Marie Sophie Lacarrau ( M.S L) de France 3 Sud : Le projet de
traversée ferroviaire Centrale des Pyrénées , un
vrai serpent des mers, ce tunnel qui relierait la France et l'Espagne
en passant par la vallée des Gaves on en parle depuis plus de
10 ans de ce projet. Projet qui passerait par le Plateau de Lannemezan
entre Hèches et Bielsa?
C. Castéran ( C.C) de la NTP : "exact..."
MS L : Comment vous pouvez vouloir cette traversée dont
personne ne veut dans la vallée
des Gaves juste à côté?
C.C: Eh bien pourquoi? C'est tout simple: vu que nos voisins
de la vallée des Gaves ne l'ont pas voulu, j'ai pensé
qu'il était dommage pour le département de perdre ce projet
d'intérêt économique général qui concerne
tout le département et après une petite réflexion
j'ai pensé que chez nous à Lannemezan, sur le plateau
de Lannemezan, vu que les atouts que nous possédons donc il était
possible d'envisager une Traversée Centrale des Pyrénées..
Quels intérêts économiques pour le département
? Quelle partie du département ? Avec l'abandon de quels
autres intérêts économiques ?
Y a-t-il eu une étude d'impact économique, social,
culturel avant de lancer de telles affirmations ?
A notre connaissance, NON !
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MS L : Donc
, dans la Vallée des Gaves, 69 Communes sur 83 ont délibéré
contre ce projet de Traversée Centrale, pourquoi est-ce que c'est
possible de faire la Traversée Centrale sur le Plateau de Lannemezan?
Qu'est-ce qui fait que c'est possible?
C.C : C'est tout simple: euh, nous avons, euh, l'arrivée
des trains qui se fait avec facilité depuis Toulouse parce que
le but de ce projet c'est de relier Toulouse et Saragosse les deux
capitales régionnales par ce projet de tunnel ferroviaire
donc l'accès de Toulouse à Montréjeau puisque ça
monte légèrement, la pente est de 1,1% de la gare de Montréjeau
à la gare de Lannemezan : c'est tout à fait raisonnable
et acceptable pour les trains TGV parce qu'il faut savoir que ce
projet est un projet de TGV marchandises- voyageurs et ferroutage.
Donc, suite de la gare à l'entrée de la montagne c'est
plat comme la table, c'est un plateau de 300 à 400 ha
de landes inutilisé qui sont, euh, comme prédestinés
à un projet de Traversée Centrale des Pyrénées
agrémenté , je dirai d'une plateforme multimodale de logistique
Il faut rappeler quelques faits.
- Si ce
projet est de relier deux capitales régionales, où
est l'intérêt économique pour le département.
Nous voyons déjà que Christian Castéran,
dans sa très grande naïveté, n'est qu'un
électron télécommandé pour satisfaire
le lobbying des deux grandes métropoles.
- Le projet
n'est déjà plus le même que la TCP par le
Lavedan. Castéran nous parle de voyageurs, marchandises
et ferroutage alors que pour la TCP il n'était question
que de ferroutage. Incompréhension ??
- La pente
Lannemezan - Saint-Gaudens est une chose. Celle du tunnel, une
autre. Le plateau est à environ 530 m. Hèches,
600 m, Bielsa 1000 m et
Ainsa 589 m. Ce n'est donc pas "plat comme une
table". Pour être à altitude constante, chacun
pourra apprécier la longueur du tunnel, étant
entendu que pour rallier Ainsa à Barbastro (ligne ancienne
existante depuis Barbastro en direction de Lleida, Huesca et
Saragosse), il y a encore un itinéraire très accidenté.
- Parler
de landes inutilisées... j'imagine que les agriculteurs
et les habitants vont apprécier le mépris affiché
par Castéran. Par ailleurs ces landes renferment un certain
biotope dont il faudra analyser l'intérêt. Y a-t-il
eu une étude d'impact environnementale ? A notre connaissance
NON !
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MS L : Et
sur ce plateau, il n'y a rien à craindre sur le plan de l'environnement,
sur le plan du tourisme on ne craint pas une polllution sonore ou visuelle?
C.C : Au
contraire, je répète que cette traversée des landes
jusqu'à la montagne est totalement vierge et , ou qui ne procure
pas le moindre problème environnemental: c'est notre point fort
pour cette traversée des pyrénées... ( et après
la lande , hèches, où passe-t-il ce tunnel, où
sera-t-il percé pour rejoindre bielsa, en vallée d'aure?)
Notre Castéran local ne manque pas d'un certain culot en
disant que l'itinéraire est vierge et qu'il "ne
procure pas le moindre problème environnemental"
sans la moindre étude pas plus qu'une concertation avec
les propriétaires. L'homme s'impose ! Il oublie l'époque
où il a failli perdre la grange où il vendrait ses
fromages à Saint-Lary au profit d'une opération
immobilière. Il s'est battu pour avoir son magasin. Il
a eu raison. Qu'il pense que d'autres se battront pour préserver
leur patrimoine. Il devrait y penser.
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MS L : Il
y aurait 250 à 300 trains par jour?
CC : aucun problème....
Tiens donc... ce qui était un problème en Lavedan
(vallée des Gaves et Pays de Lourdes) ne le serait pas
en vallée de la Neste (essentiellement les nuisances sonores
pour la partie hors tunnel). Peut-être bien que les habitants
n'en ont pas encore pris conscience. Parions que l'association
"Epine" s'en chargera. Car l'opposition existe
bien et est associée à ceux de la vallée
des Gaves, ACTIVAL
Monsieur Castéran devrait en prendre conscience
avant de dire n'importe quoi.
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MS L : Des
associations quand même s'élèvent contre la Nouvelle
Traversée des Pyrénées: le Maire de Labastide,
une commune voisine de Hèches s'est prononcé contre, il
n'en veut pas. Comment est-ce que vous allez faire avec ces voix qui
commencent à s'élever ?
C.C : Eh bien! d'abord, je vous dirai que ces voix sont
très minimes et deuxièmment avant que ces gens
prennent position comme ils l'ont fait, j'aurai préféré
d'abord qu'ils dialoguent un petit peu avec le président que
je suis parce qu'ils ont pris des décision sans savoir exactement
de quoi il en résulte car moi même, je ne peux pas savoir
de quoi il en résulte car ce sont seules les études
à venir qui pourront décider, définir définitivement,
si le projet est faisable ou non alors je ne vois pas pourquoi
on polémique avant de partir.
Edifiant ! Super démocrate notre Castéran !
Aussi minimes
soient-elles, ces voix existent et pas seulement au travers d'un
maire mais aussi au travers d'une association "Epine".
Elles ont le droit de s'exprimer.
Pourquoi
faudrait-il passer par Monsieur Castéran pour discuter
? Il représente qui et quoi ? Qui est-il pour avoir une
telle prétention ? Il est élu par qui ? N'existe
pas dans notre système de démocratie républicaine
des représentants du peuple auquel le peuple et les associations
peuvent s'adresser ? Est-il le représentant d'une collectivité
locale, d'un des Etats, d'un consortium de construction ferroviaire
ou l'instrument d'une association de lobbying, Euro
Sud Transport, financée par le Conseil Régional
Midi-Pyrénées ? Curieux comportement !
Curieux de
dire qu'il faut attendre les études à venir alors
que plus haut il était très affirmatif comme si
tout était réglé et qu'il n'y avait plus
qu'à passer à l'action. A noter l'existence des
études SETEC en 1996 puis SYSTRA en 2002 pour un tunnel
à partir de Saint-Lary et non depuis Hèches.
Polémique
? Monsieur Castéran n'apprécierait-il pas le débat
démocratique ? Une opposition n'aurait-elle pas le droit
de s'exprimer sans son accord préalable ? Ce genre de comportement
n'augure rien de bon pour l'avenir.
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MS L : du
côté espagnol, les aragonais ont très envie que
ce projet se fasse, on va voir des images, à saragosse, ils sont
en train de construire une plateforme gigantesque, un terrain de 13000
ha, 30 entreprises sont déja installées, vous avez rencontré
les aragonais, que pensent-ils de votre projet?
C.C : Alors, euh, de la parole du président Marcelino
Iglesias aux foires aux traditions en aout 2005 à Loudenvielle,
le président Iglesias me dire: " monsieur Castéran,
face aux pyrénées, ce projet pour qu'il sorte là,
là ou là mais au moins qu'il sorte!!", ça
veut dire que: qu'il sorte à Biescas par le projet du Lavedan
ou qu'il sorte à Bielsa par le plateau de Lannemezan, les aragonais
s'en moquent car eux ont la volonté et ont les moyens financiers
de réaliser ce projet le plus vite possible : Lannemezan- Huesca-
Saragosse...
En fait, peu importe où, mais faisons un ou des trous à
travers les Pyrénées. Rappelons-nous les Pyrénées
gruyères. Assez stupéfiant !
Ce président de l'Aragon se moque de connaître l'intérêt
du projet. L'essentiel pour lui est qu'il existe.
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MS L : même
si le trajet sort comme on le dit du côté , près
d'un parc national ?
C.C : Pas de problème: ils ont la volonté et
les moyens pour résoudre tous les problèmes !
Très rassurant !
Ils ont l'argent et nous devons nous plier. Ils auront aussi les
entreprises et nous les miettes pour regarder passer les trains.
Excellent business pour... l'Aragon. Mais c'est la France qui
paie et le pyrénéen qui fera le spectateur.
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MS L : et
cette plateforme multimodale: on en a vu une à saragosse, vous,
vous en voyez une sur le plateau de Lannemezan?
C.C : ça coule de source: huesca qui est à 50
km de la frontière qui est la chaîne des Pyrénées
commence la sienne sur un terain de 120 ha, nous l'avons vistée
avec 15 membres du conseil d'administration il y a quelques mois de
cela, et il faut dire que je suis renforcé , un peu, sur une
plateforme multimodale à Lannemezan parce que , euh, sur un rayon
de 100 km autour de Saragosse, vous l'avez dit, je le répèterai
: la première plateforme européenne qui en 2010 comptera
120 entreprise qui représenterons 12 000 emplois. Sur le
site de Teruel, Fraga et Huesca une autre plateforme, ça veut
dire que sur un rayon de 200 km les aragonais font 4 plateformes :
pourquoi n'en ferait-t-on pas une à Lannemezan à 100 km
de toulouse ? qui, Toulouse va saturer en 2007( jdlr: est-ce bien réel?),
Toulouse va afficher complet à eurocentre en 2007, et , de ce
fait euh comme c'est une aventure économique, je dirai que si
on ne réalise pas un projet comme cela sur le plateau de Lannemezan,
et bien je l'ai dit , l'autre jour à cette réunion à
Eurocentre où il y avait un parterre de 50 chefs d'entreprises
d'Eurocentre, devant la représentante de Mr Malvy qui était
Mme Marconi :" que si on ne faisait rien à Lannemezan,
il ne nous restera plus que l'herbe pour brouter!!!".
Stupéfiant !
Christian Castéran nous démontre, sans aucune ambiguïté,
que la région Midi-Pyrénées est simplement
à la remorque de l'Aragon qui, elle, a des projets commerciaux
et industriels agressifs contrairement à nous et que, en
définitive, nous aurons les miettes de cette agressivité
si on veut bien nous en laisser.
C'est donc bien l'Aragon qui mène le jeu pour elle-même.
Les Hautes-Pyrénées et Lannemezan ne sont vraiment
pas leur problème. On les comprend !
Par ailleurs,
une plateforme multimodale à Lannemezan c'est inciter les
camions, donc les nuisances et toute la pollution sans en retirer
aucun intérêt (peut-être quelques emplois...
si modestes comparés aux nuisances...).
Mais quel intérêt de tirer du TGV (Fret et voyageurs)
entre Saragosse et Toulouse si depuis Toulouse il n'y a plus de
TGV ? Et s'il y en a un via Barcelone mettant Toulouse plus proche
de Saragosse que de Paris, quel intérêt de faire
tant de frais et de nuisance ? Il y a là une incohérence
difficile à comprendre.
Et puis,
pour l'herbe à brouter, n'y a-t-il pas là un certain
mépris pour les agriculteurs ? Nous avons connu ce genre
de mépris de la par de "bandes d'écolos"
au sujet des éleveurs hostiles à l'introduction
d'ours, allons nous recommencer cet engrenage de haine pour un
tunnel ?
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MS L : Mais
avec une base de chargement et de déchargement à Lannemezan,
est-ce qu'on ne déplace pas, un peu, le problème: finalement,
les camions, on va les retrouver sur la route à partir de Lannemezan?
C.C: Pas du tout ! Parce que ce n'est pas fait pour capter
seulement les quelques camions de la région, malgré que
il y en ait beaucoup trop, que ce soit par les passages sur la vallée
d'Aure et du Val d'Aran, quand ce chiffre va tripler, d'ici 15 ans,
c'est pas cela le plus important: pour nous oui ça dégagerait
nos routes, ça coule de source mais ce sont surtout pour des
véhicules qui feraient du transit entre le nord et le sud de
l'Europe. Le but principal est dans la recherche de rentabilité
d'un projet comme celui là, sont ces camions qui voyageraient
en trains , euh, du nord au sud et sud au nord D'autant plus que
l'Espagne et le Maroc ont convenu de faire le tunnel sous Gibraltar
qui doit démarrer d'ici 2 ans donc, hum, irait du nord de l'Europe
en Afrique et au Magreb.
Voilà qui est différent des propos du début.
Ce n'est donc plus pour relier les deux capitales régionale
mais aussi pour les transports internationaux du nord au sud de
l'Europe. Mais qu'est-il prévu pour acheminer les trains
à grande vitesse depuis le nord de l'Europe et le sud de
l'Espagne jusqu'aux entrées de tunnel ? Le projet NTP ne
prévoit rien dans ce sens.
Pire, nous apprenons que le concessionnaire du tunnel du Perthus
a des difficultés pour trouver des clients pour la traversée
de son tunnel. Manifestement les transporteurs ne font pas confiance
à la SNCF et RFF. Peut-être aussi que le principal
transporteur routier de France qu'est la SNCF n'a pas intérêt
à utiliser un tel moten. Il faudra donc que Monsieur Castéran
nous explique comment il compte faire.
Question subsidiaire : que rapporte au département des
Hautes-Pyrénées le fait de transporter des camions
entre le nord et le sud de l'Europe ?
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MS L : une
dernière question: avec les présidentielles et les législatives
l'année prochaine, j'imagine que vous allez sensibiliser les
politiques très rapidement?
C.C : eh bien, euh euh ouui, je profiterai à l'occasion,
chaque fois qu'il, qu'elle me sera donnée pour demander, euh,
à tous les élus, quels qu'ils soient, du plus petit au
plus important de prendre notre projet en compte et de nous aider à
le porter et à le défendre.
MS L : merci
beaucoup christian castéran d'avoir accépté notre
invitation, on continuera, bien sur de s'intéresser à
ce projet de TCP, des études devraient être communiquées
à la fin de l'année, le choix du tracé devrait
être lui, pris
en 2008...
La NTP n'est ni plus ni moins que la TCP transposée d'une
vallée à l'autre. Le projet semble toujours aussi
creux. Il ne tient pas compte, entre autres éléments
:
- Des nouvelles
conditions techniques : l'Europe prend l'écartement européen
ce qui réduira les temps d'attente aux frontières
- Des
autoroutes maritimes ne sont jamais évoquées
avec la modernisation du Port du Havre (Havre 2000) et celui
de Marseille
- De la
mise en service des TGV (fret et voyageurs aux deux extrémités
dont le Perthus avec un tunnel de 8km)
- De l'analyse
des incidences sur le trafic de toutes ces nouvelles données
- Des conséquences
environnementales en particulier les nuisances auditives
- Des conséquences
sur le tourisme : ce n'est pas cette ligne de chemin de fer
qui fera venir les clients dans les Pyrénées
- De l'acheminement
jusqu'à Toulouse depuis le nord de l'Europe. Si c'est
pour passer par la vallée du Rhone et Narbonne et suivre
une future ligne TGV Narbonne - Toulouse, autant acheminer par
le tunnel du Perthus
Si le projet
est vraiment fait pour se rapprocher de l'Aragon et plus spécialement
de Saragosse, il faut sans doute ajouter au projet que :
- La solution
est trouvée. Voir
les horaires prévisionnels.
- Il présente
sérieusement les avantages économiques pour les
Hautes-Pyrénées (pas seulement pour Toulouse)
face aux 120 entreprises en Aragon et les milliers d'emplois
dont nous a parlé Monsieur Castéran afin que le
développement soit équitable entre les deux versants
des Pyrénées.
Devant la
Dépêche
du Midi du 2 novembre 2006, ces promoteurs pensent créer
3000 emplois. Il paraît que ça se voit ailleurs.
Mais où ? Pour le persement du tunnel du Perthus, ce ne
sont que 3 équipes d'une vingtaine d'ouvriers sépcialisés
qui travaillent. Peu-être que les défenseurs de la
NTP rêvent encore de l'époque des grands travaux
EDF (années 1950) avec des centaines d'ouvriers ? Et puis,
combien d'autres emplois dans le tourisme et l'agriculture seraient
abandonnés ? Il faudrait connaître le gain net.
Dans l'immédiat,
rien de tous ces éléments n'est présenté
ni même abordés dans les diverses réunions.
Le projet est pour le moins léger et quelque peu dangereux
sur le plan financier (Cf. Tunnel sous la Manche) et social.
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