Un ARVA ça sert à quoi ? Et la pelle ? Et la sonde ?

On entend parfois des observations ou des affirmations surprenantes tant sur les avalanches que sur l'usage spécifique du matériel de secours. On notera ci-dessous quelques-unes unes de ces réflexions :

  • On a des ARVA on ne craint rien. L'ARVA n'est pas un appareil "renifleur" d'avalanches pas plus qu'une assurance tout risque. Il permet simplement de rechercher une victime elle-même équipée d'un ARVA et à la condition de savoir s'en servir pour rechercher ;
  • Je ne sais pas utiliser l'ARVA donc j'en prends pas. Aller en montagne s'apprend comme faire du vélo, conduire une automobile, nager, etc…. Il suffit d'apprendre à se servir du matériel spécifique pour la montagne hivernale avant de s'engager. Il faut aussi s'exercer régulièrement et contrôler son matériel ;
  • Je ne sorts qu'en forêt ou des endroits où je suis déjà allé sans problème. Attention ! Même si les arbres peuvent constituer des encrages naturels, le risque d'avalanche n'en est pas pour autant éliminé. De plus en cas de coulée, vous risquez les collisions avec les arbres. Même si vous êtes déjà allé à un endroit sans problème, dans d'autres conditions les risques peuvent exister. La neige n'est pas un élément stable. Elle peut changer souvent même dans une journée ;
  • L'ARVA ne sert effectivement à rien s'il n'est pas branché, si tout le groupe n'est pas équipé, s'il est dans le sac (en cas de chute dans une avalanche, on risque de retrouver le sac mais pas la victime), si les piles sont usées, si on ne contrôle pas son fonctionnement. L'ARVA est un matériel comme un autre, indispensable et obligatoire ;
  • L'ARVA coûte trop cher ! Et la vie a-t-elle un prix ?
  • L'ARVA n'est pas une assurance vie. Ca ne garantie pas contre les avalanches. Non ! Mais ça peut aider…. Comme une corde….
  • La pelle c'est trop lourd. J'en prends pas ! Faites l'inventaire de ce qui est trop lourd dans votre sac et… partez sans sac ça sera plus léger… On peut toujours creuser avec les mains ou les raquettes. Et bien essayez en chronométrant le temps. Sachant que les chances de survie se situent dans les 15 mn de l'enfouissement… trouvez la solution au problème.
  • La sonde ? Encore un matériel de plus….. Et 200 gr ! Essayez de peaufiner votre recherche en allant le plus vite possible (toujours cette course aux 15 mn) et on en reparlera !
  • Je prends qu'une pelle et une sonde pour le groupe. C'est moins lourd et puis c'est du matériel collectif. Pourquoi pas ? Surtout si c'est le porteur du matériel collectif qui est sous l'avalanche ! Il vous sert à quoi ce matériel dans ce cas ?

ARVA, pelle, sonde sont des matériels indissociables, individuels et obligatoires pour toute pratique de la montagne hivernale quel que soit le lieu ou la durée.

L'entraînement à l'usage de l'ARVA et le contrôle du bon fonctionnement de ce matériel doit être régulier. Il est possible de le faire même l'été en cachant l'ARVA dans la nature (buisson, herbe, sac, etc…). Ce peut être un jeu avec des enfants.

B - Les chutes

En raquette, les chutes peuvent être de diverses natures : glissades sur pentes gelées, crevasses sur glaciers, barres rocheuses, trous au-dessus d'un torrent ou d'un lac, etc…

C - Les plaies

Les plaies seront traitées de manière très simple : emballage (bande, compresse, etc…) sans produit colorant et évacuation. En cas de saignement important ou d'hémorragie, utiliser un pansement compressif.

D - Les lésions aux membres et articulations

Moins courant qu'à skis, les foulures et entorses ne peuvent pas être exclus des risques de la pratique de la raquette. Il suffit de mal retomber ou de ne pas avoir bloqué le talon de la fixation lors d'un saut pour que le mal survienne.

E - La colonne vertébrale

La moindre douleur à la colonne vertébrale doit être traitée comme une fracture. Tout déplacement peut avoir des conséquences fatales pour la victime. On se limitera donc à recommander de maintenir la victime allongée et de demander du secours. Il est aussi possible de laisser la victime dans la position qui lui convient le mieux.

F - Les accidents provoqués par le froid

Par ce terme, il faut essentiellement entendre "gelures". Celles-ci sont très vite reconnues par les victimes elles-mêmes sans que l'on ait à faire de diagnostique particulier. Dans nos montagnes européennes, ce des lésions qui se manifestent surtout aux extrémités (orteils et doigts) et moins fréquemment sur d'autres parties du corps (nez, pommettes des joues, oreilles). Le traitement est simple : redescendre en vallée. On notera surtout ce qu'il ne faut pas faire face à une gelure :

G - Traumatismes divers

On pourrait bien sûr parler de nombreux autres traumatismes tel que brûlure (avec une corde ou autres moyens), les luxations, les ampoules, les saignements de nez, les diverses complications liées aux traumatismes ci-dessus ou aux fractures ouvertes, l'asphyxie, les problèmes cardiaques, etc….

Pour en savoir plus, nous vous recommandons les cahiers techniques de l'ENSA (2).

 

Notes :
1 - ANENA, 15, Rue Ernest Calvat - 38000 GRENOBLE - Tel : 04 76 51 39 39, Fax : 04 76 42 81 66
2 - ENSA (Ecole Nationale de Ski et d'Alpinisme), 74400 CHAMONIX - Tel : 04 50 55 30 07 : "Secourisme pratique dans la pratique du ski alpin", "Reconnaître et traiter les petits traumatismes en montagne" et "Les accidents provoqués par le froid".

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