Le rôle et les missions du SNOSM, le Système national
d'observation de la sécurité en montagne, ne sont pas
sans intérêt pour la connaissance de l'accidentologie
en montagne et la recherche des solutions pour la réduire.
La collecte, le traitement et l'analyse des informations relatives
aux accidents EN montagne en distinguant notamment les accidents DE
montagne qui sont ceux qui nous préoccupent dans le cadre des
pratiques des activités sportives et de loisirs de montagne
sont d'une importance majeure pour la prise de décision des
responsables du sport, des loisirs et du tourisme. Les résultats,
même simplifiés, peuvent, lorsqu'ils sont connus du grand
public mais aussi des médias qui les diffusent, constituer
une base de réflexion avant de s'engager dans une activité.
De même,
les buts que s'est fixé le SNOSM au sein du CSSM sont tout
à fait louable selon ce qui est indiqué sur le site
Internet :
Le problème
c'est que le grand public ne voit pas l'ombre de ces bonnes intentions.
Des campagnes de sécurité avec des brochures ou dépliants
tellement ciblés que personne ne les voit surtout si le ministre
ne se déplace pas pour les distribuer (Cf. le départ
de Paris au sport d'hiver de février 2007) ou elles arrivent
en retard (Cf. mise en place des dépliants l'été
à une époque réalisé par le Ministère
des finances) ou pas du tout selon les départements. Et puis,
surtout, on n'innove pas. Depuis 8 ans c'est globalement la même
chose. Surtout ne pas bousculer le fonctionnaire de service, cela
pourrait le réveiller. Les pratiques et les mentalités
évoluent mais pas les slogans et les formes de diffusion
Cherchez sur Internet
Quelle diffusion ?
Parler de promotion
d'une " meilleure sécurité des espaces "
en montagne relève de la plaisanterie. Faut-il équiper
les sentiers de randonnée de tapis roulant pour sécuriser
l'espace ?
"Proposer
des axes prioritaires ", ou " définir
une politique de prévention " sont des bonnes
intentions sur le papier pour satisfaire le bureaucrate en mal de
reconnaissance. Mais dans les faits, que se passe-t-il ? Rien !
Strictement RIEN !
Il ne se passe
d'autant moins quelque chose que, même les statistiques que
le SNOSM est censé produire ne sont pas connues
du moins
du grand public. Aucune publication connue depuis 2002. Le site Internet
du SNOSM (qui a tendance à changer régulièrement
d'adresse et de présentation) ne fait référence
à aucune information sur l'accidentologie. Au 15 janvier 2008,
il n'est pas à jours
disons même, pas terminé.
Le plus remarquable c'est que lorsque nous demandons des chiffres
au secrétariat du SNOSM on s'étonne d'une telle demande.
Et puis il nous est précisé que pour les Pyrénées
il n'est pas possible d'avoir les chiffres parce que "propriété
des données à l'échelon départemental".
Peut-être bien que les Pyrénées ce n'est pas la
France
. Et les accidents hors stations, c'est aussi propriété
des stations ? Les accidents d'hiver hors stations sont méconnus.
Il n'y a que ceux entre juin et septembre qui comptent. Le reste de
l'année, personne ne va en montagne. Une belle preuve de l'ignorance
des pratiques par cet organisme.
En fait, en insistant,
nous découvrons que pour avoir certaines informations (on ne
sait pas très bien lesquelles) il faut payer l'ENSA. Nous avons
ainsi l'espoir d'obtenir quelques feuilles de statistiques qui pourraient
être gratuites et sans frais pour personne sur Internet. "
Adressez-vous au service documentation de l'ENSA. " Business
is business avec l'accidentologie des pratiquants de la montagne.
Il est quand même stupéfiant de voir qu'un établissement
de l'Etat, l'ENSA, fasse payer ce que d'autres fournissent gratuitement
comme l'ANENA, association indépendante, ou la Préfecture
des Hautes-Pyrénées (elle est d'ailleurs la seule dans
les Pyrénées). Il est tout aussi curieux que des structures
comme les fédérations sportives telle que la FFME ou
des associations comme l'ANEM discutent dans le vide de la problématique
des accidents sans jamais fournir un seul chiffre officiel. Sans doute
un secret d'Etat ?
Faudra-t-il employer
d'autres moyens pour exiger la communication de ces documents administratifs
? " Vous pouvez les consulter à la bibliothèque
de l'ENSA " nous dit-on au téléphone. Et oui
comme tout le monde le sait, tout le monde habite Chamonix, capitale
de l'alpinisme.
Louis
Dollo, le 15 décembre 2007