LE SECOURS EN MONTAGNE

 

Face à un accident ou un incident en montagne, le randonneur, quelque soit les circonstances et surtout s'il est le leader du groupe, doit respecter quelques règles de conduite élémentaires :

Pour être capable d'un tel sang froid il faut parfaitement maîtriser son sujet et s'être préparé psychologiquement et matériellement à de telles éventualités. Outre le fait que la course devra, au préalable, avoir été parfaitement préparée (itinéraire, feuille de route, matériel, etc…) tel que vu plus haut, il conviendra de disposer d'un matériel spécifique propre au milieu hivernal, au secours et aux soins d'urgence et de connaître parfaitement tout l'environnement du secours en montagne.

L'objectif du secouriste de terrain non professionnel est limité à des compétences bien précises que l'on retrouve en passant l'AFPS (Attestation de Formation aux Premiers Secours) même si dans bien des massifs français (et européens) l'obsession du "18" doit disparaître. Il conviendra dans tous les cas de figure de :

  • Alerter
  • Protéger
  • Réchauffer
  • Emballer
  • Rassurer
  • Faire évacuer ou évacuer

De ces six obligations, nous sommes amenés à étudier :

A - La trousse de secours

Lorsque nous parlons de trousse de secours, il ne s'agit pas de trousse à pharmacie. Sauf s'il est médecin, le secouriste de base que peut être le pratiquant de la montagne n'a pas le droit de prescrire un quelconque médicament à un blessé. On peut donc dire que dans une trousse de secours collective, les médicaments sont interdits. Toutefois, chaque pratiquant peut avoir ses médicaments personnels, surtout si ceux-ci lui ont été prescrits par son médecin traitant.

Comment peut être composée une trousse de secours ?

En secourisme, le but est d’emballer pour protéger et évacuer. Le secouriste n’est pas un médecin ni un pharmacien. Il n’est pas habilité à prescrire ou proposer des médicaments. Des médicaments peuvent être contre indiqués, nocifs et parfois dangereux pour certaines personnes. Le contenu de la trousse sera donc très simple :

On peut encore simplifier en emportant que des compresses, de la bétadine, de l'élastoplaste et un bon couteau.

Il conviendra de rajouter une couverture de "survie" et, étant en milieu hivernal, le trio ARVA, pelle et sonde comme vu plus haut.

Ces éléments font partis du fond de sac obligatoire pour toutes sorties.

B - Organisation des secours en France

La France est Quadrillée par des moyens de secours efficaces y compris en montagne. Le secours en montagne français est, en principe, gratuit.(à voir) surtout lorsqu'il est assuré par des moyens d'Etat tel que :

Dans un cas (Isère) le SAF (Secours Aérien Français) intervient en tant que moyen héliporté. Il n'en est pas moins gratuit.

Interviennent également dans le cadre de la médicalisation des secours, les SAMU des différents départements concernés dépendant d'un centre hospitalier. La prestation des SAMU, le plus souvent systématique dans tous secours, n'est pas gratuite. Elle sera facturée mais remboursable par la Sécurité Sociale.

La gratuité des secours n'est pas systématique dans tous les pays. Si vous sortez du territoire français ou si vous évoluez en zone frontalière, une assurance couvrant les secours et frais de recherche s'impose. Si vous allez à l'étranger (et même en zones frontalières), prévoyez une assurance rapatriement (la FFME en propose une avec sa licence - assurance).

Avant de partir en montagne, renseignez-vous sur le numéro de téléphone de l'unité d'alerte. Vous trouverez en annexe une liste des numéros connus au moment de l'édition de cet ouvrage en vous assurant qu'ils n'ont pas changé. Les numéros comme le 112, 15, 17 et 18 resteront toujours valables tout en sachant que certains SAMU (15) sont directement connectés avec l'unité de secours.

C - Comment donner l'alerte ?

Je serais tenté de dire que tous les moyens sont bons. L'essentiel est de se faire voir et / ou entendre pour se faire repérer. On peut toutefois classer ces moyens en trois catégories :

Avec ces moyens qui sont encore aléatoires, il reste le bon vieux principe de "l'huile de mollets" pour aller donner l'alerte. A ce stade il se pose deux questions :

Voir les numéros de téléphone des unités d'alerte du secours en montagne des Pyrénées
Nous pourrions aussi nous poser une question primordiale qui est de savoir si on peut laisser ou non le blessé seul dans le cas d'une sortie à 2. Ce sujet est vu dans la conduite de groupe.

D - Où donner l'alerte ?

Le lieu va dépendre du moyen. Mais dans tous les cas l'alerte arrivera au bon endroit.

Il reste à savoir quel numéro appeler d'autant que l'on a pas pour habitude de partir avec un annuaire téléphonique.

E - Les informations sur l'accident et l'accidenté ?

Il ne suffit pas de téléphoner pour appeler "au secours" pour que l'alerte soit complète et efficace. Sans information les secouristes et le médecin intervenant risquent d'être dépourvus des moyens nécessaires. Là encore, il convient de ne pas s'affoler et d'être précis et concis dans les informations fournies. Le meilleur moyen de faire face au trouble inévitable qui suit un accident est d'être bien organisé avant le départ pour répondre au maximum aux questions que peuvent se poser les secouristes professionnels. A cet effet, nous recommandons de disposer dans la trousse de secours (donc toujours en fond de sac) d'une "fiche d'alerte" préétablie à remplir pour donner l'alerte (voir annexe) avec un crayon à papier (ça ne gèle pas). Cette fiche peut être soit généraliste avec un ensemble de questions / réponses couvrant plusieurs activités, soit spécialisée dans l'activité concernée. Pour une meilleure compréhension et compte tenu de la nature de l'ouvrage, nous proposons une fiche d'alerte propre à l'activité de raquette à neige (simple randonnée ou alpinisme) donc d'activité hivernale.

Les informations souhaitables sur la fiche peuvent être classées en trois catégories :

Dans ce chapitre on notera le nom du responsable de groupe, la fréquence radio sur laquelle on peut rentrer en contact avec le groupe même si vous n'avez pas pu avoir un contact direct au préalable, les conditions météo sur le lieu de l'accident.

  • La localisation de l'accident

Il est peu probable que vous puissiez donner le nom de la commune sur laquelle vous vous trouvez, mais dans tous les cas on peut espérer que vous puissez donner des indications à partir d'une carte IGN au 1 / 25000. Il est donc possible d'indiquer le nom de la vallée, le versant du sommet sur lequel vous êtes, le nom d'un lieu dit ou d'une cabane à proximité (ou un refuge), un point caractéristique du terrain mentionné ou non sur la carte, l'altitude et toutes autres informations qui pourraient vous sembler utiles pour un repérage facile par hélicoptère ou par une caravane terrestre tel que la description de la couverture végétale (types d'arbres par exemple).

  • La nature de l'accident

Dans ce chapitre, on ne vous demande pas les circonstances de l'accident (les gendarmes se chargeront de vous questionner plus tard sur ce point - voir chapitre "responsabilité"). Il vous est demandé de fournir des informations objectives pouvant servir au médecin et aux secouristes pour prévoir les moyens nécessaires à emporter. Il suffira d'indiquer que vous êtes en raquette à neige (la fiche pouvant être aussi valable à ski alpinisme), qu'il s'agit d'une chute en crevasse, d'une barre rocheuse ou autre (dans un lac par exemple), l'importance de la chute (hauteur, dénivelée), d'un malaise, d'une entorse, d'une noyade, d'une fracture supposée, d'un traumatisme crânien ou autre, d'une avalanche, etc…, de l'heure de l'accident, du nombre de victimes (hommes ou femmes), de l'age des victimes et éventuellement du nom de la (ou des) victimes. Indiquer également si le blessé répond aux questions et s'il a eu une perte de connaissance, s'il peut bouger les membres, s'il a du mal à respirer, s'il a un pouls au poignet, s'il a des lésions évidentes et lesquelles, s'il est entrain de s'affaiblir, etc… Dans le cas d'une avalanche, bien préciser le nombre de victimes ensevelies, le nombre retrouvé et dans quel état, s'ils sont tous porteurs d'un ARVA (et on peut espérer que oui !), Si vous êtes entrain de procéder à des recherches des autres victimes, combien reste-t-il de personnes valides.

En fait il est bon de transmettre au médecin des informations simples, rapides, efficaces :

    • un bilan fonctionnel sur des points tel que :
      • conscience : la personne parle oui ou non ?
      • respiration
      • Circulation sanguine : a-t-il un pouls ?
    • un bilan lésionnel tel que savoir s'il y a une fracture, un saignement, etc…

L'ensemble de toutes ces informations permettra au médecin d'intervenir rapidement et efficacement et aux secouristes de procéder à une évacuation dans les meilleures conditions possibles.

F - L'évacuation du blessé

Il est peut probable que l'évacuation d'un blessé se fera sans le concours des secouristes professionnels (Gendarmes, CRS, pompiers, médecins). L'intervention de moyens lourds tel que l'hélicoptère est le plus courant actuellement et surtout le plus rapide. Il convient donc pour tous pratiquants de la raquette à neige de savoir se comporter face à ces moyens.

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