Après l'accident mortel de Chamonix, le 1er mars dernier, la
sécurité de 48 remontées mécaniques françaises
- dont sept dans les Pyrénées (1) et trois dans les Hautes-Pyrénées
- va devoir être renforcée d'ici la saison prochaine.
Le 1er mars, un
skieur se tue en tombant dans le vide depuis la télécabine
de Planpraz, à Chamonix. Une pression importante avait été
exercée sur le vitrage latéral de la cabine qui a alors
cédé. Le comportement turbulent de la victime et de ses
amis était à l'origine de la chute.
Aussi, un mois
après le drame, des pictogrammes ont été installés
dans les remontées, rappelant notamment aux usagers de rester
assis et de ne pas s'appuyer sur les vitrages.
Le ministère
des Transports a chargé le Bureau d'enquêtes sur les accidents
de transport terrestre (BEA-TT) de réaliser un rapport édictant
des recommandations préventives pour éviter la reproduction
d'un accident similaire. Le texte vient d'être publié.
DÉBOÎTEMENT
DES VITRAGES
Le BEA-TT
a notamment réalisé des tests de déboîtement
à l'effort sur des vitrages de cabines similaires à celle
de Chamonix et sur d'autres cabines. Ils ont montré que, sur
certaines cabines, « un déboîtement des vitrages
peut résulter d'un effort de pression significatif pouvant être
provoqué dans le cadre de comportements non conformes au règlement
de police, à l'intérieur des cabines, sans que, toutefois,
ceux-ci proviennent d'un désir manifeste de dégrader le
matériel ».
Le BEA-TT préconise
plusieurs dispositifs de sécurité à mettre en place
(voir par ailleurs). Une liste des remontées qui devront faire
l'objet de ces aménagements a été établie.
Il y en 48. Dans les Hautes-Pyrénées, sont concernées
: la télécabine du Pourteilh, au Tourmalet ; la télécabine
d'Espiaube, à Saint-Lary, et la télécabine du Courbet,
à Cauterets. « Nous avons déjà installé
les pictogrammes », indique Bernard Malus, directeur du Tourmalet.
Mais, pour l'heure, pas d'autres aménagements ne sont prévus.
Le Tourmalet envisageait le remplacement des ufs du Pourteilh
pour la saison prochaine. Mais suite aux deux saisons mitigées,
la station a été obligée de reporter cet investissement.
Le comble, pour le Tourmalet, c'est qu'elle risque devoir mettre la
main à la poche pour sécuriser la remontée qu'elle
voulait remplacer.
Du côté
de Saint-Lary, Jean Bourcet, directeur Altiservice, explique lui aussi
que, pour l'instant, « il n'y a pas eu d'autres demandes que l'affichage
des pictogrammes. Maintenant, si on doit procéder à des
aménagements de la télécabine, cela me semble difficile
à réaliser d'ici l'hiver ».
S'agissant de Cauterets,
Francis Guiard, directeur de la station, explique que les « pictogrammes
d'information ont été installés dans les trois
télécabines de la station. Les télécabines
du Lys et du Puntas sont en partie équipées de barre intérieure.
Pour celle du Courbet, on a effectué des essais concluants. Maintenant,
si on doit y installer un garde-corps à l'intérieur, on
le fera, sans problème, pour cet hiver ».
Les exploitants
disposeront de 90 jours dès lors que la recommandation de mise
en sécurité leur aura été transmise par
la préfecture. Les modalités de mise en sécurité
des remontées seront validées par le service des remontées
mécaniques. Dans les Pyrénées, le Bureau interdépartemental
des remontées mécaniques et des transports guidés
(BIRMTG) de Tarbes veillera à la mise en sécurité
des remontées visées.
Auteur : Thierry
Jouve.
(1) Cauterets,
Le Tourmalet, Saint-Lary, Ax-les-Thermes, Font-Romeu, Artouste et Gourette.
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Les
dispositifs à mettre en place
Le modèle de Chamonix était une cabine debout du constructeur
CWA. à Cauterets et au Tourmalet, on a une quatre places ufs
du constructeur Sigma. Celle de La Mongie date de 1969 et compte 38
cabines, et celle de Cauterets de 1976 et compte 62 cabines. à
saint-Lary, la télécabine d'Espiaube est une Sigma 6 places
dos à dos. Elle date de 1978 et compte 74 cabines.
Parmi les dispositifs
à mettre en place (liste non exhaustive) :
- Lices ou barres
fixées aux montants, ou, encore, d'un doublage du vitrage sur
une faible hauteur.
- Un système
propre à solidariser le vitrage et le châssis, par exemple
des pattes de fixation, système.
- Aménagements
destinés à empêcher l'usage détourné
des équipements situés à l'intérieur des
cabines, par exemple, un dispositif visant à empêcher
la possibilité de s'asseoir sur les barres d'appui dans les
cabines « uf 6 places dos à dos ».
Source
: La
Dépêche du Midi du 1 aout 2008