Mijanes, l'exemple d'une station de ski confrontée à l'environnement

 

Les stations de ski qui souhaitent procéder à des travaux d'entretien ou d'aménagement sont de plus en plus confrontés à des contraintes ou des problèmes environnementaux objectifs pour lesquels ils peuvent trouver des solutions techniques.
En dehors de ces aspects le plus souvent légaux et parfaitement identifiés elles sont aussi confrontés à des réactions subjectives de la part d'organisations environnementalistes difficiles à cerner de manière objective.
C'est ce qui se passe pour la petite station de Mijanès en Ariège confrontée, d'une part, à une nécessité de développement avec le souci de respecter son environnement et, d'autre part, des exigences des associations environnementalistes.

La station est née en 1961 sous l'impulsion de Mr Castilla, Conseiller Général et précurseur en matière d'utilisation de l'or blanc. La première remontée mécanique du futur stade de neige est un câble entraîné par … une moto ! L'idée d'une station de ski est dès lors lancée. Petit à petit, la station va évoluer.


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Projet d'extension de la station de Mijanès-Donezan - Ariège - Pyrénées

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D’une superficie de 12500 Ha environ, le canton est couvert à 70% de forêts (près de 8500 ha de bois… et il pousse des arbres tous les ans…). Les 9 étangs du canton associés à cette forêt aux couleurs magiques en Automne, font qu’on l’appelle parfois « Québec Ariégeois ».

Le Donezan est reconnu pour la qualité de ses paysages. Il abrite les cortèges de végétation de l’étage subméditerranéen (une partie) à l’étage nival. Côté faune, toutes les espèces Pyrénéennes sont présentes. Mais cette biodiversité est menacée à terme par la progression de la forêt et l’uniformisation du couvert végétal (Hêtraie sapinière dominante). La présence et le rôle de l’homme sont indispensables au maintien de cette biodiversité.

L’espace cultivé et habité est compris entre 900 et 1250 m d’altitude. Il abrite 7 villages (Artigues, Carcanières, Le Pla, Le Puch, Mijanès, Quérigut et Rouze) et 3 hameaux (Le Mas, Saint Félix et Usson).

Côté population, le DONEZAN, c’est 535 habitants (464 au recensement de 1999, 2200 à la fin du XIXème siècle) dans un bien joli pays. Mais pour aussi joli soit-il, la vie y est par certains côtés un peu plus compliquée qu’ailleurs....
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Mais le souhait des habitants de ce canton de montagne ariégeois est de vivre chez eux et ce du mieux possible. Et ce au moins aussi bien que ce que les citadins ayant tous les services ou commerces à proximité de chez eux peuvent imaginer.

Ceci passe d’une part par la mise en place de services à la population. Les élus l’ont compris depuis longtemps en participant à la création de 2 stations essences, un atelier mécanique , une superette, un cabinet médical et une pro-pharmacie, un distributeur de billet en partenariat avec la Poste , en consacrant au niveau de la Communauté de Communes 65.000 €/an aux écoles , en mettant en place un service de transports, la téléphonie mobile, en créant un centre de secours et en relançant la filière bois.
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LE PROJET DE DEVELOPPEMENT DES ACTIVITES NEIGE DE MIJANES

En 2004, un comité de pilotage réunissant l’Etat et ses services, l’ONF, le Conseil Général de l’Ariège, la Région Midi Pyrénées et la Communauté de Communes a été mis en place pour déboucher sur le projet validé par le Préfet de Région Midi Pyrénées le 22/03/2007 et après de nombreuses concertations. Et ce projet préserve totalement le concept « nature et tout public » avec de nouvelles pistes de ski mais aussi un jardin des neiges, une piste de luge unique dans les Pyrénées (600 m de long), le développement de la raquette et la relance du ski de fond.
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Pour répondre à la demande actuelle, il convient donc maintenant d’agrandir le domaine skiable et d’améliorer l’offre neige au sens large, ceci en conservant les atouts de la station. Il est à noter que toutes les stations qui évoluent génèrent un apport de nouvelle clientèle et un retour de l’ancienne qui avait déserté le site qui se sclérosait
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Il est à noter que la zone d’aménagement des nouvelles pistes est située sur un versant nord-est, à une altitude comprise entre 1650 et 2166m et qu’elle bénéficie d’un enneigement naturel particulièrement conséquent (bon couvert forestier jouant le rôle de barrière à neige, zone de dépôt de la neige par le jeu des vents dominants à l’est du pic de Tarbésou).
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UN CONCEPT COULEUR NATURE PRESERVE

Côté environnement, 13 hectares sont concernés par les travaux sur les 12.500 ha du canton soit environ 1/1000eme... Ils seront entretenus l’été par les troupeaux : bel exemple de complémentarité tourisme/pastoralisme. Et sur ces 13ha, près de la moitié sont utilisés en l’état.

Pour ce qui est de la prise en compte paysagère :..... (Voir le document original)

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Ces mesures d’intégration et de compensation (anti hors pistes, traitement des lisières, signalétique, signalisation des câbles, ouverture ciblée du milieu, engazonnement, étude grand tétras) représentent plus de 300.000 €.
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UN IMPACT CONSIDERABLE SUR L’EMPLOI

Parmi les 19 emplois actuels de la station, 5 le sont à l’année. Avec le projet, 11 nouveaux seront créés sur le site, 2 actuels précaires seront transformés en CDI, 1 sera créé à l’Office du Tourisme.

Le Domaine des Soulades, dont la reprise a été déclenchée par le projet d’amélioration de la station génèrera 15 à 20 emplois. Soit au minimum 27 emplois nouveaux à ramener aux 141 actifs actuels du canton (20 % d’actifs en plus)
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LA STATION : UN ELEMENT DE DEVELOPPEMENT PARMI D’AUTRES

Côté activités, les élus ont aussi décidé de ne pas jouer que la carte neige : valorisation de la randonnée pédestre (150 kms de sentiers, 1 topoguide) équestre (ouverture du chemin Vauban en partenariat avec le Parc Naturel Régional des Pyrénées Orientales), valorisation du patrimoine historique (maison du patrimoine du Donezan), efforts conséquents en matière d’habitat, aide aux porteurs de projet, centrale de réservation, recherche d’eau chaude, filière bois, etc...

On le voit bien, la station de ski de MIJANES est le moteur indispensable d’un développement réfléchi du DONEZAN et basé sur la pluri-saisonnalité et la multi-activité.

Extraits du document publié par Communauté de Communes du Donezan

Lire la présentation compléte du projet

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Mijanes en Ariège - Pyrénées : Grand tétras contre téléski


Aux confins de l'Aude et de l'Ariège, la petite station de ski de Mijanès-Donezan n'a pu maintenir ouvertes que deux pistes sur onze pour les vacances de février. Et ce grâce aux canons à neige qui équipent depuis 2001 cette station familiale, située entre 1 500 et 2 000 mètres d'altitude, sur un plateau parsemé de forêts et de ruines cathares. Pour tenter de relancer l'activité de cette microstation chroniquement déficitaire, les élus locaux ont prévu une nouvelle extension.

Le projet, validé en mars 2007 par le préfet de région, prévoit la construction d'un téléski et la création de trois pistes supplémentaires pour un montant de plus de 2 millions d'euros. Il est contesté par les militants du Comité écologique ariégeois (CEA), qui dénoncent une "fuite en avant".

Les opposants rappellent que le conseil général de l'Ariège a déjà dû verser une subvention exceptionnelle de 67 000 euros à la station, victime du manque de neige la saison dernière. Ils soulignent aussi les réserves émises par le trésorier payeur général du département sur l'opération.

Les écologistes sont aussi inquiets pour le grand tétras. Cet oiseau vit dans les bois qui doivent être coupés pour aménager la station. Incapable de voler sur de longues distances en raison de son poids (plus de 5 kg pour les mâles) et de ses ailes atrophiées, cette espèce de coq de bruyère géant est très sensible aux dérangements. Surtout en hiver, quand la nourriture se fait rare et qu'il lui faut économiser de précieuses calories en attendant le retour du printemps. La population de grand tétras, qui a disparu des Alpes durant la dernière décennie, est en chute libre dans les Pyrénées. On n'en recense plus que 3 500 individus, contre 9 000 dans les années 1960.


CANTON DÉSERT
"L'espèce est en sursis", estime Michel Métais, directeur de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui vient d'écrire à Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la forêt, pour lui demander de refuser l'autorisation de coupe des arbres. Une trentaine d'associations de protection de l'environnement ont rejoint le combat local du CEA.

A Mijanès, où l'on attend depuis l'été 2007 le feu vert du ministre pour lancer les travaux, on préfère compter les habitants et les emplois plutôt que les oiseaux. Au dernier recensement, 535 personnes habitaient le canton le plus désert et le plus isolé de l'Ariège. La route départementale qui le relie à Foix par le col de Pailhères est coupée pendant l'hiver. Avec dix-neuf postes, dont quatorze saisonniers, la station est le principal employeur du canton. Un promoteur privé, qui vient de racheter les 350 lits de l'unique résidence de vacances construite par les élus dans les années 1970, promet la création de quinze à vingt emplois supplémentaires.

"Sans la station, on va perdre la gendarmerie et la poste", se désole Georges Vigneau à l'office de tourisme. Pour cet agent de développement local, les écologistes du CEA sont "des intégristes". Il assure que le déboisement envisagé, limité à 1,5 hectare, ne nuira pas au grand tétras. Des panneaux d'information, des barrières en bois destinées à empêcher le ski hors-piste et des balises rouges fixées sur les câbles du téléski pour éviter les collisions avec les oiseaux ont été intégrés au projet d'extension.

Ces mesures de protection suffiront-elles ? Les naturalistes en doutent. Et s'indignent de constater que la chasse au grand tétras est toujours autorisée en Ariège. Le plan de chasse prévoyait 39 autorisations de tir en 2007. Sauf dans le Donezan, où la population était jugée trop faible.

Auteur : Stéphane Thépot
Source : Le Monde du 04.03.08

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Mijanès : Le grand Tétras sauvé, le défrichement naura pas lieu !

En mars 2007, le Préfet de Midi-Pyrénées signait un arrêté permettant l'extension de la station de ski de Mijanès-Donezan, sur la commune de Mijanès en Ariège.

Cette extension prévoit une augmentation de plus de 40 % de son domaine skiable au détriment de la vallée de la Maure, espace naturel doté dune richesse écologique remarquable, les experts y ayant notamment identifié la présence du Grand tétras et de l'Ours.

Cette vallée sur le point d'être investie par les bulldozers à des fins de terrassement et de bétonnage pour accueillir des téléskis et des nouvelles pistes a finalement été sauvée de justesse.

Le juge administratif de Toulouse saisi en référé par les Associations Le comité écologique ariègeois, Nature Midi-Pyrénées et France Nature Environnement (FNE) a par une ordonnance du 24 juillet 2008 ordonné la suspension de l'exécution des travaux de défrichement autorisés par le Ministre de l'Agriculture, Monsieur Michel BARNIER.
Le Juge a estimé que les impacts des défrichements en forêt domaniale auraient des conséquences trop importantes sur le Grand tétras, oiseau forestier sauvage, rare et emblématique de nos régions montagneuses.
Eu égard à l'intérêt porté par l'Europe à la protection de cette espèce en voie d'extinction et l'impact prévisible du projet pouvant conduire à sa disparition " de l'Est des Pyrénées ", le juge a conclu qu'une erreur manifeste d'appréciation entachait la décision du Ministre. Il a en effet considéré qu'aucune mesure compensatoire proposée ne permettait d'empêcher l'extinction de l'espèce sur ce territoire.

L'ensemble des associations se félicite donc de cette décision, première étape vers la victoire pour la sauvegarde du Grand tétras en France.

Communiqué de presse de la FNE du mardi 29 juillet 2008

Commentaires sur ce communiqué : Un massacre socio-économique


La protection du milieu de vie du grand tétras ou du tétras lyre ne signifie pas ne rien faire, laisser à l'abandon et à l'embroussaillement ou l'ensauvagement. Les associations écologistes dites de protection de la nature ont tendance à confondre protection et sauvage mais surtout à oublier les trois piliers du développement durable.

En effet, il existe de nombreux tétras dans des lieux tout à faite surprenant à proximité d'activités humaines et même de pistes de ski..Et ceci depuis des décennies. C'est le cas à Barèges dans la forêt du Lienz ou à la station de fond du Val d'Azun dans les Hautes-Pyrénées pour ne citer que ces deux espaces.

Pour Mijanes, un dialogue et des études avaient été entrepris avec l'ensemble des parties et notamment l'ONF (qui connaît le problème pour les coupes de bois) et l'ONCFS, c'est-à-dire l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage qui a autorité sur le sujet du grand tétras,… du moins peut-on le penser. (1)

Pour ce petit coin de l'Ariège isolé du département durant les 4 à 5 mois d'hiver (2), attirer les touristes pour maintenir une vie au pays avec des jeunes est indispensable. Le seul pastoralisme ne permet plus de suffire. Nous ne sommes plus au XIXème siècle à vivre avec les loups et les ours. Malheureusement il semble que pour les environnementalistes ce soit la seule issue. Satisfaire quelques privilégiés en mal de sauvage semble être l'objectif. Exercer une forme d'activisme pour leur avantage personnel très égoïste au détriment de toute une population autochtone paraît être leur principale motivation.

Le grand tétras peut vivre à proximité d'une station. Ca existe. Certes les travaux sont dérangeants mais en les évitant à certaines périodes de l'année et en rétablissant le biotope il est également prouvé que les volatiles reviennent. Le problème n'est donc pas les travaux mais l'avenir.
Dans l'hypothèse où l'avenir est l'ensauvagement du milieu comme le souhaite idéologiquement certains naturalistes comme Stéphan Carbonnaux, nous savons que le tétras est condamné. Pour exemple, il est difficile de signaler une initiative des chasseurs d'une vallée du Béarn qui sont allé défricher discrètement des anciennes praires de fauche en lisière de forêt. Le tétras est revenu de lui-même dans des proportions très satisfaisantes sans introduction quoi que ce soit. Pourquoi ? Ils ont tout simplement rendu le milieu habitable par le volatile au lieu de le laisse s'ensauvager.

Bien sûr, ce genre d'expérience n'est pas mentionné dans les libres de bibliothèques ou de muséums. Alors nos " écologistes " de salon ne peuvent pas en avoir connaissance. Sachant que leur amour pour la nature se limite aux week-end qu'ils veulent passer dans une nature la plus sauvage possible, nous voyons le fossé qui se creuse entre deux mondes : d'une part, une petite minorité d'urbains avec des concepts idéologiques plus que naturalistes et, d'autre part, ceux qui vivent au contact de la nature par la nature qui cherchent tout simplement à survivre.

Les conséquences économiques et sociales sont considérables dans un canton qui ne compte pas plus de 600 âmes. 11 emplois directs qui disparaissent. 11 jeunes qui ne resteront pas au pays qui s'ensauvagera un peu plus, 11 familles qui vont disparaître ou se dissocier, des écoles qui vont encore fermer, des services publics, des commerces, etc… qui vont disparaître. Et tout ceci parce que quelques associations écologistes ne pense qu'écologie et non développement durable. Ont-ils réfléchis à cette question : Quel avenir proposent-ils aux enfants de ces villages ?
La réponse est limpide : aucun !
Mais ce n'est pas la planète… Et c'est la planète qu'il faut sauver de l'homme prédateur.

N'est-ce pas là une forme de crime social ? Les habitants peuvent-ils se retourner contre ces associations pour saccage socio-économique ? Le peuple vivant sur ces territoires n'a-t-il pas droit à la révolte pour se faire entendre et surtout pour vivre ?

Avec ce type de conflits assez lamentables que nous retrouvons dans tous les actes de la vie des vallées de montagne des Pyrénées, nous ne sommes pas prêts de trouver la sérénité et le dialogue.

(1) Quelles compétences pour l'ONCFS ?


L'ONCFS a participé à l'élaboration du projet d'extension de la station de Mijanes. Il est aussi un des maîtres d'œuvre en matière d'introduction et de suivi de l'ours dans les Pyrénées. Sur ce dernier point il assez critiqué. La décision du Tribunal Administratif serait-elle aussi une sanction des compétences de l'ONCFS ?
Nous nous permettons de poser une nouvelle fois la question.

(2) Le Donezan


Ce coin de l'Ariège - Pyrénées appelé le Donezan et coupé de son département durant tout l'hiver. Il ne peut en sortir que par les gorges de l'Aude que domine Querigut et ainsi avoir accès au département de l'Aude en aval ou des Pyrénées-Orientales par le Capcir en amont.

Louis Dollo, le 13 août 2008

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Un coq de bruyere suspend l'agrandissement d'une station de ski


Les travaux d'agrandissement de la station de ski ariegeoise de Mijanes ont ete suspendus par le tribunal administratif de Toulouse en raison de la presence sur les lieux du Grand Tetras, un gros coq de bruyere vivant dans les forets de coniferes, ont indique jeudi trois mouvements ecologistes.

Ces trois associations - France Nature environnement, Nature Midi-Pyrenees et le Comite ecologique ariegeois - avaient saisi en refere le tribunal administratif de Toulouse pour denoncer un arrete prefectoral de mars 2007 permettant l'augmentation de 40% du domaine skiable de la petite station.
Le tribunal administratif leur a donne raison le 24 juillet dernier en suspendant les travaux de defrichage pour defendre le Grand Tetras, espece "rare et emblematique des regions montagneuses".

Les trois mouvements ecologistes saluent cette decision, "premiere etape vers la victoire pour la sauvegarde du grand tetras en France".
Selon la Ligue de protection des oiseaux qui a mene une enquete en Alsace, le Grand Tetras est surtout menace par la destruction des biotopes qu'il frequente et par l'accroissement des derangements lies a la penetration humaine des forets.

Pour la Communaute de communes du Donezan a l'origine du projet d'agrandissement qui comportait notamment la creation d'une piste de luge de 600 metres, les travaux auraient conduit a la creation de 11 emplois supplementaires dans la station.

Source : TV5 du 31 juillet 2008

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Malgré les turbulences, Mijanès croit en son avenir


Sport d'hiver. En attendant le verdict concernant le projet d'extension, la station prépare sa saison.

Depuis fin juillet, l'exécution des travaux de défrichement est suspendue. Photo DDM, St. M.« Pour une station qui massacre, il y a quand même pire », ironise Georges Vigneau, agent de développement à la communauté de communes du Donezan. Posté sur la terrasse du chalet d'accueil de la station de Mijanès, il contemple le domaine skiable. La pureté qui se dégage des lieux, où quelques vaches et chevaux ont investi les pentes le long des pylones des trois téléskis, n'est pas sans rappeler le calme que l'on aime à retrouver ici à Noël ou en février. Mais, après l'arrêt du tribunal administratif de Toulouse, le calme a laissé place aux turbulences.

Depuis que la décision est tombée, fin juillet, sur la suspension de l'exécution des travaux de défrichement, élus et professionnels du tourisme se raccrochent au verdict que rendra la cour de cassation. Un recours qui doit démarrer prochainement. Une question de survie pour Mijanès.

2 CDD et 2 CDI en moins
« Ce projet doit permettre de valoriser l'activité neige par la piste de luge, la relance du ski de fond, l'activité raquettes sans oublier l'accueil général », reprend Georges Vigneau. « Cet aménagement doit profiter au pastoralisme ainsi qu'au maintien de la biodiversité dans le canton de Quérigut ». Un écho qui sonne sourd pour les associations écologistes.

En attendant, Mijanès a dû faire face aux premières conséquences qu'a engendré la décision du tribunal. « Deux employés en CDI ont quitté la station ainsi que deux CDD, dont le chef d'exploitation », résume le maire de la commune Christian Dubuc, qui rappelle que le projet d'extension vise à la création de 11 postes supplémentaires sur les 23 que compte l'hiver la station. Moniteur de ski à Mijanes, Pascal Grossi, pluriactif comme beaucoup de ses collègues, est l'été employé à la maison du patrimoine du Donezan, à Rouze. Il redoute que son emploi soit directement menacé en cas de l'annulation du projet. « Je suis à ce jour le seul à être employé à l'année sur la station par la communauté alors oui, cette décision en suspend m'inquiète car nous y sommes forcément liés », commente-t-il.

Un cas qui ne va pas tarir la fronde envers les écologistes. « Je ne négocie pas avec eux. Ils ont fait le choix du grand tétras et nous de l'habitat. Le problème est quand on leur demande ce qu'on fait à la place, ils ne proposent rien », tranche Christian Dubuc.

Extension ou non, Mijanès repartira quoiqu'il arrive pour une nouvelle saison. Dès la mi-octobre, deux mois de travaux seront engagés en amont. « Il y a le fauchage, le contrôle des téléskis ainsi que des travaux au snack qui vont commencer », explique Georges Vigneau. « L'enveloppe permet d'y faire face », rajoute-t-il. Pour combien de temps ?
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«Un rapt de l'argent public» pour le comité écologique
« Ce projet est un rapt de l'argent public et n'a aucun intérêt économique ». Thierry de Noblens, membre du comité écologique ariégeois, l'une des trois associations ayant saisi le tribunal administratif de Toulouse, campe sur ses positions.

« La station de Mijanes ne tient la route qu'un mois dans l'année. En dehors de cela, la plupart des gens qui résident dans le canton vont skier dans des stations plus grandes, comme les Angles ou Font-Romeu. Je ne vois pas comment ils peuvent parler d'une création de 12 emplois alors que la station a réalisé un chiffre d'affaires de seulement 10 000 euros en 2006-2007. Ce serait un projet déficitaire et on ne peut plus massacrer l'argent public comme ça », déclare Thierry de Noblens.

Lorsqu'on le questionne sur les propositions à formuler pour le développement du canton, l'homme évoque le potentiel de la forêt et du milieu sauvage de Mijanès à faire découvrir aux touristes.

Et il assure ne pas vouloir faire une cible sur Mijanès : « Nous nous sommes aussi opposés au projet d'extension à Guzet, où l'affaire est en cours ».

Auteur : Stéphane Marcelot
Source : La Dépêche du Midi du 29 septembre 2008

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Le coq de la discorde à Mijanès


«Ici, on a des difficultés humaines plutôt que financières...» note acide, Georges Vigneau conseiller municipal à Carcanières ( 09), très contrarié par le conflit autour du coq de bruyère qui a mené élus et opposants écologistes jusqu'à la Cour de cassation...Carcanières est l'un des sept villages de la communauté de communes( 535 habitants au total) qui via une régie, gère la petite station de Mijanes. 1 530 mètres au pied des pistes et

2 000 en haut... pour le moment. Car les élus du canton espèrent l'agrandir, avec notamment trois nouvelles pistes de ski en altitude. Un projet bloqué par l'opposition des écologistes qui invoquent la menace pour le grand tétras....

La décision de la Cour de cassation est en cours. Mais déjà, «par manque de perspectives d'avenir, enrage Georges Vigneau, trois employés de la station viennent de quitter le canton...»

Source : La Dépêche du Midi du 5 novembre 2008

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