L’avenir des stations de ski des Pyrénées : un redressement nécessaire, des choix inévitables

 

 

Dans le cadre de son rapport public annuel publié le 11 février 2015 la Cour des comptes présente une sélection d’observations et de recommandations de la Cour et des chambres régionales et territoriales des comptes (CRTC). Parmi celles-ci nous trouvons un chapitre sur « l’avenir des stations de ski des Pyrénées » en préconisant un redressement nécessaire et des choix inévitables.

Après les rapports de la chambre régionale et territoriale des comptes en 2014 sur le Syndicat départemental des stations de sports d’hiver des Hautes-Pyrénées et la Régie des Sports d'hiver de Luz-Ardiden ce chapitre sur "l’avenir des stations de ski des Pyrénées" présente des conclusions / recommandations intéressantes mais également des avis des collectivités territoriales et des gestions de stations qui laissent entrevoir ce que pourrait être l’avenir de certains stations.

Les Pyrénées françaises comptent une trentaine de stations de ski alpin. Elles ont pendant plusieurs décennies permis de maintenir une activité économique en zone de montagne et de limiter l’exode rural.

Nombre de ces stations sont aujourd’hui confrontées à des difficultés majeures, qui ont conduit les chambres régionales des comptes de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées à examiner dans le cadre d’une enquête commune, complétée d’avis budgétaires, la gestion d’une vingtaine d’entités : les stations de ski et leurs communes de rattachement (1) mais également des structures de promotion du ski (2). Les trois stations des Pyrénées-Atlantiques n’ont pas été incluses dans l’enquête mais ont fait l’objet d’un contrôle en 2011 par la chambre régionale des comptes d’Aquitaine, Poitou-Charentes. Par ailleurs, la Sindicatura de comptes de Catalogne, « chambre » des comptes de la communauté autonome de Catalogne (Espagne), a contribué à ces travaux en assurant le contrôle des cinq stations de ski publiques relevant de sa compétence, retracé sous la forme d’encadrés. (2)(3)

Cette enquête conduit la Cour à dresser un triple constat.

  1. Les stations de ski des Pyrénées doivent faire face à une érosion continue de leur fréquentation dans un environnement contraint (I).
  2. Bien que contrastées selon leur taille et leur notoriété, leurs situations budgétaires et financières sont souvent tendues et les finances publiques locales fortement sollicitées (II).
  3. Pour autant, des initiatives sont prises et des actions engagées pour tenter d’adapter le modèle économique existant, qui a atteint ses limites (III).

Dans ce contexte, la Cour formule des recommandations pour assurer la viabilité d’une activité aux retombées économiques réelles dans les territoires de montagne.

Le rapport complet de la cour des comptes et l'avis des structures gestionnaires

Conclusions et recommandations de la Cour des Comptes

La pérennité des stations de ski des Pyrénées est conditionnée à la nécessité d’atteindre une taille critique et de mettre en œuvre une véritable stratégie de développement territorial qui ne soit plus exclusivement centrée sur le ski alpin, en particulier en moyenne montagne.

Seule une meilleure anticipation des mutations en cours peut permettre d’éviter une fermeture brutale des stations les plus vulnérables et l’effondrement d’un pan entier de l’économie des territoires de montagne.

Il est impératif que le soutien public soit désormais réservé aux collectivités qui acceptent de se restructurer et de repenser leur modèle économique. Le contribuable public ne peut pas soutenir des stations de ski qui sont dans l’incapacité structurelle d’assurer leur équilibre d’exploitation.

Dans le massif pyrénéen, ce travail nécessite la participation de l’ensemble des acteurs de la montagne, publics et privés, à l’élaboration d’un projet de territoire concerté.

La Cour des comptes formule les recommandations suivantes :

À l’État :

1. demander aux préfets de prendre en compte le caractère structurant des sports d’hiver dans les schémas de coopération intercommunale.

Aux régions et départements :

2. contribuer à l’élaboration d’un projet de territoire avec toutes les parties prenantes ;

3. choisir les projets d’investissement en fonction du projet de territoire et des besoins de la clientèle.

Aux collectivités gestionnaires :

4. assurer l’équilibre d’exploitation ou, à défaut, envisager l’arrêt de l’activité en cas de difficultés structurelles trop importantes ;

5. développer la mutualisation entre les différents opérateurs, notamment dans le domaine des achats et de la politique commerciale.

Réactions de la station et du village de Gavarnie

Journal de TF1 du 16 février 2015 à 20h30 : "Les stations de ski, qui font le plein en ce moment. Mais ça ne suffit pas forcément à assurer leur rentabilité. Dans les Pyrénées, notamment, certains villages perdent de l'argent. La cour des comptes vient de pointer le problème dans son dernier rapport. C'est le cas notamment à Gavarnie. Le Cour des comptes préconise une mutualisation des moyens entre petites stations".
Source vidéo : Un rapport de la Cour des comptes pointe les difficultés des stations de ski

Le reportage met en évidence le manque d'hébergements disponibles dans la station. Il faut noter que 7 ans procédure administratives avec les associations écologistes a épuisé beaucoup d'investisseurs. A noter que ces associations ont perdu toutes les procédures. Une démarche pour rien qui met des communes et leurs habitants à genou. A chacun d'apprécier....

Notes :

(1) En Midi-Pyrénées : Ascou-Pailhères, Ax 3 domaines (Ariège), Superbagnères (Haute-Garonne), Gavarnie-Gèdre, Luz-Ardiden, Peyragudes, Tourmalet, Val-Louron (Hautes-Pyrénées) ; en Languedoc-Roussillon : Camurac (Aude), Cambre d’Aze, Les Angles, Font-Romeu Pyrénées 2000, Formiguères, Porté-Puymorens, Puigmal, Puyvalador-Rieutort (Pyrénées-Orientales).

(2) Association « Les neiges catalanes », SEM N’PY, Syndicat départemental des stations de sport d’hiver des Hautes-Pyrénées.

(3) Artouste, Gourette, La Pierre-Saint-Martin (Pyrénées-Atlantiques).

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Stations de ski des Pyrénées
Accès et animations des stations de ski

 

La situation du versant espagnol (1)


Les stations de ski alpin des Pyrénées espagnoles sont, pour la plupart, situées dans les comunidades autónomas (régions) d’Aragon et de Catalogne.

En Aragon, il y a cinq stations de ski : deux sont exploitées par des opérateurs privés et trois sont gérées dans le cadre d’une société privée à capital mixte (public/privé) dénommée Aramon (montañas de Aragón). Toutefois, la participation publique de la comunidad autónoma n’excédant pas 50 %, la Cámara de Cuentas n’est pas juridiquement habilitée à procéder à son contrôle.

En Catalogne, si quatre stations (en particulier, la station de Baqueira-Beret) sont également exploitées par des opérateurs privés, les cinq autres stations (2), souvent plus petites, sont publiques.

Notes :

(1)La principauté d’Andorre dispose également d’une offre de sports d’hiver avec un important domaine skiable.

(2)La Molina, Espot, Port-Ainé, Valter 2000, Val de Nuría.

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Réponse du Président de la communauté de communes Gavarnie-Gèdre


Je me permets d’attirer votre attention sur plusieurs points que j’ai pu relever.

1- Sur la taille critique et le développement territorial qui ne sont plus exclusivement centré sur le ski alpin.

La chaîne des Pyrénées est un massif montagneux connaissant une forte fréquentation estivale, tant pour ses sites naturels que pour son activité thermale.

L’activité du ski alpin peut être un complément à cette offre estivale, ce qui est le cas de Gavarnie – Gèdre.

Le ski alpin peut être le moyen dans plusieurs stations de constituer un véritable produit « Toute Saison », une véritable offre touristique sur laquelle appuyer notre développement.

Il me semble nécessaire que votre approche financière globale intègre ce paramètre.

2- Sur la notion de marché à maturité

Le marché français du ski est arrivé à maturité. Les Pyrénées françaises ont totalement raté le positionnement stratégique international que seules 2 stations (Baqueira Beret en Espagne et Grandvalira en Andorre) ont su saisir.

La taille des domaines skiables peut expliquer partiellement cette faiblesse. En effet, s’il est préférable de disposer de domaines skiables reliés, cette liaison ne signifie pas pour autant un produit ski au pied.

En Italie, les stations regroupées autour de Superski Dolomiti ont su relever ce challenge.

Ces regroupements, l’existence d’une liaison aisée, permettent d’offrir un véritable produit, entrant pleinement dans le champ des produits commercialisables par des professionnels du voyage.

La vallée des Gaves dans les Hautes Pyrénées, avec la ville de Lourdes comme porte d’entrée, dispose de tels atouts.

Les destinations de Lourdes et Carcassonne sont mondialement connues. Toulouse est l’une des capitales mondiales de l’aéronautique. Gavarnie est l’un des 23 sites au monde à disposer d’un double classement UNESCO au titre de notre patrimoine naturel et culturel.

Pourtant les Pyrénées restent une destination locale, française ou espagnole.

Je ne peux donc que souscrire à votre principe de mutualisation dans le domaine de la politique commerciale mais dans le cadre d’un développement et non d’un repli sur nous-même pour générer de simples économies de structures.

Je pense que cette mutualisation pourrait aller jusqu’à des regroupements de structures.

3- Sur le positionnement du produit « Pyrénées » et son attractivité

Le produit ski est une composante de la destination, qui comprend l’offre de loisirs et l’hébergement.

Le niveau qualitatif de l’hébergement est un véritable frein à un positionnement international et à la conquête de nouveaux marchés, bien plus que les équipements liés au ski lui-même qui sont globalement conformes aux standards internationaux.

Le développement du tourisme en général dans nos vallées passe par une aide à la reprise de nos commerces, lieux d’hébergement et de restauration et une modernisation de ceux-ci aux standards internationaux.

À titre d’exemple, Gavarnie Gèdre accueille chaque année depuis plus de trois ans des groupes en provenance du Japon au début du mois de juin. Nous sommes contraints de loger ces groupes dans des hébergements classés 2* par défaut d’offre de qualité supérieure. Ces mêmes groupes sont logés pendant le même séjour dans des hébergements 4* sur Barcelone.

Nous rencontrons les mêmes manques avec la clientèle cycliste,très présente dans notre vallée, attirée par les nombreux cols et la présence continue du Tour de France, année après année. Notre offre qualitative est largement inférieure aux prestations demandées.

Cette question de notre positionnement et notre attractivité constitue un ensemble, dont la station de ski n’est que l’un des paramètres.

4- Sur la réflexion générale du financement de notre modernisation

Je souhaite enfin attirer votre attention sur les modes de financement de la modernisation de nos structures.

En France, les remontées mécaniques ne sont pas éligibles aux subventions Européennes.

L’Autriche comme l’Italie ont construit une grande part de leurs domaines avec l’aide de subventions. L’Europe finance aujourd’hui des projets dans des pays membres de l’UE ou dans le cadre de partenariat avec des pays dont les négociations sont en cours avec l’UE.

Ces stations sont souvent de même taille que nos stations pyrénéennes, à une altitude guère plus élevée et parfois sous des latitudes équivalentes.

Avec le développement du trafic aérien, ces stations seront demain nos principales concurrentes tant dans la conquête de clientèles internationales de proximité (2 heures d’avion), qu’en tant « qu’attractivité exotique » pour notre clientèle locale.

Ce point n’est pas de notre ressort, en tant que collectivité locale, mais génère une frustration importante et un sentiment de non équité.

Le tourisme est le moteur principal de nos territoires de montagne et nous devons disposer des mêmes armes que nos amis et voisins membres de l’UE pour nous développer de façon cohérente.

Il m’apparaissait important, au regard des recommandations que vous vous apprêtez à formuler, d’attirer votre attention sur ces quelques points.

Leur absence de prise en compte par les régions et départements, l’État ou nos collectivités, nous amènerait à ne pas traiter correctement l’avenir de nos stations et de nos territoires ruraux de montagne.

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Réponse du Président du SIVOM de l'Ardiden et de la Communauté de communes du Pay Toy

Je tiens avant tout à préciser que les informations contenues dans le projet de rapport ne sont plus tout à fait d’actualité car l’alternance électorale de mars 2014 a permis à une nouvelle équipe d’élus de dénoncer des pratiques budgétaires illicites, et des projets utopiques de l’ancienne majorité. Une nouvelle génération d’élus valléens a pris la mesure de la situation et a compris que la politique de la « fuite en avant » n’aboutirait qu’à une aggravation de notre situation financière.

Comme le précise le rapport de la Cour « la recherche d’un équilibre artificiel a conduit à des pratiques contraires aux principes de la comptabilité publique ». Cela était particulièrement vrai pour ce qui concerne les trois derniers exercices budgétaires de la station de LuzArdiden, mais, à notre demande, le Préfet des Hautes Pyrénées a saisi la Chambre Régionale des Comptes, qui nous accompagne aujourd’hui dans notre gestion budgétaire.

Par ailleurs, votre rapport indique qu’il existe « de lourds investissements dont le financement et la rentabilité sont souvent très incertains ». À juste titre le rapport parle même de risque d’une « fuite en avant » en mentionnant les anciens projets d’investissement de la station de Luz-Ardiden.

La professionnalisation de la gestion de nos stations me paraît en effet indispensable, et j’estime aussi que « l’intercommunalité est un échelon insuffisant pour promouvoir l’activité des stations de ski et organiser la solidarité sur notre territoire ». Les retombées économiques de l’activité ski s’étendent sur un territoire beaucoup plus étendu que celui des communes dont la fiscalité porte la structure. Comme cela a été fait dans les Pyrénées Atlantiques, il serait souhaitable qu’une réflexion de cohérence territoriale et de soutien financier se mette en place au niveau du Conseil Général des Hautes Pyrénées. Cependant, les critères de rentabilité doivent être objectifs. Il me semble, par exemple, complètement subjectif d’affirmer qu’une « absence de services au pied des pistes et un accès routier « difficile » ne seraient plus adaptés à la demande ». Les grandes liaisons téléportées ne satisfont pas tous les types de clientèles et la proximité du véhicule au pied des pistes est un avantage que de nombreuses familles apprécient, (180 000 journées skieurs vendues la saison dernière). Le dénigrement de la route d’accès a été un outil de propagande pour les vendeurs de projets de liaisons téléportées (techniciens, élus et autres consultants). Bien entendu le message c’est banalisé, mais je considère qu’affirmer qu’une route d’accès n’est « plus adaptée à la demande » est un jugement entièrement subjectif qui n’a rien à faire dans un rapport de la Cour de Comptes.

J’ai trouvé particulièrement pertinente la liste de critères de rentabilité proposée par la FGC dans « l’approche Catalane ». Il est question de 4 critères de rentabilité :

  • Au moins 40 kilomètres de pistes. (Luz-Ardiden compte plus de 60 km de pistes)
  • Un prix moyen minimal de 20 euros. (En raison de la fréquentation de nombreux bus scolaires grâce à la route d’accès, notre prix moyen n’est que de 20,50€ mais la CRC nous dirige vers le chiffre de 22€)
  • Une distance maximale de deux heures d’un bassin de population important. (Pays Basque, Toulouse et Bordeaux)
  • Au moins 250 000 visiteurs par an en moyenne. (Nous sommes récemment passés sous la barre des 200 000 journées skieurs, mais Luz-Ardiden a connu des années de fréquentation à la hauteur de 280 000 journées par saison.)

Un critère d’altitude minimum du bas de station pourrait par ailleurs compléter cette liste.

Aujourd’hui je constate que les stations de ski des Pyrénées sont aidées selon leur appartenance à un Département plutôt qu’un autre, ou selon des critères européens (transports urbains) qui ne correspondent pas à une cohérence territoriale.

Enfin, je souhaite confirmer que la SEM N’PY apporte, en effet (bas de la page 16), de nombreux bénéfices à ses adhérents, tant par la mutualisation des achats que par l’assistance technique, ainsi que par la vente en ligne des forfaits. Mais tout cela a un coût pour les stations, et affirmer qu’ N’PY « permet d’augmenter les recettes des stations adhérentes », c’est faire un raccourci qui n’est pas basé sur les faits. La marque N’PY est un indéniable succès et les futurs services du groupe permettront certainement à la SEM N’PY d’accroitre ses revenus et sa profitabilité sur un marché du ski compliqué. Néanmoins, c’est seulement quand N’PY parviendra à attirer plus de visiteurs dans nos vallées et plus de skieurs sur les domaines skiables de toutes les stations adhérentes que le résultat sera probant.

Pour conclure ma réponse, je tiens à dire que les élus du SIVOM comprennent parfaitement que la poursuite de l’activité de notre station passe par des choix stratégiques nouveaux et un redressement progressif. Les cinq communes du SIVOM du Pays Toy contribuent seules au soutien financier de la station depuis ses débuts il y a 40 ans. Ce soutien va continuer dans l’avenir, mais en qualité de Président de la Communauté de Communes du Pays Toy je m’emploie activement à élargir la structure porteuse des stations de ski de notre vallée.

Pour terminer, ce rapport me donne l’occasion de suggérer à l’État d’exonérer les stations des Pyrénées de toutes les charges sociales de leurs employés saisonniers. Il serait en effet beaucoup plus efficace de donner un coup de pouce à l’emploi direct plutôt que de subventionner des études concernant des projets irréalistes.

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Réponse de Michel Pélieu, président de la SEMAP-Peyragudes, de la SEM N'Py et de la communauté de communes de la vallée du Louron


Si je partage, globalement, les constats, analyses et réflexions du document produit, certains éclairages me semblent devoir être apportés.

Il s’agit, tout d’abord, de rappeler le rôle essentiel de l’État et de ses services, dont le SEATM, dans la création et le développement de stations de sports d’hiver.

C’est le Plan Neige, des années 1975 et suivantes, qui s’appuyant sur des projections de progression très conséquente du pourcentage de la population intéressée par l’activité ski et sports d’hiver, a incité les collectivités de montagne à investir dans ce domaine.

Aménagement du territoire et promesse de développement économique ne pouvaient qu’inciter les collectivités locales à s’investir et à investir dans de tels projets.

Très souvent de nombreux facteurs positifs ont pu être constatés : emplois, commerce, services…, c’est-à-dire revitalisation des Vallées de moyenne et haute montagne ; vallées vouées, notamment à partir de l’hécatombe de la Première Guerre Mondiale, à la désertification, à une mort plus ou moins rapide.

Évoquer la sauvegarde des milieux naturels en la matière c’est d’abord rappeler que pour une des premières fois ce sont les populations locales et leurs représentants qui décident du type d’aménagement des milieux dans lesquels elles veulent vivre.

Jusque-là, et sans remonter trop loin dans le passé, les aménagements et les équipements des Vallées ont été imposés de l’extérieur aux populations.

Grands barrages précédés d’expropriation, industrialisation, exploitation de mines, accélérant le mouvement d’abandon de l’agriculture et de l’agro-pastoralisme.

Économie à laquelle les populations locales n’étaient aucunement associées, si ce n’est comme main d’œuvre bon marché.

Il appartient aux populations locales, et à leur représentants démocratiquement élus, d’affirmer le cadre dans lequel elles souhaitent vivre et travailler, et non, comme hier, se le voir imposé par des groupes industriels extérieurs, ou aujourd’hui, par des individus, d’horizons divers, qui veulent contraindre par l’intimidation, la force et violence, la soumission à des concepts ou des dogmes étrangers aux populations montagnardes.

Ainsi évoquer la ressource en eau et l’impact sur l’environnement de la de la neige de culture caractérisent une antienne méconnaissant la réalité de la quasi-totalité des stations de sports d’hiver des Pyrénées françaises.

Le prélèvement de l’eau, dans le respect des débits réservés (décidés par l’État et ayant pour principe de ne pas impacter le milieu), est effectué à une période (l’automne) au cours de laquelle l’agriculture n’est que peu consommatrice et les hébergements touristiques peu ou pas occupés.

Aucun additif chimique, bactériologique ou autre n’est ajouté à l’eau.

L’énergie électrique nécessaire provient de la production hydroélectrique (énergie renouvelable et non polluante).

Au printemps, la fonte de cette neige restitue (hormis en très faible prélèvement occasionné par l’évaporation) l’eau, à une époque utile pour l’agriculture.

Par ailleurs, outre quelques erreurs et approximations de chiffres contenus dans ce rapport, je regrette les termes qui laisseraient penser que seules les collectivités concernées (communes et intercommunalités) soient à l’origine d’errements et d’insuffisance de maîtrise des interventions.

Pourquoi n’est pas soulignée l’inégalité de traitement en matière de concurrence alors qu’il appartient à l’État d’y veiller ?

Ainsi, dans certains cas les investissements sont assumés par un département et non par la collectivité, autorité organisatrice, alors que dans d’autres cas, c’est cette collectivité qui en supporte la totalité ou la quasi-totalité.

Taux de subventions de l’ordre de 80 % en matière d’investissements sur certaines stations (notamment espagnoles), de moins de 25 % en moyenne, sur d’autres.

Je dois également évoquer la notion d’altitude, dont la faiblesse n’est pas l’unique paramètre à considérer, car le positionnement dans le massif et l’orientation du domaine sont des éléments au moins aussi importants.

Néanmoins, reprenant mes propos introductifs, je suis très largement d’accord avec la conclusion et les recommandations de la Cour des comptes.

En ma qualité de Président de la SEM N’PY, je ne peux que partager le souci visant à : « la professionnalisation de la gestion apparaît indispensable. Elle permet d’une part, une meilleure maîtrise des coûts et, d’autre part, la mise en œuvre d’une stratégie commerciale adaptée.

La mise en commun des moyens semble contribuer favorablement au maintien de la compétitivité d’une station. Pour les petites stations, l’adossement à une plus grande station paraît bénéfique. »

En ma qualité de Président de la communauté de communes de la Vallée du Louron, d’une part, de la SEMAP et de la SEM N’PY, d’autre part, j’ai mis en œuvre et je poursuis, par l’intermédiaire de la création, à l’étude, d’une Société Publique Locale Valléenne regroupant les stations de Peyragudes et de Val Louron, le développement de la mutualisation dans tous les domaines, des achats à la politique commerciale.

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Réponse de la directrice générale d'Altiservice


Je partage, dans son ensemble, votre conclusion et vos recommandations ainsi que votre présentation auxquelles je souhaite cependant apporter des éléments qui me semblent importants de prendre en considération.

Le projet présente le marché du ski dans les Pyrénées comme un marché mature aux perspectives de croissance réduites et prévoit la poursuite voire l’amplification du phénomène de tassement de l’activité.

Je souhaite évoquer les perspectives de ce marché :

Quatre des dix premières villes françaises (Toulouse, Bordeaux, Montpellier et Nantes) sont situées dans la zone de chalandise dont trois ans dans le bassin de proximité des stations des Pyrénées. Leur dynamisme et leur croissance sont une opportunité pour le marché du ski.

Les stations des Pyrénées sont reconnues pour leur convivialité et leur authenticité, des traits de caractère qui plaisent beaucoup aux familles et renforcent l’attractivité de la destination.

La clientèle touristique des stations de ski des Pyrénées est aujourd’hui majoritairement française ; elle provient principalement du grand ouest de la France. L’Espagne représente la part de clientèle étrangère la plus importante. Cette zone de chalandise peut tout à fait évoluer et s’étendre en France (Paris) comme en Espagne (Madrid, Barcelone...) sans oublier d’autres pays européens (Angleterre, Belgique...).

Je tiens à souligner, dans ce sens, la démarche menée par la confédération pyrénéenne du tourisme avec les stations pour promouvoir les stations des Pyrénées sur les marchés espagnol, parisien et londonien.

L’évolution des transports est notable avec l’arrivée à l’aéroport de Toulouse Blagnac de vols spéciaux en provenance de l’Europe entière pour la saison de ski. L’offre de transport aérien est en progression pour la saison à venir.

Des initiatives de commercialisation de séjours (centrale de réservation, place de marché..) se multiplient et rendent la destination touristique plus accessible au niveau national.

Enfin, dans un contexte économique plus favorable, la clientèle espagnole, en retrait ces dernières années, redevient un potentiel de croissance.

Le projet évoque la progression des équipements de neige de culture et pose la question de la ressource en eau, de son usage et de son impact environnemental.

Il est important de rappeler que la fabrication de neige de culture s’effectue à partir de la pulvérisation dans l’air ambiant d’un mélange d’eau et d’air et qu’aucun additif n’est utilisé dans le processus de fabrication.

Le prélèvement d’eau, destiné à la production de neige, ne constitue qu’une faible part de la ressource annuellement disponible, à une période de faible consommation des autres usagers.

L’eau est globalement abondante en montagne, la neige de culture ne modifie que de façon négligeable sa circulation.

Concernant l’équilibre économique, je considère que la démarche de professionnalisation et d’optimisation de la gestion et de l’exploitation des stations de ski doit se poursuivre et se renforcer. Dans un contexte où les retombées économiques profitent à l’ensemble des communes du territoire, il est important de s’assurer de la pérennité des stations de ski.

Dans le cadre de leur gestion déléguée, les 4 stations Altiservice bénéficient d’un effet de synergie dans de nombreux domaines (achats groupés, commercialisation et promotion, démarche qualité, sécurité...).

Notre stratégie de développement de partenariats commerciaux inter-stations nous permet de proposer une offre ski plus attractive et apporte une meilleure visibilité aux stations partenaires.

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