L'ours est un faux problème pour ce berger....

 

Si l'ours est un faux problème ce n'est surement pas pour les raisons évoquées par ce berger qui reprend assez mal les arguments de la propagande des grandes centrales de l'écologie sectaire. Il parle sans doute pour son petit coin de vallée du Pays-Basque, à Beyrie sur Joyeuse (1), en méconnaissant totalement ce qui se passe ailleurs, dans les autres vallées des Pyrénées, sur les quelques 400 autres kilomètres de la chaîne pyrénéenne

 

Avis d'un berger sur l'Ours

 
Le berger qui donne son avis sur cette vidéo est Alain Domini,
éleveur et producteur de fromage bio et AOC Ossau-Iraty à Beyrie sur Joyeuse (64120)


Ce berger a raison. L'ours est un faux problème pour celui qui n'y a jamais été confronté et qui dispose de moyens comme ceux annoncés : cabane aménagée pour le berger avec un confort minimum, héliportage, clôtures électrique, estive facile, chien de protection, radio téléphone, etc… Le problème est que ces facilités n'existent pratiquement qu'en Béarn grâce à une collectivité territoriale fortement décriée par les écologistes qu'est l'IPHB (Institut Patrimoniale du Haut Béarn). Dans les autres vallées, il n'existe que très peu de cabanes aménagées. Par exemple, sur le canton de Luz, avec 51 estives, il n'y a que 4 ou 5 cabanes aménagées et habitables par un berger.

Et puis, la présence à demeure d'un berger ne garanti pas l'absence d'attaques et de prédations. Les exemples sont très nombreux. Parfois même, les attaques ont lieux à proximité des maisons d'habitation. Par ignorance manifeste ou influence coupable ce berger évoque de fausses solutions.

Mais il ne s'arrête pas là car il avance des avantages mensongers quant aux indemnisations. 10 à 20 fois le prix de la bête est faux et relève totalement de la propagande mensongère. C'est bien là la preuve qu'il n'a jamais été confronté aux prédations sans quoi il connaîtrait le sproblèmes d'indeminsation partielles et aléatoires.

Il découvrirait sans doute, ce que veut véritablement dire " gérer un troupeau ". Car le prédateur, ici l'ours, ne choisi pas la brebis en fonction d'un critère de gestion mais plus sur un critère opportuniste de facilité. Tuer une brebis de réforme en fin de carrière n'a pas le même sens que tuer une agnelle qui a de l'avenir pour une exploitation. Les propos tenus manquent pour le moins de crédibilité sauf pour ceux qui ne connaissent rien à l'élevage.

Culpabiliser les éleveurs qui ne gardent pas leurs bêtes est une autre preuve d'ignorance. Si la Manech ou la Basco-béarnaise s'accommode d'un système de gardiennage (ce qui est d'ailleurs faux dans la très grande majorité des cas et totalement inexact pour les brebis taries) il n'en est pas de même de la barégeoise par exemple comme cela est clairement expliqué dans son cahier des charges d'AOP et l'arrêté Ministériel d'AOC "Mouton de Barèges-Gavarnie. Par ailleurs, quelque soit la vallée et la race de brebis, il n'existe plus aucun bergers qui gardent leur troupeau jour et nuit sauf dans la littérature ou les slogans et vidéos de propagande. Les exemples de prédations importantes sur des troupeaux gardés et parqués sont nombreux... trop nombreux. Melles (Haute-Garonne) et ses estives "aux normes" en est un exemple. Le gardiennage, les cabanes, les clôtures électriques, les Patous... sont de fausses solutions valables pour ceux qui ne sont jamais confrontés au loup ou à l'ours.

Lorsque ce berger aura ne serait-ce que 10% de son troupeau de laitières décimés par l'ours, peut-être prendra-t-il conscience des vrais faux problèmes.

L'intérêt de cette vidéo est tout à fait remarquable quant au niveau d'ignorance de certains bergers qui se limitent à leur petit coin de vallée, comme ici Alain Domini à Beyrie sur Joyeuse en pays basque, sans grand soucis de la réalité des autres. Historiquement, les bergers n'ont jamais cohabité avec l'ours. Ils l'ont toujours combattu. Cela aussi est une réalité historique réfutée ou, plus précisément, ignoré par les associations sectaires de l'écologie.

L'ours, un vrai faux problème
La problématique de l'ours n'est pas son existence mais les conséquences de ses prédations. Depuis des années la filière ovine est en difficulté. L'ours en est une supplémentaire. Le pire est qu'en important des ours, on accroît volontairement ces difficultés au détriment de l'homme et de la biodiversité qu'il entretient.

En accroissant les difficultés des éleveurs, on fait disparaître, à moyen terme, les troupeaux en montagne. Or, tous les DOCOB de Natura 2000 et la politique du Parc National des Pyrénées sont unanimes pour dire que la présence du pastoralisme est indispensable au maintien de la biodiversité et à l'entretien des paysages dans leur diversité. Ce sont ces paysages qui dont l'attrait touristique des vallées. Ce sont eux qui, par un modelage millénaire, évitent bon nombre d'avalanches et incendies.

Le pastoralisme est également un lien social dans la ruralité des vallées. C'est une ressource économique importante, notamment en Béarn avec le fromage et qui pourrait être améliorée dans les autres secteurs en créant des emplois. Le secteur de l'élevage en Midi-Pyrénées est d'ailleurs porteur de plus d'emploi que le tourisme.

Le vrai problème n'est donc pas l'ours mais le développement durable des vallées pyrénéennes avec ses quatre piliers : environnement, social, économique et culturel. L'ours importé de Slovénie est le perturbateur de ce fragile équilibre.

Louis Dollo, le 9 novembre 2009

(1) Il s'agit d'Alain Domini OMINI - maison Kaïku borda - 64120 Beyrie sur Joyeuse - Tel : 05 59 65 65 66 de 8 à 20h - Site Web - Blog


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