HARO SUR LES TAUPES
Mail envoyé le 17 mars 2000 à Monsieur le Préfet des Hautes-Pyrénées.
Je ne me fais aucune illusion sur l'intérêt qu'il sera porté sur ce mail d'un simple citoyen à l'occasion de la fête de l'Internet. Disons que c'est un "coup de gueule" supplémentaire de ma part. Par contre si tous les visiteurs envoyaient un mail au Préfet des Hautes-Pyrénées webmaster65@wanadoo.fr .......
Monsieur le
Préfet,
Un arrêté municipal de la commune de Lannemezan "part en guerre" contre les
taupes avec le concours du Groupement de défense contre les ennemis des cultures de la
Haute Vallée de l'Adour et du Groupement de défense sanitaire du bétail qui ont pour
mission de détruire les taupes par empoisonnement.
Les actions d'empoisonnement se feront tous les 3 premiers jours de chaque quinzaine
jusqu'en juin. Durant ces périodes et les 3 jours suivants (soit 6 jours par quinzaine),
la divagation des chiens, des volailles et autres animaux domestiques est interdite dans
la commune sous peine de PV. Afin d'éviter tout accident, les personnes qui trouveront
des animaux morts pendant ces périodes devront les enfouir immédiatement ou les remettre
aux agriculteurs et propriétaires fonciers chargés de la destruction.
Un communiqué de presse expliquant toute cette procédure a été diffusé.
Ce type d'opération entraîne autant e commentaires que de questions quelque soit la
valeur juridique d'une telle décision.
1/ Sur le plan sanitaire, le fait de découvrir des animaux morts par empoisonnement ne
risque-t-il pas d'avoir des conséquences sur des populations non averties. Je pense en
particulier aux promeneurs, randonneurs et autres sportifs du dimanche ayant pour habitude
de parcourir la campagne, éventuellement avec leur chien sans être passé par la Mairie
ou la Sous - Préfecture lire le panneau d'affichage (c'est une démarche assez peu
usitée) ou sans avoir lu la presse locale (personne n'a l'obligation de lire la presse et
les personnes peuvent venir d'un autre département). Envisager d'enterrer les cadavres
est sans doute possible pour le milieu agricole mais il ne faut pas oublier que la
campagne n'est pas parcouru que par les agriculteurs. Ramener les cadavres aux
propriétaires foncier nécessite des connaître, ce qui n'est pas le cas pour tout le
monde. Alors que vos services tentent des mesures sanitaires auprès du milieu médical et
paramédical, il est surprenant que l'on favorise ici la multiplicité
potentielle de cadavres. Quel pourraient être les incidences de ces cadavres sur la
santé des personnes ?
2/ Sur le plan écologique, tout les publications existantes y compris celles des services
de l'état tel que la DIREN, expliquent que les rapaces, espèces protégées, se
nourrissent de divers animaux du type des taupes mais
également des carcasses d'autres animaux sauvages qui sont susceptibles d'être
empoisonnés en même temps que les taupes. Pouvez-vous nous dire quel sera l'incidence de
ces empoisonnements sur les rapaces ?
A l'occasion de mes anciennes responsabilités au sein de la FFME (Fédération Française
de la Montagne et de l'Escalade), j'ai pu développer un partenariat avec la DIREN en vue
de la protection et la défense du gypaète
barbu en particulier pour responsabiliser les grimpeurs sur les falaises et l'équipement
de falaises ainsi que les montagnards à l'occasion de randonnées ou de la pratique de
l'alpinisme. J'ignore quelle est la position du Comité Départemental de la FFME actuel,
mais j'ai le sentiment personnel d'avoir perdu mon temps et mon énergie pour la défense
de rapaces qui, aujourd'hui, semblent institutionnellement condamnés.
Pour votre information, je me permets de vous mettre en fichier joints trois réactions
reçues par mail.
Comptant sur votre compréhension et en espérant que vous prendrez les mesures
nécessaires pour éviter que les efforts de protection entrepris depuis plusieurs années
soient anéantis,
Croyez, Monsieur le Préfet, en, l'assurance de ma considération distinguée.
Louis DOLLO
Tel : ou
l.dollo@wanadoo.fr
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