
(création en 1967). Les Espagnols ne firent jamais la route de
leur côté. Il y a même eu une forme de chantage par
lequel ils envisageaient la construction de la route si la France rouvrait
la ligne de chemin de fer de Canfranc. Les protecteurs de l'environnement
qui voudrait voir se rouvrir la ligne de Canfranc devrait bien réfléchir
avant. Par contre, il a été construit
la station de ski grâce aux efforts de Georges Adagas,
le maire de Gavarnie de l'époque.
Evocations personnelles.
En 1967 et 1968, avec mon frère, nous avions aidé le gardien
du refuge
de la Brèche, José Pérez. Le ravitaillement
se faisait depuis Gavarnie avec des mules qui laissaient leur charge
sous un gros caillou sur la moraine du glacier du Taillon. Il n'y avait
pas le chemin d'aujourd'hui et il fallait monter les bouteilles de gaz
propane de 27 Kg sur le dos. Au refuge, nous n'avions pratiquement pas
de randonneurs au sens d'aujourd'hui. Que des pyrénéistes
capables d'évoluer sans balisage et aménagement. Le refuge
n'était pas une buvette mais un vrai refuge pratiquement du type
Samivel. Pour descendre au village il nous fallait à peine 45
mn. Cette époque est bien terminée